Elisa TIXEN, l’auteure authentique

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Ma rencontre avec Elisa est une des plus belles que j’ai faites avec un auteur.

Nous avions rendez-vous dans un salon de thé que j’aime beaucoup,  rue Montbazon à Bordeaux. J’étais en avance et je suis arrivée la première sous la pluie et la grisaille. La journée était franchement maussade et j’avais besoin de réconfort.

Accueillie par deux hôtes merveilleux, je me suis installée et j’ai attendu avec fébrilité l’arrivée d’Elisa.

Je réfléchissais à son livre Sans traces apparentes, que je suis en train de lire et qui me touche beaucoup car, et c’est  Elisa Tixen elle-même qui  dit de son livre :

qu’il  traite des blessures qui nous sont transmises par la vie et notre passé familial, celles que nous portons en nous, parfois sans en être conscients. Par ailleurs, son      « ambition » d’auteure est que ses histoires interpellent les esprits, les émotions. Que le lecteur ou la lectrice referment  la dernière page encore imprégnés de son atmosphère. Pour une poignée de minutes, quelques secondes…

Et j’en étais à cette poignée de minutes, à ces quelques secondes lorsqu’Elisa a franchi le seuil du salon de thé.

Elisa c’est une vraie présence, un vrai regard, une vraie écoute. Elisa est auteure et c’est un réel plaisir que d’échanger avec une auteure  qui ne parle pas marketting, pas nombre de followers, pas commentaires réseaux.

Elisa une auteure de la trempe de celles qui écrivent pour le plaisir des mots, celui des phrases, des histoires.

Merci Elisa pour ce moment merveilleux et merci pour ces vers fabuleux :

Sais-tu qui je suis?
Le Rayon de Lune.
Et sais-tu pourquoi je viens de là-haut?
Sous les arbres noirs la nuit était brune ;
Tu pouvais te perdre et glisser dans l’eau,
[…] Je veux te montrer la route opportune ;
Et voilà pourquoi je viens de là-haut. »
Guy de Maupassant, Des vers.

 

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Elisa, pouvez-vous me raconter comment vous êtes venue à l’écriture et ce que vous avez commencé à écrire ?

Mon premier contact avec l’écriture c’est à mon retour de Centrafrique. J’avais à peu près 8 ans et on me demandait en classe de raconter ce que j’avais vu, vécu. Alors j’ai pris mon stylo, un beau cahier tout neuf et j’ai écrit… 3 phrases !

Faisiez-vous lire à quelqu’un ce que vous écriviez ou écriviez-vous des choses que vous ne montriez à personne ?

Non, j’écrivais des textes très personnels ou sur des thèmes qui me touchaient de trop près. J’ai attendu d’avoir gagné mon premier concours pour faire lire mes histoires à des proches.

Lisiez-vous quand vous étiez enfant et adolescente ?

Beaucoup, tout le temps, par tous les temps. Aucun jeu ne pouvait rivaliser avec un bon livre.

Aviez-vous des auteurs préférés ?

Non en dehors d’une préférence pour les auteurs anglais

Elisa, avez-vous écrit autre chose que des romans ?

Oui un guide pratique pour immigrer au Québec après 35 ans, des nouvelles (plein) et un recueil d’histoires courtes.

Comment vous est venue l’idée de publier ?

Au fond de soi, on écrit pour être lu. Il faut juste oser se l’avouer. Pour moi, l’étincelle s’est allumée au cours d’un atelier d’écriture, en discutant avec d’autres auteurs.

J’aime beaucoup la couverture de « Sans Traces Apparentes »,  est-ce vous qui concevez vos couvertures de livres ?

Non, c’est une amie très chère, Cécile Brunet, qui dessine mes couvertures. Une amie et aussi une complice puisqu’ensemble, nous créons des jeux de société. Des jeux qui racontent des histoires, bien sûr !

Pouvez-vous me parler, en quelques mots, de chacun des livres que vous avez publiés ?

Le premier a été « Immigrer au Québec après 35 ans ». Il s’agit d’un guide pratique où je partage une méthode à ceux qui ne bénéficient d’aucun programme pour faciliter leur projet d’immigration.

Le deuxième « Sans traces apparentes » est un roman. L’histoire de 5 femmes sur 5 générations, une enquête sur des secrets de famille, des drames qui se répètent à chaque génération et finalement, une quête pour se libérer des blessures du passé.

Le troisième est un recueil « La désobéissance des pouces ». 7 histoires courtes comme la vie qui mettent en scène, à travers les époques, des hommes et des femmes qui osent tout risquer pour suivre leur propre voie.

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On parle du quatrième ? Un polar fantastique, en cours d’écriture…

Avez vous déjà eu l’occasion d’être invitée en tant qu’écrivain à l’étranger ?

Non mais j’adorerais être invitée au Québec. J’ai un projet d’écriture qui se déroule dans cette belle province (livre n° 5).

Y a-t-il des moments précis où vous écrivez ?

J’écris comme je lis, partout, par tous les temps. Mais j’ai une préférence pour les petits matins, quand je flotte encore dans une brume de presque-conscience.

Comment vous vient l’idée d’un roman ?

Les idées viennent souvent d’une association de plusieurs qui soudain, m’interpellent et me bousculent.

Pour « Sans traces apparentes », l’idée du roman est venue de la rencontre avec deux musées, l’un sur les femmes envoyées au bagne, l’autre sur les maquis du Vercors pendant la 2nde Guerre Mondiale. C’est là que j’ai pris conscience qu’avant nous (c’était avant les attentats), chaque génération avait connu la guerre. J’ai d’abord ressenti comme un soulagement avant de me demander quelles traces il en restait aujourd’hui.

Pour la désobéissance des pouces, le thème a surgi quand je me suis interrogée sur l’évolution des libertés individuelles. Les marques visibles de servitude ont disparu dans nos pays, mais l’esclavage moderne existe. Je me suis alors demandé de quel pouvoir d’exercer nos libertés nous disposions réellement sans encourir de sanctions ?

De qui vous inspirez vous pour vos personnages ?

Surtout, de personne de vivant et encore moins quelqu’un de proche !

Quand l’idée d’un roman surgit, le personnage apparaît. D’abord sous une forme floue. C’est un squelette à qui je donne de la chair à mesure que l’idée prend forme. J’aime les personnages qui ont en eux autant de force que de fragilité, comme les éléphants de Dali, portant le poids d’un monde sur leurs pattes d’araignée.

Une dernière question, est ce que selon vous l’écrivain a un rôle particulier à jouer dans la société ?

Oui oui et oui.

L’écrivain possède le pouvoir des mots. Ces mots qui ouvrent des fenêtres, qui apprennent à penser et parlent aux silences, qui luttent contre les dictatures et militent en faveur des démunis…

Chaque livre apporte sa lumière, y compris dans les polars les plus sombres qui dévoilent les pans cachés de nos sociétés. Même dans les histoires qui ont pour seul objectif d’offrir au lecteur un moment d’évasion, quelque part, au détour d’une phrase, l’écrivain portera la plume dans la plaie (Albert Londres)

J’aime cette citation de Jean Cocteau : « Écrire est un acte d’amour. S’il ne l’est pas, il n’est qu’écriture. »

  Le questionnaire façon Amélie Poulain

Elisa aime

  • Fureter dans les bibliothèques des autres pour découvrir des livres que je ne connais pas
  • Les pages blanches. C’est peut-être bizarre pour un auteur mais pour moi, c’est l’espace de tous les possibles.
  • Me poser sur un rocher des côtes nord du Québec et observer la danse des baleines
  • Nos séances « pirates » entre cops d’écriture : explosions créatives et fous-rires
  • Les amandes sous toutes leurs formes : nougat, dragées, touron, grillées…

Elisa n’aime pas

  • Les mauvaises paroles, elles laissent toujours une trace
  • Des fleurs fanées dans un vase
  • Corner les pages des livres même si j’adore les gribouiller
  • Tout ce qui est visqueux : les huîtres, les serpents, les mains molles…
  • Les mouvements de foule, ça peut être très con une foule, ça oublie de réfléchir

Et si je peux ajouter une chose qui va au-delà de « je n’aime pas ». Une chose qui m’est insupportable, c’est que dans notre société, on fasse si peu pour lutter contre les situations d’illettrisme.

 

Mon blog d’auteure : https://elisatixen.wordpress.com/

Ma page FB : https://www.facebook.com/elisatixen.auteur/

 

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