Olivier de Lagausie, cet auteur que j’aime beaucoup

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J’ai rencontré et découvert Olivier de Lagausie lors d’une lecture de « pages arrachées » de roman, par deux comédiens Eric et Clémence.

 

Olivier de Lagausie, c’est une d’abord une présence. Une présence rassurante. Il est calme et posé. Chez lui aucune vanité d’auteur, de prétention d’éditeur. Non rien de tout cela. Olivier accueille avec le sourire de ceux qui s’intéressent à « l’autre ». Le regard est bienveillant et invite à la discussion et à l’échange.

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Ce soir là, un des livres d’Olivier m’a particulièrement attirée :  « Le Sourire de Robespierre ».

Interrogeant Olivier sur le sujet, il m’a raconté avec bonheur l’origine de l’histoire de ce livre. Histoire inattendue s’il en est, mais dont le thème ne pouvait manquer de me plaire.

Après avoir lu  ce livre,  en est venu un autre :  « La main de Dieu », livre que j’ai également dévoré. J’aime décidément cet auteur qu’est Olivier.

Mais comme je suis une bien piètre chroniqueuse, je préfère que découvriez cet auteur au travers de l’échange que nous avons eu et dont je remercie chaleureusement Olivier.

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Bonjour Olivier merci de me recevoir pour cette interview.

Bonjour Margaux, bienvenue.

Olivier, pouvez-vous  me raconter comment vous êtes venu à l’écriture et ce que vous avez commencé à écrire ?

Précisément, c’était en 2010. Mes enfants étaient au collège et le programme d' »initiation au fait religieux » dépassait manifestement la compétence du professeur en charge de ces cours, en terme de savoir et de neutralité. Quelques études de théologie orthodoxe et une assez bonne connaissance de l’Histoire me donnaient envie de remettre certains faits enseignés un peu maladroitement dans le bon sens. Celui qui me semblait plus vrai. L’idée du roman permettait d’emballer la réponse pour avancer caché. En effet, les thèmes religieux n’intéressent pas le grand public alors il fallait être sournois ! Il s’agissait donc d’un roman historique pendant la période médiévale avec une intrigue politico-religieuse. A ma grande surprise, il a retenu l’attention d’un éditeur, plutôt connoté religieux, et a donc été publié. Le loup entrait dans la bergerie. De bonnes critiques m’ont encouragé et j’ai continué à écrire, toujours des romans, mêlant Histoire et spiritualité. Mais en changeant d’éditeur ensuite.

Faisiez-vous lire à quelqu’un ce que vous écriviez ou écriviez-vous des choses que vous ne montriez à personne ?

 J’avais commencé à écrire un texte très ambitieux, mêlant physiologie, psychanalyse et théologie, sur le thème du « peuple à la nuque raide ». Trop ambitieux, ou trop hermétique. Je n’ai jamais osé le faire lire et il a terminé à la poubelle. J’ai retenu de cette expérience une leçon que je transmets à mes auteurs : il faut écrire avant tout pour le lecteur. La première lecture est un moment terrible et les doutes enflent au fur et à mesure qu’on épie les moindres réactions du lecteur. Ce premier lecteur est en général mon épouse.

 Olivier,  lisiez-vous quand vous étiez enfant et adolescent ?

Jeune, j’ai lu énormément. Beaucoup de romans historiques. Je ne sais pas si j’étais lecteur précoce à l’école mais je suis devenu précocement un lecteur acharné. Je passais beaucoup de temps dans les librairies et les livres détenaient une sorte de magie. J’ai été très ému en découvrant un jour mon premier roman dans la librairie de mon enfance, là où j’achetais mes premiers livres. Des Livres de Poche accessibles à mon maigre argent de poche. « L’oiseau moqueur » à Sucy-en-Brie, une librairie comme on aime, avec toujours de bons conseils.

 Aviez-vous des auteurs préférés ?

Au début non, je me décidais en fonction du titre, de la couverture et de la quatrième. Puis il y a eu, enfant, de mémoire: Barjavel, Pagnol, Zoé Oldenbourg, Sinoué, Robert Merle, Pearl Buck, Lucien Bodard… D’autres encore. Mais ce n’est qu’adulte que j’ai commencé à suivre certains auteurs et rechercher un contenu. En général, je fuis le best-seller, les livres primés ou trop encensés par la critique. Et puis, devenant auteur, puis éditeur, je m’aperçois que je n’ai plus beaucoup le temps de lire. Mon premier éditeur m’avait pourtant prévenu!

Avez-vous écrit autre chose que des romans ?

Mon dernier ouvrage est un essai, sur le thème de la spiritualité, abordée avec humour pour le grand public. Mais s’attaquer à l’essai nécessite une certaine notoriété, de la légitimité. Tout le monde ne peut pas aborder les sujets graves. Je laisserai cet art aux spécialistes.

Comment vous est venue l’idée de publier ?

Mon premier roman avait été un gros travail et il semblait légitime de le proposer à la lecture, au-delà du cercle des amis. J’en étais fier, alors, j’ai envoyé des manuscrits mais sans y croire. Avant d’avoir le temps de recevoir une réponse, j’avais fait une auto-édition. Et puis la bonne nouvelle…  Mais, que ce moment de la recherche d’un éditeur est difficile, quelle leçon d’humilité! La première dans ce parcours d’auteur, pas la dernière, malheureusement. Il faut vraiment y croire et ne pas espérer grand chose. Le milieu de l’édition est redoutable. Redoutable et envoûtant.

 Est-ce vous qui concevez vos couvertures de livres ?

Comme auteur, cela appartient à l’éditeur. J’ai appris que les auteurs étaient rarement contents de la couverture. Je confirme. Comme éditeur, je m’y essaie, tant que cela reste dans mes maigres compétences. Le recours systématique à un graphiste est encore un peu onéreux pour ma petite maison. Et puis j’aime bien cet exercice et je tente de m’améliorer.  Nous allons publier un roman en janvier et j’adore la couverture. L’auteur ne l’a pas vue encore.

Pouvez-vous me parler, en quelques mots, de chacun des livres que vous avez publiés ?

Le premier, « La promesse de l’anneau » (Salvator-2012), fut LA grande aventure. Un peu plus d’un an et demi d’écriture et l’impossibilité de finir. Il ne se laissait pas refermer!

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Le second « Le sourire de Robespierre », un roman historique inspiré d’une histoire vraie, commencé en urgence pour pouvoir sortir du premier. Auto-édité (2013) pour garder la propriété de cette histoire familiale. Je l’ai un peu remanié pour le publier à nouveau en octobre 2016  avec ma toute fraîche maison d’édition « Lazare et Capucine ».

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Puis « Melchisédech Roi de Salem », un roman d’aventures avec des héros et des thèmes bibliques. Je voulais vraiment un roman à la fois grand public mais qu’on n’oublie pas à peine terminé. Publié chez Anfortas en 2014. Habituellement, c’est ce livre que je recommande car très accessible. Certes, ma propre mère s’est arrêtée à la moitié de la lecture suite à une scène un peu difficile. »Comment mon fils peut-il écrire cela!… » Non, très belle scène, je l’assume et c’est même le tournant du récit. Désolé maman!

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Un an après, en 2015, un nouveau roman historique et spirituel sur le thème des Gaulois, le passage du druidisme au christianisme naissant. « La nuit du Samain » publié chez Anfortas. Jean-Yves Leloup m’avait fait la gentillesse d’une merveilleuse préface.

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Enfin, « La main de Dieu », cet essai un peu humoristique, publié en début d’année chez moi. Le christianisme identitaire, les dites racines chrétiennes de l’Europe, la perte de la spiritualité: j’avais envie d’y mettre mon grain de sel. L’humour fait passer les idées plus facilement. Un livre apprécié plus par les lecteurs que par les libraires. D’une part car inclassable, puisque traitant de religion mais pour un public non religieux. D’autre part:  « Lazare et Capucine »?… Difficile d’être un petit éditeur !

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Avez-vous déjà eu l’occasion d’être invité en tant qu’écrivain à l’étranger ?

J’aimerais déjà être un peu plus invité en France. Non, donc.

Mais, amis libraires, je suis disponible! Et j’aime bien ça!

Quelle place la lecture occupait-elle chez vos parents ? Y avait-il des livres, des journaux, des revues ?

A vrai dire, je ne m’en souviens plus. Peut-être parce que je ne levais pas les yeux de mes livres. Non, il y a avait des livres. Une bibliothèque. Plusieurs, dont une magnifique et immense dans notre vieille maison de famille. Des vieux livres reliés en cuir, certains datant de deux à trois siècles. L’un de mes ancêtres avait écrit un livre primé aux Jeux Floraux de Toulouse au XVII° siècle je crois. « Le Pindare Thébain ». Un autre ancêtre avait écrit un livre, un manuel d’infanterie datant d’un peu avant la Révolution. Du reste, j’ai  utilisé cet aïeul comme personnage dans mon second roman. Mais chut! j’ai changé son nom.

 Y a-t-il des moments précis où vous écrivez ?

J’aime bien écrire le matin tôt ou le soir tard, quand la maison est calme. Et puis n’importe quand si une idée tape fermement à la porte et veut être couchée de toute urgence. Mais, devenu éditeur, je pense faire une pause dans l’écriture car les journées ne sont pas extensibles et l’esprit n’est pas libre pour cela.

Comment vous vient l’idée d’un roman ?

Souvent, une question actuelle impose une réponse personnelle. Alors, je la transpose à une autre époque et je l’entoure d’une intrigue romanesque. Mais les idées ne manquent pas : j’ai plusieurs sujets en tête, cependant le temps joue à cache-cache pour le moment.

En attente, un roman sur l’Inquisition. L’idée est: comment les hommes les plus instruits, les plus intelligents, les plus croyants, réellement croyants car souvent issus de la pureté monastique, sont passés du stade de pasteur à celui de juge puis de bourreau?  Comment pouvaient-ils, les larmes aux yeux, envahis de tristesse, envoyer leur frère à la mort?

Comment une religion peut-elle être porteuse en même temps du meilleur et du pire ? Là aussi, il va falloir avancer caché!

De qui vous inspirez vous pour vos personnages ?

Je pars volontiers de personnages réels ou bien historiquement crédibles. J’aime beaucoup l’Histoire et je tiens à ce que le contexte, les personnages soient précis et véridiques. Je mélange aussi parfois plusieurs personnes, avec aussi un peu de moi parfois, pour créer un personnage. Se reconnait qui peut. Et moi, ils me font sourire car je connais leur genèse. J’ai pu ainsi faire quelques clins d’oeil plus ou moins subtils à des amis, à mon père aussi. Pour le moment, je me garde encore de faire au préalable une fiche pour chaque protagoniste. Ce serait probablement plus professionnel, plus construit. Pour le prochain peut-être. A moins de préférer garder cette liberté. Pour chaque roman, j’ai été fasciné par une chose troublante et constante: ce sont les personnages qui m’entraînent là où ils veulent. Alors je les suis. J’écris mais je suis un peu au cinéma.

Une dernière question Olivier, est ce que selon vous l’écrivain a un rôle particulier à jouer dans la société ?

A partir du moment où l’écrivain cesse d’écrire pour lui-même, il a un rôle de transmission. De la connaissance, des idées, des rêves, des questionnements, et puis, simplement, du plaisir.

Si j’ai décidé de franchir le pas en créant une société d’édition l’an dernier, c’est bien parce que je crois que l’écrivain, le livre, ont un rôle particulier, nécessaire. On dit que les Français lisent de moins en moins, accaparés qu’ils seraient par leur smartphone, la télévision et les réseaux sociaux. Si c’est le cas, alors résistons ! Le livre doit vivre.

Pourquoi donc un éditeur de plus alors qu’il y en a tellement et que les livres se vendent moins ? Je n’ai bien sûr pas l’ambition de rivaliser avec les grands, mais je crois à ma ligne éditoriale, je sais que de bons manuscrits sont écartés par les majors débordés ou blasés, des auteurs éconduits sont déçus, alors cela mérite de suivre ses idées et de se bagarrer, d’affronter tous ceux qui détiennent des clés, une part du pouvoir à travers la médiatisation et ses réseaux fermés, et qui vous regardent parfois un peu comme si vous vendiez des aspirateurs: des journalistes, des chroniqueurs, des libraires, des organisateurs de salons… Pas tous, heureusement, pas tous. Certains vous accordent un tout petit peu de leur précieux temps et participent à la richesse de l’édition française, au renouvellement  de l’offre. Merci à eux! Le livre vit et se régénère grâce à eux.

« Lazare et Capucine », c’est le début d’une histoire, nous avons publié quatre ouvrages en un an, deux autres vont suivre. Le reste selon les manuscrits qui viendront jusque chez nous. Et les idées qui fleuriront. Des idées, il y en a. Des auteurs aussi. Alors, tout va bien.

Merci beaucoup Olivier j’ai, réellement, beaucoup aimé m’entretenir avec vous et non je prêterai pas les deux livres que vous m’avez si gentiment dédicacés. Ils sont à moi ::))))

Signé Margaux qui n’a pas de château et qui n’aime pas le vin ! (Private Joke)

 

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Un clin d’oeil à Clémence et Eric les deux comédiens

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Liens utiles pour retrouver Olivier de Lagausie

www.lazare-capucine.com

www.facebook.com

 

 

 

 

 

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