Éric Costa, entre pays lointain et paradis perdu

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Pouvez-vous  me raconter comment vous êtes venu à l’écriture et ce que vous avez commencé à écrire ?

L’écriture a commencé par une histoire d’amitié. Je me trouvais avec Jean Deruelle, mon ami d’enfance. En tant qu’ados, on était tous deux très attirés par le surnaturel. Un livre intitulé Contes de Terreur, de Robert Bloch, était tombé entre nos mains et a été une révélation. Le frisson, la chute inattendue qui concluait chaque nouvelle nous a fascinés, et on s’est demandé « pourquoi pas écrire ce genre de nouvelles nous-même ? ». On s’est alors mis à créer des histoires de suspense. Plus tard, j’ai déménagé et on s’est retrouvé chacun d’un côté de la France. Il n’y avait pas encore internet, ni les téléphones portables. En outre, le téléphone était assez cher. Écrire des nouvelles nous a permis de garder contact et de se faire des cadeaux mutuels. Recevoir une lettre de l’autre était comme ouvrir un trésor. On la posait sur la table, on l’ouvrait avec délicatesse en savourant ce moment avant d’y plonger. Je me souviens même de l’odeur du papier. Après la découverte, on s’appelait pour débriefer. Je ne vous raconte pas la tête de nos parents lorsqu’ils recevaient les factures de téléphone !

Faisiez-vous lire à quelqu’un ce que vous écriviez ou écriviez-vous des choses que vous ne montriez à personne ?

Avec Jean, mon ami d’enfance, on se commentait et se critiquait mutuellement. Généralement, on aimait !

Lorsque je faisais lire mes nouvelles à ma mère, elle les lisait et me les rendait avec un sourire du genre « pas mal pour un ado, mais de toute façon l’écriture est réservée à une élite. C’est un don. Qui crois-tu être pour l’avoir ? ». Je sentais bien que c’était sans commune mesure avec les romans de Stephen King et tout ce qu’elle dévorait !

Lisiez-vous quand vous étiez enfant et adolescent ?

Pendant l’enfance, c’est ma mère qui me lisait les Tolkien au chevet, et qui me racontait des histoires en conduisant. Je pense que ça a aidé à développer mon imagination. Mon grand-père me racontait aussi des histoires de Grand Nord, de trappeurs et de loups sous la couette qu’il transformait en cabane entourée de dangers et cernée par la tempête.

Adolescent, il fallait aller au lit très tôt. Je me souviens avoir lu durant des soirées entières, l’été, à la lueur d’un filet de lumière qui s’immisçait à travers le rideau de ma fenêtre. C’était plutôt des classiques du genre le Père Goriot, avec Ravaillac qui disait « à nous deux, Paris ! » Ou le Rouge et le Noir. C’était le comte de Monte Cristo dont j’avais l’impression de posséder les richesses et dont je savourais la vengeance et la juste rétribution après les épreuves traversées. C’est d’ailleurs de vengeance qu’il est question dans ma saga Aztèques, du moins au début.

Aviez-vous des auteurs préférés ?

Comme je les ai mentionnés : Tolkien, Edgard Allan Poe, Lovecraft, Barjavel, Asimov, Saint-Exupéry, Le Clézio et j’en passe, en gros tout ce qui me permettait de sortir un peu du monde réel !

Avez-vous écrit autre chose que des romans ?

J’ai écrit un recueil de nouvelles intitulées Réalités Invisibles. J’ai actuellement deux autres romans en cours, deux guides de reconquête amoureuse disponibles sur Amazon (rires) et pas mal d’articles de blog.

J’ai une question, comment vous est venue l’idée de publier ?

J’ai toujours eu envie de partager mes histoires, mais je sentais bien que je n’avais pas un niveau suffisant. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai suivi une formation. J’ai d’abord pris des cours du soir pour apprendre comment raconter une histoire. Comme ça m’a plu, que j’apprenais beaucoup et que ça m’a permis de réinscrire l’écriture dans ma vie, j’ai suivi une formation de trois ans à la dramaturgie. Il s’agissait d’apprendre comment se construisent les histoires à un niveau plus profond. À force de travail, la possibilité de publier m’a semblé de plus en plus possible. À la fin de la seconde année, il fallait d’ailleurs qu’on publie une nouvelle. Il s’agissait d’Eclosion, ce qui illustre bien la transformation que j’ai vécue alors. Ça n’a pas été facile, mais je l’ai publiée. Je stressais à l’idée que les gens n’aiment pas ma nouvelle. Finalement, comme personne ne l’a repérée sur Amazon au début, je n’ai pas eu ce problème !

J’ai adoré votre couverture. Est-ce vous qui l’avez conçue ?

Un ami m’a présenté Julien Lesne, qui se lançait comme illustrateur à son compte. Nos démarches étaient sensiblement les mêmes dans des domaines de créativité différents. Julien avait lu Aztèques et avait beaucoup aimé. Il m’a proposé d’en faire la couverture. Nous avons fait des tests concluants. Depuis, il exécute les couvertures de cet univers, et s’il crée l’essentiel des dessins, nous faisons des points réguliers pour que je lui transmette mes idées, c’est donc un véritable partage où il influence mon écriture et où j’influence ses illustrations. Pour le tome 2, je pense qu’il y a eu une trentaine de versions avant de trouver ce qui nous plaît à tous deux !

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Pouvez-vous me parler, en quelques mots, de La Voie du Papillon ?

Pour en parler, rien ne vaut un pitch !

« Teotitlan, 1517

L’école du harem ouvre ses portes.

Une jeune esclave cherche à y entrer, mais la loi le lui interdit.

Sur sa route, alliances, rivalités et trahisons mortelles.

Deux clans s’affrontent.

Une mentore à la sensualité torride,

Une favorite qui règne en reine,

Une rivale indomptable,

Toutes ne vivent que pour le Maître.

La fille de l’aigle saura-t-elle prendre son envol ? »

Y a-t-il des moments précis où vous écrivez ?

J’écris tous les jours, dès que j’en ai l’occasion. Je ne peux m’en passer. J’ai choisi un métier qui me permet d’écrire dans le sens où je travaille en horaires décalés. Travailler la nuit me permet de bénéficier de jours de repos que je mets à profit pour avancer dans mes romans. J’écris également avant et après le travail, et même au travail, mais uniquement durant les pauses ! Comme dit Alice Quinn, auteure hybride, « une page par jour, à la fin de l’année, permet d’obtenir une histoire de 365 pages ».

Une petite préférence notable, toutefois : je préfère écrire le matin, car j’ai l’esprit plus frais. Je travaille sans problème de 7h du matin à 20h si ce n’est plus, avec plus de 4000 mots par jour. Quand mon cerveau commence à ramer, je m’occupe du marketing et de la COM. Pas de répit pour les passionnés 😉

Comment écrivez-vous ?

Alors là je vais passer pour un gros fainéant ! J’écris allongé dans mon canapé ou dans mon lit. La position la plus confortable possible. Il m’est arrivé d’écrire des mails lorsque je travaillais dans un bureau (faut pas le dire !). Il m’est même arrivé d’écrire pendant une randonnée en utilisant l’option Siri de l’Iphone ! Dès que j’ai une idée, que cela soit pendant l’écriture ou en dehors, je la note dans Evernote pour la réutiliser plus tard si elle s’avère pertinente.

Concernant l’écriture elle-même, j’établis d’abord une structure, avec un plan détaillé des chapitres. Puis, lorsque j’estime la structure suffisamment approfondie, je me lance dans la V1, la première version, celle qu’on écrit « avec les tripes ». Le cadre ainsi établi, je l’explore en tous sens, et c’est généralement la partie qui me plait le plus. De nouveau personnages apparaissent, des évènements imprévus surviennent, je deviens un spectateur qui écrit ce qu’il voit. Parfois, je verse une larme. Parfois, je me sens tellement énergisé que je lève les bras au ciel et pousse un cri !

Une fois la V1 terminée vient le temps de la réécriture, la V2, celle qu’on écrit « avec la tête ». Et alors là, je me questionne sur tout, personnages, conflits, thématiques, logique des personnages, atmosphère, je creuse toutes les scènes à fond et j’y mets tout ce que j’estime nécessaire, ni plus, ni moins. C’est une phase longue et éreintante au niveau cérébral, mais c’est la seule méthode que j’ai trouvée pour développer le plus possible le potentiel de l’histoire, et surtout, avoir la sensation de travail terminé.

Comment vous est venue l’idée de ce roman ?

Lors de la formation que j’ai suivie en dramaturgie, il m’a fallu mener de front plusieurs projets d’écriture, dont une saga. Je voulais un univers médiéval pas encore trop rebattu, mais je ne parvenais pas à trouver lequel. Un jour, une amie m’a aidé. Elle m’a raconté que les différents peuples qui habitaient le Mexique précolombien payaient un tribu aux Aztèques, qui régnaient alors en maîtres. Parfois, le tribu était rassemblé grâce à des prises de guerres et des pillages. L’histoire d’un jeune fils de chef arraché à son village m’est alors apparue. On allait découvrir le monde aztèque à travers ses yeux, le temps qu’il mette en place une vengeance implacable.

Les filles de mon groupe m’ont alors demandé que ce soit une héroïne. Je n’y étais pas opposé, car j’ai toujours aimé les héroïnes. Elles doivent faire preuve de plus de subtilité pour s’en sortir qu’un mec aux gros biscotos. En outre, la thématique ; sagesse et pouvoir, se reflète encore mieux incarnée par une femme. Ameyal est ainsi née. J’ai choisi ce prénom nahuatl car il signifie printemps, le moment de l’émergence des possibles. Le moment où le potentiel commence à se développer. De cette manière, mon héroïne a de belles années devant elle !

De qui vous êtes vous inspiré pour créer vos personnages ?

Ameyal s’est imposée à moi sans source d’inspiration particulière. Ce doit être un mélange de certaines jeunes femmes que j’admire et de moi-même, tel que je rêverais être ! Elle est impulsive et intrépide, et cela lui cause pas mal de problèmes. Mais elle est juste et courageuse. La fatigue et le risque fait trembler ses mains mais elle fait ce qui doit être fait. Sa force mentale exemplaire représente, je pense, ce qui plaît à mes lecteurs. Si je peux, à travers Ameyal, faire passer le message que le courage et la détermination mènent à tout quelque soit la difficulté initiale, je considérerais avoir obtenu l’essentiel !

Les autres personnages sont des inventions complètes. La favorite séductrice, subtile, sexuelle, capricieuse, joueuse et insaisissable, est un plaisir à manier. La mentore tellement prête à aider qu’elle en devient louche. La vieille femme qui règne sur le harem, aussi sèche qu’un arbre centenaire, qui ne vit qu’à travers les Lois cruelles qu’elle a crées pour maintenir l’ordre et régner, et enfin, un Maître au visage déchiré en deux, symbole du clivage de sa personnalité qui oscille entre le bien et la cruauté.

Une dernière question, est ce que selon vous l’écrivain a un rôle particulier à jouer dans la société ?

Je vois au moins trois rôles, mais nul n’est obligé de les jouer !

Le premier, c’est le divertissement : donner des émotions, des sensations, des possibilités d’évasion est pour moi le fondement d’une histoire.

Le second, c’est apprendre quelque chose. Que l’histoire parle d’un métier qu’on n’exercera jamais, d’une relation qu’on ne vivra jamais, d’un pays oublié ou d’une période révolue de l’histoire, il est pour moi essentiel d’apprendre quelque chose à ses lecteurs. Ne dit-on pas que lire permet de vivre plusieurs vies ?

Le troisième, à mes yeux le plus important, est le message du livre ou encore la thématique. Un bon livre contient une thématique principale qui a été choisie intentionnellement par l’écrivain parmi toutes les thématiques qui ont émergé de l’histoire. C’est le message porté par le héros, qui se transforme pour le délivrer.

Pour conclure, je dirais qu’un roman contient plusieurs couches qu’il est de notre responsabilité de creuser au mieux. Ensuite, le lecteur est libre de se questionner sur le sens profond de l’histoire, ou de la lire comme un divertissement selon ce qu’il y cherche.

Le questionnaire façon Amélie Poulain

Eric n’aime pas

 Le froid humide qui pénètre les os et vous glace

Le mensonge, la manipulation et l’hypocrisie

La fainéantise

La vulgarité et la bêtise

Les gens qui disent du mal des autres ou se mentent à eux-même

Eric aime

L’authenticité

Le courage d’être ce qu’on est

Se connaître suffisamment pour être libre (vraiment libre)

L’odeur du bois dans la cheminée

Une bonne fondue aux cèpes

Fiche contact de Eric Costa

Email : eric.costa.auteur@gmail.com

Site : https://costaeric.fr

Page auteur Facebook : https://www.facebook.com/CostaEric2/

Lien Youtube du teaser de La Voie du Papillon : https://www.youtube.com/watch?v=YWgfPOSKxUY

Lien Amazon vers La Voie du Papillon : à paraître le 18 janvier 2018

Page auteur Amazon.fr : https://www.amazon.fr/Eric-Costa/e/B00KE5BPOQ