Aujourd’hui c’est demain et je reçois Virginie Jouannet

Je ne résiste pas, je commence par vous présenter « Cavale » parce que ce livre sort le 19 janvier …

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« Minuit doit être passé depuis longtemps. Les voisins ont dû se réveiller, il faudrait être sourd pour ignorer le va-et-vient dans les escaliers, les éclats des gyrophares qui clignotent inlassablement. Un mauvais rêve. Elle a beau lutter, le sentiment d’irréalité la paralyse. Respire. Ça va revenir. Respire… »

Jeanne a oublié deux heures de sa vie.
Deux heures pendant lesquelles son compagnon a été poignardé.
À l’arrivée de la police, elle se souvient seulement s’être réveillée à ses côtés, dans une mare de sang. Avant cela, rien. Jeanne doit retrouver la mémoire.Vite.
Quand commencent les appels anonymes, elle n’a plus le choix. Elle s’enfuit.
Au cours de sa folle cavale, il lui faudra dénouer les fils de son passé et faire face à une culpabilité d’enfance qui ne cesse de la ronger.

Avec Cavale, Virginie Jouannet nous entraîne dans la fuite éperdue d’une femme vers la liberté ; une femme épiée, traquée et victime de ses propres cauchemars. Un roman qui exprime, dans une langue lumineuse, la force cruelle des secrets.

 

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Alors là, je vais vous dire amis lecteurs que je ne suis pas peu fière de vous présenter Virginie Jouannet, l’auteure  de nombreux romans, pièces de théâtres, de poésies, de nouvelles. Mais Virginie travaille également en collaboration avec des écrivains comme Nicolas Vanier, ou écrit des témoignages pour XO éditions.

Virginie est l’amie de « mes matins blêmes du Sud-Gironde« . Chaque matin de cet automne 2015, elle a été présente et fidèle.  Je pourrais presque l’appeler « Pomme C » pour faire référence à une chanson  mais je ne voudrais pas qu’il y ait méprise. Elle et moi c’est une histoire d’amitié et qu’est ce que j’ai aimé cette période.

Virginie est un joyau, croyez moi.

Ça a commencé par  une visite chez une amie à Langon. Posé sur sa table basse, deux livres portant son nom « Virginie Jouannet ». C’était un premier signe. Le second signe, c’est secret…je me le garde pour moi…..Je ne suis pas si partageuse.

Mais  venez, ce n’est pas dimanche et je vous présente Virginie….

Dis-moi Virginie, peux-tu me raconter comment et ce que tu as commencé à écrire ?

A dix ans, des poèmes, à 11 un début de roman « russe » ! (Je venais d’achever une saga de Troyat).

Plus sérieusement, j’ai commencé en écrivant des nouvelles vers mes 27, 30 ans,d’abord sur la pointe des pieds et pleinement consciente de faire mes gammes. J’étais imprégnée par mes Géants (Dostoïevski, surtout) et sous influence de Maupassant, Zola, Cohen.

Il y a une anecdote qui me touche particulièrement dans la biographie de Jean Renoir sur son père ; il raconte que pour gagner sa vie, Auguste a commencé par peindre des milliers d’assiettes en porcelaine, et déjà il aiguisait son geste. J’aime cette idée d’effort et d’endurance. En écrivant et en jetant –beaucoup-, en travaillant inlassablement ma petite musique, je forgeais quelque chose qui allait devenir une écriture. Cela a pris du temps, de la profondeur et c’était nécessaire…

Faisais tu lire à quelqu’un ce que tu écrivais ou écrivais-tu des choses que tu  ne montrais à personne ?

J’ai très vite ressenti que mes tentatives n’intéressaient pas forcément tout le monde et, à vrai dire, je me suis arrangée de cette solitude sans problème. Seule ma mère m’a lue, au début. Et bien sûr les jurés des concours de nouvelles auxquels je participais.

Virginie, lisais-tu quand tu étais enfant et adolescent ? Avais-tu des auteurs préférés ?

Énormément, avec passion, et cette boulimie en arrivait parfois à inquiéter ma mère. A Tahiti, où j’ai vécu deux ans, elle avait limité ma consommation à un livre par jour (roman ou BD). Elle prétendait qu’une bombe pouvait exploser, je n’aurais pas bougé une fois plongée dans un bouquin. Par la suite, mes filles disaient sensiblement la même chose quand j’écrivais.

J’ai adoré la Comtesse de Ségur, la série des Contes et légendes, Hugo, Zola, les romans russes, américains, Balzac, Tournier, Colette, Sarrazin, Leduc, Faulkner, Steinbeck… A 12 ans, je pouvais piocher dans la bibliothèque maternelle sans aucune restriction (sauf un mince livre rose, celui de Leduc, « Thérèse et Isabelle », qui parlait des amours saphiques et un Wolinski illustré)… Livres que j’ai bien évidemment lus en catimini dès que j’en ai eu l’occasion !

As-tu écrit autre chose que des romans ?

En réalité, en dehors d’un récit un peu hybride publié il y a des années aux éditions du Rocher, je considère « Cavale » comme mon premier véritable roman.

J’ai écrit quantité de nouvelles, du théâtre (publié ou rangé dans mes tiroirs) quelques poésies, un scénario, des témoignages. J’écris aussi pour les autres, en collaboration. En ce moment, je travaille avec une amie chanteuse des textes pour un spectacle musical qui traite de la bipolarité. Quand il s’agit d’écriture, j’aime m’aventurer en terrain inconnu et travailler jusqu’à trouver une cadence, un rythme, une musique qui sonne juste.

Comment t’es venue l’idée de publier ?

En écrivant des nouvelles, et parce que c’était la logique même. J’écrivais pour être lue, et parce que j’aimais lire. Très vite, j’ai tenté un concours, que j’ai gagné, puis un autre et de fil en aiguille j’ai obtenu le prix Prométhée de la nouvelle, en 2000, avec la publication d’un recueil entier.Après cela, j’ai écrit de plus en plus régulièrement.

Virginie, comment conçois-tu tes couvertures de livres ? 

C’est l’éditeur qui s’en charge. Celle de « Cavale » est un absolu coup de cœur ! Une réussite que je dois au talent de Bruno Barbette, son concepteur.

Tu es très sollicitée :  tv, radio, presse, salons, dédicaces… Peux tu en parler en quelques mots ? Me donner ton ressenti ?

Pour l’instant, ce ne sont que des frémissements prometteurs, mais je réalise déjà ce que veut dire « vivre son rêve ». Je suis entourée, portée et chouchoutée par une équipe formidable, talentueuse, et surtout par des personnes qui ont aimé le livre. Il n’y a rien de plus joyeux que de se sentir accompagnée comme ça, l’idéal pour un auteur. En même temps, je fais en sorte de rester ancrée, de façon à profiter en conscience de ce moment assez extraordinaire de ma vie.

Peux-tu  me parler, en quelques mots, de chacun des livres que tu as publiés ?

Romans-Nouvelles
Cavale, Xo éditions ( Janv 2017)
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« Minuit doit être passé depuis longtemps. Les voisins ont dû se réveiller, il faudrait être sourd pour ignorer le va-et-vient dans les escaliers, les éclats des gyrophares qui clignotent inlassablement. Un mauvais rêve. Elle a beau lutter, le sentiment d’irréalité la paralyse. Respire. Ça va revenir. Respire… »
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Vestine, une légende noire
Actes Sud, coll D’une voix, 2009. Coup de cœur de la FNAC, coup de cœur Mollat, coup de cœur théâtre de la ville de Guérande.
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« Moi je suis alsacienne. À moitié, on va dire. L’autre moitié englobe une jambe perdue et les trous dans ma mémoire. Je recompose, forcément. Les souvenirs se sont effacés en pointillés et l’enfance est tombée dans un trou qui fait tache en plein dans les cauchemars. »

Dans une autre vie, Vestine se prénommait Mukagatare. Survivante du génocide rwandais, elle raconte les lambeaux de souvenirs mais aussi le beau et long travail de reconstruction entamé.

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L’amour est un carburant propre
Nouvelles. Éditions des 400 coups, l’Instant Même 2008
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Les hommes sont des petits poucets
Prix Prométhée de la nouvelle
Éditions du Rocher 2000
Réédition en 2004
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Les hommes sont des petits poucets. Et des ogres aussi, des  » buveurs de bière, gueulards autoritaires  » qui se cuirassent le cœur et rêvent de conquêtes, rarement d’amour. ..
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La chair du péché roman, Éditions du Rocher 2001

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Adèle Lambert, trente-huit ans, mariée à Jérôme, mère d’un peti Gaspard, s’éprend d’Yvon, lycéen rencontré dans un bar de la rue Lepic.

Ils vont vivre une passion qui va les dévorer.

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Théâtre& Poésies

  • Carambolages La Fontaine 2013, déclinée en deux versions, monologuée et dialoguée La chambre d’échos sur une idée de Marion Laboulais, en consultation au fond de documentation au Panta Théâtre, Caen.
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  • Creuser la montagne avec mes dents Editions Hybride 2006 Prix « Jeunes Talents » de Paris. Montée au théâtre du Zanzibar. Neuilly sur Seine. Guichet Montparnasse. La Garenne Colombe. Jourdain et compagnie Adaptation du Bourgeois Gentilhomme, montée en collaboration avec Jean-luc Gesquière, compagnie du Butor pour une classe théâtrale. 2008
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  • Poésie Juste avant l’amour… Recueil de poésies 2008
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  • Les alchimistes du Verbe. Épuisé Scénario Les pieds dans l’eau co-écrit avec Benjamin Nicolas 2010 Script doctoring Passion et colère de M Zinnedaine (2012) Traduction WorldLiterature 4 nouvelles traduites en chinois, 2005
Nouvelles théâtralisées et radiophoniques
  • Le naufrage d’une sirène Biennale d’Arcueil 2001
  • Les petits polars de Sophie France Bleu 2002 Concours primés, nouvelles éditées prix Alpha, Palaiseau, Saint Nazaine, Prix de la nouvelle du Mans, Harfang, L’encrier, Sand d’Encre, Montreuil, Arcueil, Nouvelles au Pluriel, Nanterre, Télérama, Écrire Aujourd’hui, Nouvelles Nuits, l’Hebdo Dimanche, Nouvelle Donne, Délits d’Encre, Albertine Sarrazin, Sol Air, Dissonances …
Et en ce moment (avril 2017)  un spectacle musical « Mademoiselle Laure » chansons bipolaires et sexy

 

 

Quelle place la lecture occupait-elle chez tes parents ?

Mes parents se sont séparés quand j’avais cinq ans. Ma mère lisait essentiellement des romans, et sa bibliothèque comportait la plupart des grands classiques, tous en poche, d’où mon goût pour cette collection. Aujourd’hui, je ne lis quasiment pas de revues ni journaux, sauf «Inexploré » pour les thèmes de mystère et de travail sur soi, et parfois « le Monde » quand je prends le train…

Y a-t-il des moments précis où tu écris? T’astreins-tu à une discipline ?

J’écris quotidiennement, hormis deux jours par semaine –une habitude de rupture que j’ai prise depuis que je vis de ma plume, pour retrouver mon souffle- et je commence tôt, entre 6h et 8h le matin jusque vers 15, 16 ou 17h selon le travail en cours. J’ai toujours été très disciplinée quand il s’agissait d’écrire. Je crois assez peu à l’inspiration qui vous tombe sur la tête comme un oiseau du ciel, plutôt à un travail régulier. L’écriture est comme un muscle ou un sport, plus on la pratique, plus on affirme son trait.

Dernière question, est ce que selon toi l’écrivain a un rôle particulier à jouer dans la société ?

A l’ère des réseaux sociaux, la question est devenue plus compliquée. Qui prend la parole ? Le citoyen qui a un mur Facebook ou l’intellectuel qui réfléchit sur des sujets de société ? Et de quel intellectuel parle-ton ? Un romancier ? Un blogueur ? Il me semble qu’on a tous intérêt à réfléchir sur ce mélange entre parole publique et intime, les élans immédiats, les formules à l’emporte-pièce qui font peu de cas de la réflexion, encore moins de la distance que l’écriture favorise. Écrire, c’est aller puiser profond, au-delà de l’émotion immédiate et du pathos un peu facile.

 

Le petit questionnaire façon Amélie Poulain

Virginie aime

Lire, écrire, la musique, mes filles, les chats, le pays basque, P’tite Lola, les arbres, mon compagnon, les couleurs, l’océan, la nature, la bienveillance… J’aime un tas de choses et surtout, j’aime aimer.

Virginie n’aime pas

 l’absence de conscience, l’irresponsabilité, la pollution, l’injustice, le cynisme, la guimauve.