Olivier Delacroix, ce garçon au charme fou…A mon tour de l’interviewer à l’occasion de la sortie de son album « Amor »

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Vous allez vous demander comment j’ai connu Olivier Delacroix ce garçon au charme fou, à l’œil ravageur et au sourire romantique…

Olivier et son équipe :  Marie-Charlotte, Myriam, Arthur, Nicolas & Yann, sont venus m’interviewer dans le Sud-Ouest pour une émission dont le thème est la précarité.

Deux jours ensemble. Des repas, des cafés, des instants partagés. Des silences troublants sous l’œil d’Olivier et devant les caméras. Temps suspendu. Choix des mots. Retenue des émotions jusqu’au lâcher prise nécessaire pour faire passer le message. Le vrai.

Olivier est un magicien. Un observateur. L’air de rien, un peu distant peut-on penser, un peu lointain, très mystérieux, il fait parler l’Autre. Il veut savoir Olivier et il finit par savoir.

A lui on ne cache rien. Même ce que l’on ne dit pas. Mais il sait respecter les silences de l’Autre. Les mystères de l’Autre. Les non-dits volontaires. Les omissions par pudeur. Mais à lui, on ne la fait pas. Je peux vous le dire.

Olivier est celui qui m’a renvoyé face à mon miroir. Qui m’a fait ouvrir les yeux. Qui m’a fait aller là où je ne pensais pas que je pourrais aller. Au fond de moi-même.

Nous avons la belgitude en commun. Les mêmes yeux bleus. Les yeux des gens du Nord. La même tristesse aussi. Bien enfouie. Celle dont on ne parle pas. Dont on ne parle jamais. Il suffit de croiser nos regards pour savoir.

Aujourd’hui, c’est Olivier qui va nous parler. De lui. Un peu. Parce que ce garçon là, est pudique justement. Parce que ce garçon là c’est Olivier. Il sort un Album qu’il nous présente.Mais il est auteur aussi.

Vous venez, ce n’est pas dimanche et je reçois Olivier Delacroix

Olivier, merci du temps que tu m’accordes entre les tournages d’émission et la sortie de ton album. J’ai envie d’évoquer ton enfance et ton adolescence. Tu veux bien m’en parler un peu ?

J’ai toujours été un enfant très épris de liberté. Ce qui m’a valu pas mal de déconvenues avec l’école, les profs, puis avec mes parents. Dans la continuité, l’adolescence a été mouvementée. Avec les gamberges métaphysiques autour du temps, de la mort…j’étais assez angoissé. Mais je suis toujours resté un garçon très vivant, remuant. Ces pensées m’ont toujours boosté, et poussé à  bouger, me surpasser. Pas dans les résultats scolaires où je me contentais d’avoir juste la moyenne. L’enfance et l’adolescence restent un agréable souvenir tout de même…

Comment es-tu venu au journalisme ?

Épris de liberté, y compris dans mes désirs professionnels, c’est à la suite de la projection d’un film où James Wood était photographe de guerre au moment des événements au Chili que j’ai décidé de faire ce métier. Raconter, ramener l’info, la réalité de ce monde c’était ça mon truc. J’ai donc obtenu mon diplôme de l’Institut Pratique de journalisme. Un diplôme d’état qui m’ouvrait les portes des rédactions. Le choix s’offrait à moi.

Quelle a été ta carrière de journaliste ? En fait ma question est : quelle a été ta carrière globalement. Je sais que tu as fait beaucoup de choses. Tu avais déjà un groupe de musique?

Ma carrière est assez atypique quand je me retourne et que je contemple le chemin parcouru. J’ai fait un paquet de trucs. J’ai d’abord fait tout une partie dans la production divertissement aux côtés de Christophe Dechavanne. J’y ai appris beaucoup. Comme j’ai débuté sur Ciel mon Mardi, j’ai commencé à faire mes premières armes dans une émission qui était nouvelle, décalée, de l’info divertissement qui apportait quelque chose de nouveau dans le PAF. Après je suis parti avec Karl Zéro sur Le vrai journal, et c’est là qu’aux côtés de grands reporters de l’agence CAPA, j’ai pris la décision de me lancer dans l’investigation, le documentaire. J’ai fait 2 52 minutes pour Canal. Comme c’était des infiltrations, il y avait beaucoup de caméras dissimulées. C’est là que Bruno Gaston, alors directeur des programmes de France 4 m’a repéré et m’a proposé de faire des documentaires incarnés dans la collection Nouveau Regard. Ça a été un succès. France 4 étant le «laboratoire» de France Télévision, j’ai été transféré sur France 2 pour Dans les yeux d’Olivier. Et voilà…7 ans plus tard je suis encore là.

Une question me taraude, quand on est journaliste …on écrit. Alors toi….est ce que tu écrivais ?

J’ai toujours écrit. Mais plutôt pour moi. Les seules choses que j’ai écrites pour les publier sont les textes de mes chansons.

Faisais-tu lire à quelqu’un ce que tu écrivais ou écrivais-tu des choses que tu ne montrais à personne ?

A personne. Trop personnel. Trop inquiétant aussi…(rires). Je suis assez torturé. Donc, c’est une histoire entre moi et moi.

Tu as déjà publié. Peux-tu me parler de ce livre ?

Ce livre je l’ai écrit 3 ans après mes débuts sur France 2. J’ai eu du mal avec l’idée de parler de moi, et cela a donc pris du temps pour me mettre au travail. Mais une fois que j’ai décidé, je m’y suis mis. Ça a été douloureux mais salvateur de revisiter mon passé du haut de mes 5O ans…je ne m’attendais pas à prendre autant de plaisir à écrire et raconter. Dans plaisir il y a aussi la douleur, cette douleur liée à des évènements de ma vie. Mais y repenser et écrire m’a permis de refermer la porte. C’était bien comme ça.

Olivier lisais-tu quand tu étais enfant et adolescent ?

Non. Pas du tout. Je jouais au foot, je faisais des cabanes dans la forêt avec ma bande de copains. J’étais un vrai petit gars de la campagne. Et ça a duré jusqu’à mes 18 ans. Je n’étais absolument pas pressé de la quitter ma campagne d’ailleurs. Je savais qu’un jour il le faudrait, quitter ma campagne et me plonger dans le monde du travail, affronter « les autres »… ça faisait partie de mes angoisses.

Qui es-tu Olivier?

Moi ? Je suis un curieux. Curieux de l’autre, curieux du monde dans lequel je vis. Un monde dans lequel je veux continuer d’être libre et donc je me bats à travers mes films pour mettre en avant les valeurs humaines qui donnent l’envie de vivre, de rester debout. Je suis un rapporteur d’histoires qui je l’espère ont du sens. Je suis journaliste…

Olivier, ton actualité en ce moment est un album…tu veux m’en parler ?

Je sors un nouvel Album. C’est mon premier en solo. Amor c’est le fruit de 5 ans de travail. Je suis fier de cet album. Il me tarde de le défendre sur scène…

Merci Olivier, j’ai été vraiment heureuse de cette interview. Je souhaite un énorme succès à ton album.

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Carrure de rugbyman et dreadlocks de rasta au milieu des bonnes sœurs d’un monastère reculé : l’image a marqué les téléspectateurs de France 2 en 2011. Mais cela faisait déjà plusieurs années qu’Olivier Delacroix travaillait sur le terrain, à la rencontre des autres. Tous les autres…
Pourquoi ce goût des autres ? Pourquoi ce besoin d’aller vers ceux dont le profil ne ressemble pas au nôtre, vers ceux que l’existence a blessés, ceux qui ont fait des choix courageux ou qui refusent de vivre selon des critères qu’on veut leur imposer ? Pour puiser dans leur expérience, peut-être, la force qui nous manque. Celle qui aide à tenir, à continuer malgré tout. Si loin de nous semblent-ils – tatoués, croyants, homosexuels, bonnes sœurs, parents d’enfants différents, etc. –, ces autres ont tous un point de vue sur la vie qui enrichit le nôtre. Ils nous aident à admettre nos propres différences, nos faiblesses parfois, à surmonter les épreuves et tracer notre chemin de vie.
Nos chemins sont semés de rencontres, ce sont toutes les rencontres qui ont permis à l’auteur de ce livre de grandir en restant debout, et qui peuvent aider le lecteur de la même manière. Parce que Olivier Delacroix aborde son sujet non comme un journaliste classique, mais en être humain – avec ses fragilités et ses questionnements – allant au contact de l’humanité.

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En quelques années, Olivier Delacroix a perdu son fils et son père. Dévasté, ce chrétien s’interroge alors sur la foi. Baroudeur au profil atypique, le journaliste aux dreadlocks ne nous cache rien des doutes et des questionnements qui l’ont assailli en cette période douloureuse, et nous explique comment, afin de nourrir sa réflexion, il a décidé de partir à la rencontre de personnages charismatiques susceptibles de l’éclairer.
Il en a tiré de magnifiques reportages, tournés au cœur même de l’humain : les sœurs bénédictines de l’abbaye du Pesquié, qui acceptent de parler pour la première fois, un prêtre iconoclaste évangélisant les communautés musulmanes dans un quartier chaud de Toulon, et bien d’autres découvertes lumineuses qui lui permettent peu à peu de cheminer et de trouver un apaisement.
Dans ce témoignage, Olivier Delacroix réussit un pari audacieux : celui de nous rendre accessible – sans pour autant faire de prosélytisme – le mystère de la foi.

 

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Dans l’intimité des bénédictines

Pour la première fois, elles parlent…Olivier Delacroix(Auteur) Paru le 21 février 2013Essai (broché)

Quelques images du tournage sur la précarité – Monteton (47) juin 2016
Nous avons fait goûter à Olivier et son équipe notre boisson le Taquin

Second jour – Duras (47) Juin 2016