Laure Manel, une auteure tout en douceur

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Laure Manel est une princesse qui va devenir reine.

Retenez bien son nom.

 

« Encore une princesse » ? Allez-vous me demander.

« Hé ben oui encore une princesse », vais-je vous répondre.

Moi j’y peux rien si je ne croise que des princesses. Il faut dire que ces jeunes auteures que je vous présente se connaissent toutes, se fréquentent toutes, s’amusent toutes sur les mêmes réseaux, vont toutes aux mêmes remises de prix, forment un groupe et échangent, rient ensemble, nous font partager leur bonheur.  Alors forcément je les remarque. Je les lis. Je les écoute. Je les aime. Voilà. Moi, que voulez-vous, des jeunes femmes super bienveillantes, bah je les transforme en princesses.

Laure ça fait un moment que je l’observe. J’ai appris à la connaître avant de l’approcher. Et puis, de jour en jour, nous avons fait connaissance et je l’ai appréciée. C’est une jeune femme humble, douce, réservée, qui ne semble  pas sûre elle. Elle n’en fait pas des tonnes. Elle ne se voit pas en haut de l’affiche. Et pourtant, quelle plume, quelle écriture et quel talent.

Son roman « La Délicatesse du Homard », édité par Michel Lafon en est la preuve.

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La presse dit de Laure, qu’elle est la nouvelle révélation du roman français. Et moi je le crois aussi.

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Du coup, ça me met en appétit. Mais avant le « Homard », il y a les entrées voyez-vous. Et moi j’ai bien envie qu’on déguste ensemble l’entrée, le plat et le dessert.

Vous me suivez ? On est vendredi….

Pouvez-vous me raconter comment vous êtes venue à l’écriture et ce que vous avez commencé à écrire ?

Je suis venue à l’écriture quand j’étais petite. J’aimais lire, écrire est venu naturellement. C’était un besoin de tous les jours ou presque (même juste pour des mots aux copines). J’aimais bien me raconter des histoires, inventer, et j’avais un goût pour les mots. Donc à 10 ans, il m’arrivait de dire que je voulais devenir écrivain.

Adolescente, j’écrivais des débuts de romans (arrêtés le plus souvent au bout de 10 pages), des poésies, des réflexions…

Faisiez-vous lire à quelqu’un ce que vous écriviez ou écriviez-vous des choses que vous ne montriez à personne ?

Je crois que je ne le montrais pas. Même s’il y a peut-être eu une exception. Mes profs de français m’aimaient bien, par contre 😊. J’adorais les dissertations, les commentaires composés…

Lisiez-vous quand vous étiez enfant et adolescent ?

Oui, beaucoup, mais pas forcément « de la grande littérature » au début. Passionnée par les chevaux, j’ai lu et relu, rerelu (rerere…) toute la collection de L’Etalon noir. J’aimais aussi beaucoup Le club des 5. A partir du collège, j’ai eu une « période Agatha Christie », et j’ai pris goût aux classiques (Flaubert et Maupassant, puis Stendhal, Baudelaire…). J’aimais la poésie aussi, les livres de réflexion (j’adorais lire des livres de citations ou Les Caractères de La Bruyère) et même… les livres de psycho et de développement personnel (explication plus bas) !

A la fac (de Lettres), je me suis prise de passion pour Proust (mais je n’ai pas lu toute son œuvre, loin de là !), pour le Surréalisme… Ma matière préférée était la « grammaire et stylistique ».

Aviez-vous des auteurs préférés ?

J’aimais beaucoup les auteurs du XIXème siècle (Flaubert, Stendhal, Balzac, Zola… et les poètes de l’époque).

Avez-vous écrit autre chose que des romans ?

Non, jusqu’à maintenant. Mais bientôt je publierai (le 1er novembre) un recueil de textes.

Comment vous est venue l’idée de publier ?

En fait, c’est un rêve de jeunesse… J’ai retrouvé il n’y pas longtemps un texte (de 1994) que j’ai écrit pour moi dans lequel j’écrivais : « j’aimerais un jour me faire éditer, mais je n’ai rien trouvé d’extraordinaire à l’être » (sic).

Je n’ai rien écrit (en fiction) pendant une vingtaine d’années, et je m’y suis remise assez récemment. Quand j’ai fini Histoire d’@, je ne l’ai pas trouvé assez mauvais pour le garder dans un tiroir. J’ai eu connaissance de l’autoédition en numérique, et je me suis lancée en juin 2015 sur KDP, en rêvant d’un destin à la Agnès-Martin Lugand, qui vivait une véritable success-story. Et… après des débuts timides, mon deuxième roman a décollé… jusqu’au « boom » du homard qui m’a ouvert les portes de l’édition traditionnelle. Le rêve était devenu réalité.

Est-ce vous qui concevez vos couvertures de livres ?

Non, je fais appel à un graphiste pour mes textes autoédités (j’avais réalisé ma toute première couverture en achetant une photo presque faite pour lui, mais elle a été améliorée ensuite). La couverture, c’est vraiment primordial…

Pour la reconfection de celle du homard par les éditions Michel Lafon, j’ai participé de très près à son choix.

Pouvez-vous me parler, en quelques mots, de chacun des livres que vous avez publiés ?

  • Histoire d’@ : il s’agit d’un roman épistolaire « moderne » : un échange de mails entre un homme et une femme, qui devient presque une conversation. Ils étaient amis, mais se sont quittés sur un malentendu 12 ans auparavant. Il réapparaît derrière son écran. L’occasion de dénouer les nœuds et renouer des liens.
  • La vie en Rose : il s’agit d’un très court roman illustré par Pauline Robiliard, pour les 8-10 ans (voire plus). C’est l’histoire de Manon qui a 10 ans et râle tout le temps. L’arrivée de Rose dans sa classe va lui ouvrir les yeux et lui donner une leçon de vie.
  • L’Embarras du choix : il s’agit d’un roman contemporain en trois parties. Emma va dire oui à Julien. Du moins, le prêtre lui a posé la question dans le prologue. Toute l’assemblée attend sa réponse. Pendant quelques micro-secondes (jusqu’à l’épilogue), elle se projette dans un hypothétique futur de femme mariée, à la fois lucide et fantasmé. A la fin, elle donne sa réponse… Entre les chapitres se trouve à chaque fois la réflexion d’un invité de la noce, au sujet d’un choix (futile ou grave) qu’il a fait/fait/doit faire bientôt…
  • La Délicatesse du homard : il s’agit d’un roman contemporain à deux voix. C’est l’histoire de François, directeur d’un centre équestre en Finistère nord, qui découvre au pied d’un rocher face à la mer une jeune femme. Elle n’est pas en très bon état physico-psychologique. Il choisit presque machinalement de la recueillir chez lui le temps qu’elle aille mieux. Seulement, elle n’est pas très encline à parler d’elle. Et en effet, on se demande bien qui elle est et ce qu’elle a fui.

Avez vous déjà eu l’occasion d’être invitée en tant qu’écrivain à l’étranger ?

Non. Peut-être un jour ?

Quelle place la lecture occupait-elle chez vos parents ? Y avait-il des livres, des journaux, des revues ?

Ma mère lisait peu (soi-disant), mais elle avait des bibliothèques remplies de livres dans le salon. Romans, essais et « beaux livres », surtout. Comme elle a à son actif une maîtrise de psycho et de philo, il y avait plein de livres de ce type-là dans le bureau… J’aimais y fouiner et je m’y fournissais (j’ai lu Dolto, Salomé… et autres ouvrages de psychologie…). J’ai donc un goût ancien pour ces questions, et je réfléchissais beaucoup aux relations humaines, au bonheur, etc.

Il y avait aussi Télérama. Ma mère écoutait plus la radio qu’elle ne lisait le journal. J’ai toujours été abonnée à un magazine (de Pomme d’Api à Psychologies magazine, en passant par Okapi et le Magazine littéraire).

Y a-t-il des moments précis où vous écrivez ?

J’écris quand j’ai des plages horaires suffisantes, en journée (je n’aime pas écrire le soir), et surtout pendant les vacances, intenses périodes d’écriture (mais sinon, il m’arrive de ne pas écrire pendant plusieurs mois, faute de temps).

Comment écrivez vous ?

J’écris avec mon ordinateur, souvent dans la pièce principale de la maison, si possible seule (ou bien je m’isole). En silence ou en musique (en choisissant des morceaux qui se prêtent à ce que j’écris).

Je prépare tout en amont (idées, trames, annexes, fiches personnages…, synopsis), et je me lance. Si tout est clair dans ma tête et que je ne doute pas trop, j’écris vite.

Comment vous vient l’idée d’un roman ?

Cela dépend. Il y a l’idée, et tout ce qui s’imbrique autour.

Pour mon premier, je venais de lire un roman épistolaire, et je me suis dit « tiens, et si je m’amusais à en écrire un, pour moi ? ». Ca m’a donné la forme d’Histoire d’@, mais je portais l’intrigue en moi depuis des années.

Pour L’Embarras du choix, cela vient d’une réflexion sur l’importance des choix dans la vie, interrogation que j’ai vécue moi-même (comme tout le monde !) ; au début, je devais écrire un scénario de film (je suivais une formation), mais c’est devenu un roman, avec un autre parti pris de départ.

Pour La Délicatesse du homard, j’ai été interpelée par un dossier sur les disparitions volontaires, et puis j’ai trouvé le lieu (une évidence), j’y ai ajouté un contexte aimé (l’équitation, ce qui fait un lien avec mes premières productions !), et divers éléments de psychologie. Certains éléments de l’histoire étaient en moi depuis des années, là encore.

De qui vous inspirez vous pour vos personnages ?

« Tout et tout le monde » est source d’inspiration. Je m’inspire de mon propre vécu comme de ce que j’entends, de ce que je lis, de ce que je vois à la télé ou dans la vraie vie. Tout se mélange et ça donne un personnage. Je ne me dis jamais « je prends untel et j’en fais un personnage de roman ». Heureusement !

Une dernière question, est ce que selon vous l’écrivain a un rôle particulier à jouer dans la société ?

L’écrivain engagé en a certainement un très important à jouer. Aborder un sujet grave, dénoncer, profiter de son aura médiatique pour plaider une cause…

Je ne me situe pas à ce niveau-là. Les thèmes que j’aborde sont plus sur le plan personnel-et-relations humaines (couple, famille, amitié, conflits, maladie, deuil…), que difficultés sociétales. C’est ce que j’ai en moi depuis petite (la preuve plus haut) ; j’écris dans ce que je sais et aime faire, et avec sincérité. J’aime beaucoup donner à réfléchir sur sa propre vie (sans se faire trop mal à la tête) et apporter des émotions au lecteur. Et ce sera pareil pour le recueil à venir, qui s’intitule La (toute) dernière fois.

La lecture est une vraie richesse dans la vie. Si l’écrivain a un livre à « offrir », quel que soit son but (divertir, faire voyager, rire…) et son ambition, il joue déjà un rôle dans la société, ne serait-ce que parce qu’il apporte une petite contribution au mieux-être ou à l’évasion des gens, des minutes hors du temps.

Si en plus, l’écriture est belle, c’est un plus… mais je ne vais pas philosopher sur le Beau, l’Art, et la Littérature avec un grand L… Il y a des livres pour chaque lecteur, et c’est ça le plus important.

Je n’ai pas de prétention en la matière, et d’ailleurs, je ne suis pas sûre d’être un « écrivain ». « Auteure », c’est déjà bien.

Le questionnaire façon Amélie Poulain

Laure aime

La vie

Cuisiner

Partager des moments avec ses amis

Rire

Le soleil

Laure n’aime pas

Le café

L’hypocrisie

Le bruit

Le temps qui passe trop vite

La procrastination

Un recueil en auto-édition est à venir.

Ce sera une belle occasion pour recevoir Laure à nouveau

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