Aujourd’hui c’est dimanche, je reçois Baptiste Beaulieu Auteur

 

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Une rencontre magique….

Le rendez-vous avait lieu dans le 7ème arrondissement à Paris. J’étais fébrile. Une ITW avec Baptiste Beaulieu. Le Baptiste Beaulieu que toutes mes copines adorent. Le Baptiste Beaulieu dont mes collègues ont entendu parler pendant une semaine. Limite si j’ai pas fait la roue à la cantine. J’en avais perdu le sommeil et un peu d’appétit. J’étais toute retournée.

Je suis arrivée la première dans ce troquet typique du quartier. Je connaissais déjà car, un an auparavant, c’est là que Bernard Blancan et moi avions rendez-vous. Je vous raconterai un autre jour promis.

Je me suis assise face à la baie vitrée. Je voulais voir arriver Baptiste. Je voulais le voir marcher, s’arrêter, hésiter, regarder son tel pour vérifier si l’adresse était la bonne.

A midi, c’est la sortie des bureaux. Ce jour là il faisait beau et froid. Un ciel bleu magnifique au dessus des Invalides. Le bal des voitures,  le cortège des bus. Deux femmes se tenant bras dessus, bras dessous. Je devinais une conversation du style : « Tu as envie de manger quoi toi ? » « Un sandwich ça ira… ». Elles entrent, s’installent. Sont bruyantes. Sont joyeuses. Sont vivantes. Sont jolies. Pour un peu j’ai failli louper l’arrivée de Baptiste.

Il entre sans hésiter. Il n’a  pas cherché dans son calepin, ni sur son tel. Il est entré direct. Il m’a reconnue, je l’ai reconnu. Il est beau comme tout. Il a un visage enfantin et un regard terriblement attachant. Il est fort et doux à la fois. Il pourrait être mon fils….Il s’approche de moi. Je me lève. Nous nous saluons d’abord et nous décidons de nous faire la bise. Il pose sa sacoche avec délicatesse après avoir enlevé son manteau. Il garde son écharpe. Il s’assied. Se pose. Me regarde. Je suis sans voix.

J’ai en face de moi Baptiste Beaulieu.

« Bonjour Baptiste, je suis extrêmement émue de faire cette ITW. Emue pour plusieurs raisons. Vous êtes non seulement écrivain mais aussi médecin et, à ces deux titres, vous avez un agenda plus que chargé.

Nous avons échangé plus de vingt sms et deux coups de fils, chacun étant très pris par son emploi du temps, avant de pouvoir convenir d’une heure de rendez-vous et enfin nous poser pour parler.

Voilà pourquoi je suis émue. Vous vous êtes rendu disponible pour moi, vous m’avez rappelée  et vous m’avez parlé de mon livre et de mon engagement alors que moi je ne venais que pour vous.

Je ne fais pas d’ITW classiques. Chaque ITW est très différente même si l’approche reste la même. Ce qui m’intéresse chez vous …c’est vous. Je veux savoir qui sont les auteurs que j’interviewe. Je veux savoir derrière ces femmes, derrière ces hommes que je croise, qui ils sont. J’aime savoir ce que leur regard peut bien dire.

J’ai passé plusieurs heures sur le web à lire les articles qui vous ont été consacrés. Comme disent les jeunes, et vous êtes jeune, « c’est juste dingue ». Ce que vous vivez est juste dingue.

Baptiste Beaulieu dans tout ce que j’ai lu, cette phrase dite lors d’une ITW au Monde en 2015, a retenu mon attention : <<J’ai parfois l’impression que ma vie passe sans moi>>.

Vous me faites penser à un enfant hyperactif qui a peur de voir la vie passer sans lui. Du coup, j’ai eu envie de faire l’ITW qui ne parle pas seulement de vos livres, mais de vous. J’ai envie de savoir d’où vous venez, qui vous êtes, où vous allez et pourquoi ?

Baptiste vous me faites penser, physiquement et intellectuellement à Fantin-Latour. A la différence que les personnages de celui-ci sont froids et ne communiquent pas entre eux. Mais il y a chez vous ce côté « a fleur de peau » d’un de mes peintres préférés. Il y aussi cette implication, cette passion, cette opiniâtreté à vouloir témoigner de votre temps. Il y a urgence en la matière d’où cette impression que la vie « passe sans vous ». Baptiste, vous  mettez toute votre sensibilité à témoigner de votre temps comme nous allons le voir.

Le temps passe. Le temps presse. On y va ? Il faut que je vous dise Baptiste. Vous portez le prénom de mon petit-fils alors j’ai envie de vous tutoyer…au moins le temps de l’ITW ».

Baptiste n’aime pas trop les photos alors je ne prends aucune photo. J’espère juste voir au cours de l’interview son poignet et la citation tatouée de Spinoza :

« Bien faire et se tenir en joie »

Baptiste quel genre d’enfant étais tu ?As tu des frères et sœurs ? Où as tu grandi ?

J’ai deux sœurs dont une adoptive. J’avais 4 ans quand elle est arrivée et elle 5. J’adore mes sœurs. Je les aime infiniment.

Je suis issu d’un milieu ouvrier. J’ai grandi dans une cité HLM Mais il y a une chose dont on n’a pas manqué c’est l’amour. J’ai grandi dans l’ amour. Chez moi il y avait beaucoup d’amour. Nous avons eu plus de chance que d’autres gamins j’en ai tellement conscience. Mes parents ont toujours pensé que donner de l’amour était une grande chance offert à l’enfant pour qu’il s’ouvre aux autres, qu’il s’ouvre au monde.

Quelle place la lecture occupait-elle chez tes parents ? Y avait-il des livres, des journaux, des revues ?

La lecture occupait une grande place. Nous lisions tous beaucoup. Mon père était fasciné par la science-fiction, particulièrement américaine. Ma mère était plus classique. Elle aimait Duras, Giono…

Lisais tu  quand tu étais  enfant et adolescent ? Avais tu des auteurs préférés ?

Je lisais énormément. Je n’étais pas très télévision. Moi j’aimais être dans ma chambre et je lisais Jack London. J’ai tout lu de lui. J’ai aussi dévoré des dictionnaires. Tu sais des dictionnaires de superstition par exemple, de mythologies surtout ! J’adorais ça. La mythologie ouvre les portes de l’imaginaire. Je trouve cela génial.  J’aime les histoires. J’aime tout ce que l’on peut imaginer….

Dis-moi Baptiste peux tu  me raconter comment et ce que tu as commencé à écrire ?

La vie au quotidien surtout la vie du cabinet médical. J’ai eu envie de témoigner de ce que j’ai vu.  Je voulais  témoigner de « choses humaines ». Tu sais je vois passer tellement de choses. Un jour j’ai décidé de coucher toutes ces choses sur du papier. On ne peut pas rester indifférent face à ce que certains peuvent appeler de la banalité. Et si tu n’es pas indifférent alors tu es capable d’immensité.

Quelle chose par exemple Baptiste qui ne te rends pas indifférent ?

Il y en a tellement. Je pense par exemple à ce patient qui vient régulièrement aux urgences. Seul. Et il nous parle de son fils. Il nous dit que son fils fait des études et qu’il hésite entre deux métiers.  Or le fils de ce patient est mort il y a dix ans. Cet homme est seul. Il n’y a plus que nous qui l’écoutons.

Y a-t-il des moments précis où tu écris? T’astreins tu à une discipline ?

J’écris n’importe où et surtout tout le temps. J’écris n’importe quand. Je n’ai pas de rituel. Dès que j’ai du temps : j’écris. Mon temps libre est consacré à l’écriture. Tout de même, je n’ai pas de rituel mais la musique de type Electro Dream ou Classique m’aide un peu à ouvrir les portes de mon imaginaire.

 As tu  déjà eu l’occasion d’être invité en tant qu’écrivain à l’étranger ?

Oui à Taïwan, au Liban, en Belgique….

Dernière question, est ce que selon toi l’écrivain a un rôle particulier à jouer dans la société ?

Ho que oui ! L’écrivain qui a du talent, je ne parle pas d’orgueil je parle de talent, cet écrivain qui ne l’utiliserait pas pour se battre commet un gâchis !

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Le petit questionnaire façon Amélie Poulain

Baptiste aime ..

  • L’odeur des cheveux de ma mère
  • La tarte au citron, sans meringue
  • Rentrer chez moi après un long voyage

Baptiste n’aime pas …

  • Le Moniteur d’auto-école
  • Ceux qui se garent sur la place de parking du cabinet pour aller faire leurs courses
  • L’injustice. Ca peut me rendre colérique.

 

Voilà, l’interview se termine. Il nous faut repartir chacun de notre côté. J’ai les yeux embués  parce que j’ai parlé de ma fibromyalgie à Baptiste.  Je lui ai dit ma souffrance. Il l’a entendue. Il a compris aussi pourquoi je n’en parle jamais. Je ne laisse pas de place à ma pire ennemie. Ce serait lui faire trop d’honneur.

Baptiste a été ému aussi par mon livre. Par cet autre combat. Par mon engagement.

Nous nous remercions mutuellement et nous embrassons avant de prendre congés. Je le regarde se lever, enfiler son manteau, saisir sa sacoche. J’ai vu, rapidement, son tatouage. Nos regards se sont croisés à ce moment là. Nous n’avons rien dit.

 

J’ai regardé Baptiste partir, ouvrir la porte du café, tourner ‘Au coin de la rue’ puisque c’est le nom du café….

J’ai vécu un moment magique. Je lui lui ai dit. « Baptiste, je te remercie vraiment du fond du coeur. Merci….à toi…très fort ».

Un lien utile où suivre Baptiste……

http://www.alorsvoila.com

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Un jeune couple arrive aux urgences. Elle a des douleurs au bas-ventre. L interne s interroge sur la possibilité d une grossesse. Elle ne prend pas sa pilule de manière très sérieuse. « Du coup, quand elle l oublie, c est moi qui la prends », dit son compagnon. Baptiste Beaulieu est un jeune interne en médecine de vingt-sept ans, en stage dans le sud-ouest de la France. En novembre 2012, il crée le blog « Alors voilà ». Son but : réconcilier les soignants et les soignés en racontant, avec humour et sensibilité, l incroyable réalité de l hôpital. Le succès est immédiat et le blog compte, à ce jour, 2 millions de lecteurs. Ce blog est devenu un livre, riche en anecdotes inédites. Voilà le récit au quotidien d un interne en médecine. Il fait des allers-retours entre son poste aux urgences et les soins palliatifs. Là, pendant sept jours, il décrit à une patiente en stade terminal (dans la Chambre 7), ce qui se passe sous les blouses et dans les couloirs. Pour la garder en vie le temps que son fils, bloqué dans un aéroport, puisse la rejoindre. Se nourrissant de situations vécues par lui ou par ses collègues, chirurgiens ou aides-soignants, Baptiste Beaulieu passe l hôpital au scanner. Il peint les chefs autoritaires, les infirmières au grand coeur, les internes gaffeurs, les consultations qui s enchaînent… Par ses histoires drolatiques, poignantes et tragiques, il restitue tout le petit théâtre de la comédie humaine.

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C’est l’histoire de Jo’, jeune interne en pédiatrie à la personnalité fantasque, à qui tout sourit. C’est l’histoire de No’, un petit garçon de sept ans attachant et joueur, qui est atteint d’un mal incurable et ne comprend pas pourquoi sa maman ne vient pas plus souvent le voir à l’hôpital. C’est l’histoire de Maria, une mère secrète, qui disparaît à l’autre bout du monde au lieu de rester au chevet de son fils. Un matin, dans la chambre de l’enfant, survient un drame qui lie à jamais le destin de ces trois êtres. Jo’ devra tout quitter pour partir sur les traces de Maria et percer ses mystères. Inspiré par le choc ressenti lors de la disparition de l’un de ses jeunes patients, l’auteur livre une quête initiatique et poétique, semée de recoins obscurs qui s’illuminent. Un magnifique troisième roman, porté par des personnages profondément humains. « Docteur et conteur […], Baptiste Beaulieu sait raconter des histoires, faire rire et pleurer, conjuguant la trivialité et le merveilleux, la farce et le lyrisme. » Astrid de Larminat, Le Figaro littéraire Médecin généraliste de trente ans, Baptiste Beaulieu est l’auteur d’un premier livre best-seller, Alors voilà : les 1001 vies des Urgences (Fayard 2013 ; Livre de poche 2015), qui a reçu le prix France Culture « Lire dans le Noir » et a été traduit en quatorze langues. Son roman Alors vous ne serez plus jamais triste (Fayard 2015 ; Livre de poche 2016) a reçu le Prix Méditerranée des lycéens 2016. Son blog Alors Voilà, pour réconcilier soignants et soignés, compte plus de six millions de visiteurs.

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C’est l’histoire d’un médecin malheureux, qui ne se rappelle plus comment soigner depuis que sa femme est partie. Il a décidé de mettre fin à ses jours le soir même.
En se jetant dans un taxi pour régler quelques affaires à l’hôpital, il fait la connaissance de sa mystérieuse conductrice : une vieille dame excentrique capable de deviner quand les gens vont mourir, juste en les regardant dans les yeux. Pour convaincre le Docteur de revenir sur sa décision, elle exige sept jours durant lesquels il devra se soumettre à toutes ses fantaisies.
Le compte à rebours est lancé jusqu’à l’échéance finale. Qui gagnera du désespoir ou de la joie de vivre ? Que s’est-il passé dans la vie de cet homme pour qu’il en arrive là ? Qu’a vécu cette femme pour qu’elle prenne aussi violemment le parti de la vie et du bonheur ?
Avec une poésie joyeuse et une grande émotion, Baptiste Beaulieu imagine une merveilleuse rencontre entre deux êtres qui cherchent à ré enchanter le monde.