Aujourd’hui je reçois Valérie Tong Cuong Auteure

 

Valerie tong cuong

Valérie est, pour moi, un des noms magiques parmi les nouveaux auteurs. Je lis chacun de ses romans.

Je suis très touchée par les trajectoires humaines. Par le sens que  donne l’homme à sa course. Par ce qui définit cette trajectoire. Les rencontres, les événements, la famille, les rencontres improbables, les secrets de famille.

Vous comprenez donc que les romans de Valérie me plaisent beaucoup. J’adore son écriture, sa façon de mettre en scène ses personnages, leur fragilité, leur destin.

Par Amour est le dernier roman de Valérie.  Je l’ai découvert chez Philippe Fournier, notre  Libraire à Mérignac. Il est tombé en amour de ce livre et il a communiqué sa flamme aux lecteurs. Depuis, je vois le roman de Valérie partout. Absolument partout.

Tout le monde en parle. Sa revue de presse est incroyable.

Je la remercie de m’avoir accordée, à distance et malgré un agenda overbooké, cette magnifique interview.           

paramour

Par amour plonge dans le quotidien et les destins héroïque de deux sœurs, Emélie et Muguette, et de leurs familles au Havre durant la seconde guerre mondiale. Alors que la ville est prise en étau entre une Occupation allemande brutale et des bombardements anglais incessants et meurtriers, tous vont devoir apprendre à survivre face à l’exode, la misère, le manque de tout, la maladie, la peur et la séparation.

Par amour raconte la guerre des gens ordinaires et soulève deux pans méconnus de l’Histoire, le sacrifice du Havre, détruit à 85% par les Alliés avec de nombreuses victimes, et les évacuations -pour les protéger- de milliers d’enfants dont un grand nombre a été envoyé en Algérie.

*-*-*-*-*

Valérie, lisais-tu quand tu étais enfant puis adolescente ? Avais-tu des auteurs préférés ?

J’ai aimé lire dès que j’ai su lire. Petite, j’ai démarré comme beaucoup d’enfants de ma génération par les bibliothèques rose et verte, mais assez tôt, certains auteurs classiques m’ont touchée, tels que Victor Hugo ou Emile Zola, qui décrivaient les tourments et les espoirs des gens ordinaires, leurs combats pour aimer, survivre, trouver leur place dans une société souvent écrasante.

La  lecture occupait-elle une place importante chez tes parents ? Que lisaient- ils ?

C’est avant tout ma grand-mère maternelle qui m’a transmis le virus de la lecture. D’origine très modeste, elle épargnait pour s’offrir des livres bon marché qu’elle recouvrait avec soin. Elle aimait lire, écrire, bien qu’ayant peu fréquenté l’école. Ma mère a ainsi été élevée dans cet amour de la lecture, qu’elle voyait comme un outil non seulement d’instruction, mais de liberté. Elle m’a à son tour «nourrie» de livres alors que j’étais encore très jeune.

Valérie, peux-tu me raconter comment et surtout ce que tu as commencé à écrire ?

J’ai commencé à écrire vers six ou huit ans. Enfant, surtout des poèmes, puis adolescente, des textes désordonnés, des lettres jamais envoyées, un journal intime, des nouvelles. Je ne parvenais pas à exprimer oralement ce qui me dévorait, bouillonnait en moi, des interrogations, des peines et des douleurs, mais aussi des joies simples. Je m’exprimais par l’écrit, tout en demeurant enfermée dans un monde secret car je ne montrais rien, j’écrivais seule, sans autre objet que déverser le tumulte qui m’encombrait.

Faisais-tu lire à quelqu’un ce que tu écrivais ou écrivais-tu des choses que tu ne montrais à personne ?

J’ai été lue pour la première fois très tard, par celui qui allait devenir mon mari. Il ignorait, comme tout mon entourage, que j’écrivais. Je ne lui cachais pas intentionnellement, j’écrivais seule, comme je l’avais toujours fait, mais un jour, il est rentré plus tôt que prévu… J’étais devant mon texte, mon premier roman. Il a eu envie de le lire, et avec lui, j’ai eu envie de le partager. C’est lui qui m’a poussée à l’envoyer à un éditeur.

Y a-t-il des moments précis où tu écris? T’astreins-tu à une discipline ?

D’une certaine manière, j’écris sans cesse, comme si l’auteur en moi était en éveil permanent, puisant son inspiration dans chaque instant vécu. Mais je suis aussi mère de famille (quatre enfants), alors depuis plusieurs années, je me mets à mon ordinateur quand je trouve de l’espace entre les chemins croisés de chacun. Ma famille me mobilise beaucoup, mais c’est aussi là que je trouve mon énergie.

As-tu écrit autre chose que des romans ?

Des nouvelles, des textes de chansons pour le groupe pop-rock Quark, au sein duquel j’ai chanté durant une dizaine d’années, et des scénarios.

Valérie, est-ce toi qui conçois  les couvertures de tes livres ? 

C’est mon éditeur, mais c’est aussi une collaboration : il me propose des projets, nous en discutons jusqu’à trouver un accord.

Tu  es très sollicitée : télé, radio, presse, salons, dédicaces… Peux-tu en parler en quelques mots ? Me donner ton ressenti ?

Je consacre beaucoup de temps à la sortie du livre aux rencontres en librairie. J’ai énormément de respect pour les libraires, à qui je dois une grande partie de mon chemin, qui sont non seulement des passionnés, mais des passeurs essentiels. Aller en librairie, c’est à la fois les rencontrer et rencontrer mes lecteurs, remercier les uns et les autres pour leur soutien, partager des réflexions, des émotions. Rencontrer ses lecteurs, c’est rencontrer ceux pour qui on écrit durant cette longue période solitaire, c’est un moment fort. C’est aussi une source d’inspiration, car souvent, ils me racontent des passages, des événements marquants de leur vie, ou encore m’offrent leur point de vue, leur sentiment à propos non seulement d’un livre mais du monde.

Une dernière question, est-ce que selon toi l’écrivain a un rôle particulier à jouer dans la société ?

Absolument. Les écrivains sont des témoins du monde, ils observent, proposent leurs lectures des événements, transforment, provoquent, multiplient les angles. Ils ouvrent les esprits, et encouragent la liberté.

 Le petit questionnaire façon Amélie Poulain

Valérie aime

Sa famille, ses amis, se sentir en paix, les livres, les films, les rencontres.

Valérie n’aime pas

La guerre, la misère, les cris, les foules, être impuissante face au chagrin des autres.

 

 

paramour

Par amour, n’importe quel humain peut se surpasser : on tient debout, pour l’autre plus encore que pour soi-même.

Valérie Tong Cuong a publié dix romans, dont le très remarqué Atelier des miracles. Dans cette fresque envoûtante qui nous mène du Havre sous l’Occupation à l’Algérie, elle retrace les destinées hors du commun de gens ordinaires, dont les vies secrètes nous invitent dans la grande Histoire.

« Ma mère, Havraise, parlait peu de la guerre. Je devinais pourtant qu’elle avait vécu l’enfer. Un jour, j’ai saisi les raisons de ce silence. La ville n’avait pas seulement été occupée par les Allemands. Nos propres alliés, les Anglais, l’avaient bombardée sans relâche, puis détruite, assassinant nombre de ses habitants. Des enfants, par centaines, parce qu’on souhaitait les protéger, avaient été arrachés à leur famille et évacués, pour certains jusqu’en Algérie.

Alors j’ai voulu comprendre. Ce que j’ai découvert m’a éclairée sur ce qu’est le courage, l’abnégation, et sur l’amour qui n’évite ni les désastres, ni les chagrins, mais éclaire les routes lorsque tout s’effondre. L’amour se dessine comme le seul élément, la dernière richesse qu’aucun ennemi ne pourrait enlever à ceux qui luttent. Il est le terreau des plus belles récompenses et des plus grandes émotions. Par amour, n’importe quel être humain peut se surpasser. C’est ce que nous révèlent les personnages de ce roman. »

 

Twitter : https://twitter.com/vtongcuong

Facebook : https://www.facebook.com/valerie.tongcuong

Site : http://valerietongcuong.com

Instagram : https://www.instagram.com/vtongcuong/