On le croyait mort. Armand Bacquer

En me promenant le long de la Seine, je découvre cette plaque qui mentionne l’exécution de deux gardiens de la paix. Un des deux va survivre. Il ne m’en a pas fallu plus pour mener mon enquête et découvrir l’histoire incroyable d’Armand.

Le Parisien, 19 aout 2014

Samedi 19 août au petit matin. Alors qu’il allait rejoindre d’autres policiers en grève depuis quatre jours, le gardien de la paix Armand Bacquer est arrêté par une patrouille allemande. L’homme de 24 ans est conduit au square Montholon où il est enfermé dans une cellule. Le soir même, Armand et Maurice Guinoiseaux, un autre policier de 36 ans soupçonné de résistance, sont extraits de leurs cellules et conduits sur la berge, cours la Reine, à proximité du port de la Concorde. Alignés contre le mur du quai, ils sont tous deux fusillés vers 23 heures. Armand est touché aux jambes et à la poitrine, son collègue à la nuque et à la tête. Miraculeusement, Armand a survécu aux 14 balles qui l’ont atteint. Il est sauvé le lendemain matin par un pompier, après une nuit à lutter contre la mort. Le Mort vivant, comme ses collègues le surnommeront par la suite, continuera sa carrière dans la police avant de prendre sa retraite en 1975. Il est décédé vingt ans plus tard. Une plaque commémore l’épisode de l’exécution à l’endroit même où elle s’est déroulée.

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