Poussières de toi, de Lily B.Francis

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Lily B.Francis, fait partie de ces jeunes auteurs que je soutiens et encourage dans leur démarche littéraire. Elle est, pour celles et ceux qui ne la connaissent pas,  l’auteure de la pétillante saga « Chroniques d’une Princesse Machiavélique ».

Cette fois, la plume fluide et percutante de Lily va s’orner de douleur, de tendresse et de délicatesse  pour aborder le thème de l’IMG (Interruption médicalisée de grossesse)*

On entre de plain-pied dans le roman le jour où, dans une salle d’accouchement, Alice ne va pas donner la vie mais recevoir la mort. Car l’enfant qu’elle porte, qui vivait en elle, qu’elle a senti bouger, est atteint d’une malformation et vient de mourir au moment où Alice se rend à l’hôpital pour faire cette IMG.

On pourrait se dire que tout est bien qui finit bien, que ce bébé ôte à sa Maman la culpabilité de le « tuer » pour lui éviter une vie de souffrance.

Mais non…

Au contraire. La mort de cet enfant va entraîner Alice dans une spirale infernale. Elle culpabilise, se persuade que si l’enfant est malformé, s’il est mort c’est que la Nature l’a puni. Elle l’a puni de ne pas être heureuse et de chercher le bonheur dans une histoire d’amour qui n’a jamais existé et qu’Alice fantasme.

Et pourtant Alice vit avec, Loïc, un garçon qui l’aime. Mais pas assez. Pas comme elle voudrait. Pas comme il faudrait qu’il l’aime. Parce que dès le départ, les dés sont pipés. Loïc est un pansement sur cette plaie béante qui ne se referme pas. Même pas tout doucement. Loïc est un pansement qui se décolle trop souvent à son insu.

Parce-que lui il l’aime son Alice. Inconditionnellement. Si, à aucun moment, les sentiments de Loïc ne sont abordés ni même effleurés, la plume de Lily nous amène à considérer Loïc comme un garçon qui voit « clair », qui « sait », qui « se bat » à sa façon pour prouver à Alice qu’il est là. Qu’il est celui qu’il lui faut. Qui sera son soutien, sa béquille, son amoureux.

Cet enfant qu’ils avaient décidé de faire, ou plutôt qu’Alice a décidé de faire, aurait été la clé de voute de leur amour. Mais voilà, l’enfant n’est pas viable.

Après la mort de ce bébé,  Alice tente de se reconstruire. De balayer d’un revers de la main, ses idées noires, négatives qui l’entraînent vers des fonds abyssaux où se mêlent morale, amour, famille, amitié,  dans cet océan agité qu’est devenue sa vie. Alice se débat, tente de ne pas se noyer, cherche la rive. Cherche le sens de la vie. Et les vagues la ramène vers le fantôme de cet enfant dont elle n’a pas fait le deuil.

C’est là que  surgit la difficulté du deuil péri-natal.  Le deuil de cet enfant qui, parce-qu’elle ne l’a pas vu, touché, parce qu’elle ne lui a pas dit « au revoir », « je t’aime », « pardon » n’est pas tout à fait mort dans sa tête.

C’est au seuil de sa seconde grossesse, qu’Alice va entamer un long et douloureux travail de deuil. Après un presque déni de grossesse, Alice va réaliser qu’accueillir ce nouvel enfant ne se fera pas sans qu’elle ait accepté la mort  de l’autre enfant.

Ce récit est magnifique, ponctué de petites aventures succulentes malgré la difficulté du sujet, car la vie continue et Alice le sait. Elle se donne les chances de vivre. Malgré tout. Parce que la vie l’emporte sur tout.

C’est un beau roman que je vous recommande de lire si vous êtes intéressé par le sujet, si vous avez vécu cette épreuve.

Lily vous amènera vers le chemin de l’acceptation, de la guérison et enfin de la paix.

Pour ma part, je citerai  Marie- Frédérique Bacqué, Psychanaliste

« Tout le travail du deuil va alors consister à desceller son destin de celui du disparu, en élaborant un nouveau lien avec lui.  Traverser ce moment pour revenir à la vie n’est pas abandonner ou oublier l’être que l’on a perdu. C’est lui donner une nouvelle place en soi, une place qui ne nous empêche plus de vivre, d’aimer et d’agir.

Le travail du deuil est incompressible, on ne peut ni l’accélérer ni sauter des étapes. Il ne connaît pas le temps, il a ses tours et ses détours, ses haltes, on ne peut que se rendre disponible pour ne pas entraver ses mouvements. »

www.lilybfranciswordpress.com

 

L’IMG peut être réalisée :

  • si la grossesse met gravement en danger la santé de la femme enceinte,
  • ou si l’enfant à naître est atteint d’une affection particulièrement grave et incurable.
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