Cristina sans H mais avec un coeur immense

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Je voyais son nom sur les pages auteurs …

Je voyais son nom parce qu’elle est chroniqueuse et que cette fille là voyez-vous, cette Cristina sans H, je me disais qu’elle avait une sacrée plume. Une gentille façon de parler des auteurs.

Je voyais son nom et je me demandais comment moi petite auteure, je pourrais l’approcher cette Cristina sans H qui chronique les auteures très, très connues, des Virginie Grimaldi, des Agnès Martin-Lugand, pour ne citer qu’elles.

Je voyais son nom, et puis un jour j’ai tenté. Alors je lui ai écrit. Et elle m’a répondu. Et on a échangé. Et j’ai adoré nos échanges.

Et puis un jour, j’ai vu mon nom sur son blog et ce jour là, croyez-moi, j’ai eu les larmes aux yeux parce que cette fille là, cette Cristina c’est pas seulement une chroniqueuse, c’est un coeur gros comme l’univers, c’est une injection de rappel à l’amitié, c’est à elle seule Noël, Pâques, et tous les jours fêtes.

Et puis Cristina et bien elle sort un livre. Oui un livre qu’elle a écrit pour elle, pour nous les nanas. Un livre superbement écrit.

Du coup j’ai eu envie de lui faire son portrait à ma Cristina sans H.

Love.

Margaux

*-*-*-*

Bonjour Cristina, pouvez-vous  me raconter comment vous êtes venue à l’écriture et ce que vous avez commencé à écrire ?

J’ai toujours écrit sur tout, partout. Petite, j’avais mon journal intime, au collège, j’étais celle qui écrivait les plus longues rédactions, à la fac, je manquais toujours de temps pour mes dissertations, j’ai toujours quelque chose à raconter, je suis celle qui parle de trop. De là à se lancer dans l’écriture d’un livre, le courage et le manque de confiance me manquaient. ..En étais-je vraiment capable ? Créer mon blog en 2014 a été un premier pas vers l’écriture « publique ». J’y écris sur la vie, sans filtre, sur les joies et les déceptions de maman, sur les difficultés d’être une femme accomplie, mais aussi mes coups de cœur et bien sûr quelques coups de gueule. Mes deux lignes conductrices : être authentique et le partage. Mes lecteurs les plus fidèles m’encourageaient alors à écrire quelque chose de plus grand. Un livre.Que voulez-vous dire ? Un livre, un vrai ? Oui ! Mon Dieu ! Beaucoup m’attendaient dans le style « Bridget Jones »…j’ai peur de décevoir certains, bien que je pense avoir essayé de traiter mon sujet avec humour, ce qui est pour moi indispensable.

En mars 2017, à la suite d’un très difficile passage dans mon job, je décidai de me lancer dans ce grand chantier, pour m’évader de mes journées de bureau surréalistes et psychologiquement éreintantes… L’histoire, inspirée de mon vécu, s’est naturellement imposée à moi…j’étais embarquée, vol long courrier, business class.

Faisiez-vous lire à quelqu’un ce que vous écriviez ou écriviez-vous des choses que vous ne montriez à personne ?

J’ai écrit les premières cent pages seule, sans les faire lire à personne…mes voisins de table chez Starbucks (où j’écrivais la plupart du temps) ont du me dérober quelques mots par ci  et par là, mais je n’ai eu aucun avis avant de le faire lire à mon amoureux. De manière tout à fait objective, il m’a dit « Fonce ». Mon premier avis professionnel sur ces premères pages est arrivé très vite, quand, contactée par 2 maisons d’édition, je leur faisai alors lire les prémices de mon manuscrit. Ils m’ont répondu « Fonce ».

Lisiez-vous quand vous étiez enfant et adolescente ?

Je lis depuis toujours (je sais, ce n’est pas original, mais c’est vrai), de tout, ma curiosité à été très vite aiguisée par des sujets très divers. J’ai commencé comme beaucoup de petites filles par la bibliothèque rose  puis Agatha Christie dont j’avais toute la collection. Puis très vite, j’ai ressenti le besoin d’accéder à des histoires plus fortes, « des histoires de grands ». Je dois avouer que mon sujet de prédilection était tout de même la romance… A 14 ans, j’avais déjà lu tout Barbara Cartland (ne ris pas)…Je me souviens avoir acheté en cachette « Le journal de Laura Palmer », tiré de la série de David Lynch, « TwinPeaks » et d’avoir été à la fois fascinée et dérangée. A 16 ans, Le Rouge et Le Noir était ma bible, Jane Austen ma meilleure amie. A 18, « La Belle su Seigneur » devenait mon essentiel.

Aviez-vous des auteurs préférés ?

Oui, bien sûr. Je lisais énormément de choses très différentes mais si je devais relire un livre ou l’emmener avec moin sur une île déserte, mon choix se portait toujours sur les mêmes auteurs : Stendhal, Alberto Moravia, Gabriel Garcia Marquez, Albert Cohen, Isabel Allende, Kundera, Fernando Pessoa. Une force indescriptible m’attirait vers ces « grands » auteurs, comme un besoin d’exprimer que j’avais une petite place quelque part, bien à moi. Je saisissais la chance de pouvoir accéder à un monde érudit, contrairement à mes parents, par exemple, à qui la possibilité de faire des études n’avait pas été donnée.

Avez-vous écrit autre chose que des romans ?

Non, il s’agit de mon premier, Margaux ! Mon deuxième est en cours…(info exclusive !)

Dites-moi Cristina, comment vous est venue l’idée de publier ?

Je n’y pensais pas un seul instant quand je me suis lancée dans l’aventure. Je voulais que mon projet soit pleinement abouti, l’avoir lu, relu et sûrement recommencé mille fois avant de m’armer de courage et de l’envoyer aux maisons d’édition. J’imaginais par contre, déjà bien, les lettres de refus qui auraient pu affluer en grand nombre et me noyer dans  des litres de vodka pomme. J’ai eu la chance d’être contactée pendant l’écriture de mon livre (grâce à mon blog, sur lequel j’avais mentionné mon projet)  et de signer un contrat avec les Editions Seramis, avant même d’avoir terminé mon manuscrit. Je suis extrêmement chanceuse, je le sais.

Est-ce vous qui concevez vos couvertures de livres ?

Absolumen t pas. C’est le graphiste de Seramis qui s’en est occupé. Je dois confesser qu’au premier abord, la couverture de mon livre ne me plaisait aucunement. Je ne savais pas si je le trouvais trop feel-good, pas assez sérieuse, ridicule, ou trop loin de ce que j’avais imaginé. Mon éditrice, Hélène, était persuadée qu’elle pouvait plaire et, justement venir contrebalancer le sujet un peu difficile. Je lui ai fait confiance.

Pouvez-vous me parler, en quelques mots, de votre livre ?

 « Une carte postale du bonheur » nous parle de Juliette, qui vit depuis neuf ans avec un mari qui ne la fait plus rêver. Amoureuse de l’amour, elle le vit désormais par procuration en lisant Jane Austen et en élevant son petit garçon de cinq ans. Mais, à quinze jours de fêter son trentième anniversaire, Juliette suffoque et ne parvient plus à faire semblant. Elle décide de demander le divorce.

Quand son mari quitte le domicile familial, Juliette se retrouve plongée dans un état de fragilité et de confusion totale. Thomas débarque alors dans sa vie sans crier gare. Par ses attentions, ses cadeaux et sa présence parfois oppressante, il se rend rapidement indispensable. C’est le début d’une histoire d’amour qui ne va pas tarder à se transformer en une véritable descente aux enfers. En l’espace de quelques mois, Juliette se métamorphose pour devenir une personne qu’elle n’a jamais été : soumise, dépendante, à la recherche d’un physique qui n’est pas le sien. Thomas surveille non seulement son poids, mais aussi ses tenues, ses mails et le moindre de ses mouvements.

Ses amis ont beau l’exhorter à fuir cet homme qu’ils qualifient de pervers narcissique, Juliette ne veut rien entendre. Elle veut croire au bonheur et revient même sur sa décision de ne pas avoir d’autre enfant. À la naissance de son deuxième garçon, il lui faudra pourtant puiser dans ses dernières ressources pour ne pas sombrer définitivement et entamer un combat qui laissera des traces indélébiles.

Je n’ai pas voulu écrire un livre où l’on tombe dans le pathos et l’on fait sombrer le lecteur. J’ai voulu y décrire les mécanismes, mais aussi le processus de reconstruction et de rechute, la guérison.

Dire que cela peut arriver à toute personne normalement constituée.

J’ai été stupéfaite de voir le nombre de personnes (il n’y a pas que des femmes), qui ont été confrontées à ce type de personnes qui ravagent tout sur leur passage : votre personnalité, vos rêves, votre dignité. J’ai reçu beaucoup de messages très touchants. Il était alors important pour moi de délivrer une note positive et d’espoir.

Renaître des cendres est possible.

Quelle place la lecture occupait-elle chez vos parents ? Y avait-il des livres, des journaux, des revues ?

Ma mère lisait surtout de la presse, magazines et différentes revues comme Paris Match ou Femme Actuelle .J’ai appris à lire avec mon père en lisant l’équivalent de l’Equipe au Portugal, « A bola ».  Mais c’est bien seule, puis plus tard grâce à de formidables professeurs de français, que je poussais les portes de la littérature.

Y a-t-il des moments précis où vous écrivez ?

J’ai du écrire pendant pratiquement toutes mes pauses déjeuner pendant un an…Comme tout le monde, je manque de temps, alors j’écris aussi sur mon smartphone ou sur ma tablette, dans les transports ou dans les salles d’attente, pendant mes séances d’aquabiking. Je ne suis pas du matin et ne me lèverai jamais tôt pour écrire, c’est au dessus de mes forces, j’admire ceux qui le font ! Je suis par contre capable d’écrire toute la nuit…

Comment vous vient l’idée d’un roman ? De qui vous inspirez vous pour vos personnages ?

Mon premier, comme je l’ai indiqué plus tôt, m’a été inspiré d’une histoire que j’ai vécue. Parler de soi peut évoquer la facilité, pourtant, je trouve que ce n’est pas le cas, bien au contraire. Ce fut l’exercice le plus difficile qu’il m’ait été donné d’effectuer.

Mon second, qui est encore au stade d’embryon, m’est venu une nuit, alors que je n’arrivais pas à dormir. Je me suis empressée de me saisir de mon minuscule carnet à paillettes, sur lequel je jette toutes mes idées et j’ai noirci 4 pages…personnages, intrigue, type de récit, époque, documentation nécessaire. C’est inspiré d’une partie de l’histoire de mon peuple mais aussi de tranches de vie de femmes que j’ai connues…les vaillantes, les insoumises, les guerrières. Je ne peux en dire plus pour le moment. Une seule certitude : la vie et les gens sont les sujets les plus inspirants que je connaisse.

Une dernière question, est ce que selon vous l’écrivain a un rôle particulier à jouer dans la société ?

Je fais partie de ces personnes qui sont persuadées que l’écriture a beaucoup de vertus thérapeutiques. Si l’écriture de mon premier roman a définitivement clôturé un passage de ma vie et fait prendre conscience que tout était bien derrière moi, je suis aussi cette lectrice qui recherche dans ses lectures des sensations fortes, le vertige, les émotions. Les livres qui m’ont le plus marquée sont ceux qui m’ont fait pleurer des torrents de larme, ceux qui m’ont permis de me remettre en question, ceux qui sont venus bousculer mes convictions. Les écrivains ont ce pouvoir de vous toucher en plein cœur, de vous panser, vous bercer, vous rassurer ou justement vous faire douter. Tout cela grâce à des mots. C’est tout de même fantastique. Il y a peu de temps, je terminais le dernier livre de Joyce Maynard,  « Un jour, tu raconteras cette histoire », effondrée, je baignais dans mes larmes. L’amoureux pensait qu’il était arrivé quelque chose de grave, il était impossible de me calmer. Plus tard, il me dirait, « C’est juste un livre ». Oui, juste un livre. Juste une auteure qui a su me bouleverser avec des mots. Quelle force.

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Le questionnaire façon Amélie Poulain

Cristina aime

  • Les mojitos
  • Bruno Mars
  • Le soleil qui caresse la peau
  • L’amour
  • Le poulpe à l’ail et avec un soupçon d’huile d’olive (je sais, je viens de faire tomber le mythe, là)

Cristina n’aime pas

  • Les personnes envieuses
  • La méchanceté gratuite – même tout court, d’ailleurs
  • Le froid
  • La mauvaise foi
  • Les gens qui ne ramassent pas les crottes de leur chien dans la rue (ça me rend dingue)

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