La vengeance m’appartient, de Marie NDiaye

Me Susane, quarante-deux ans, avocate récemment installée à Bordeaux, reçoit la visite de Gilles Principaux. Elle croit reconnaître en cet homme celui qu’elle a rencontré quand elle avait dix ans, et lui quatorze — mais elle a tout oublié de ce qui s’est réellement passé ce jour-là dans la chambre du jeune garçon. Seule demeure l’évidence éblouissante d’une passion.
Or Gilles Principaux vient voir Me Susane pour qu’elle prenne la défense de sa femme Marlyne, qui a commis un crime atroce…
Qui est, en vérité, Gilles Principaux ?

Je n’avais jamais lu Marie NDIAYE. Si je l’ai fait c’est parce qu’ une publication sur Facebook indiquait que La Réole était mise à l’honneur. Alors j’ai acheté le livre. Et je suis déçue. La Réole n’est pas mise à l’honneur. Elle est simplement citée parce que les parents de l’héroïne y vivent. Je pensais longer la Garonne, m’émerveiller du patrimoine Réolais, apprendre davantage des traditions peut-être, allez savoir…J’aurais dû me renseigner avant. Mais je le fais rarement. Ca m’apprendra à croire tout ce qui se dit sur la toile.

Cette histoire m’a fatiguée voire épuisée moralement. Je me suis trouvée enveloppée dans un brouillard éternel. L’histoire se déroule à Bordeaux qui passe de « Belle Endormie » à « Ville Fantôme », sur les trottoirs desquels on tombe à chaque fois que l’on tourne une page du livre.

« La vengeance m’appartient » est une expérience de lecture étrange et déconcertante. Je n’ai rien compris à cet amas de mots pour décrire une situation, un personnage. Le style est ampoulé, compliqué, académique. Je me suis épuisée à compter le nombre de « mais » qui précède chaque phrase d’un long monologue de quatre pages. Celui de l’épouse. Puis presque tout autant pour le nombre de « car » qui précède chaque phrase d’un autre monologue. Celui du mari. Je me suis épuisée à tenter de comprendre pourquoi l’auteure utilisait ces conjonctions si ce n’est pour y introduire, comme le dit la définition,  » une idée contraire, une restriction, une objection » ou encore « une explication, une raison, une cause ». N’eut il pas été plus simple de dire clairement les choses surtout sur un tel sujet ?

Et c’est tout le livre comme ça. Des mots, des phrases, des détours.

Certes l’obscurité des personnages le nécessite. Mais tout de même. Des phrases plus courtes, plus nettes, plus incisives auraient attiré mon attention, mon envie de comprendre pourquoi cette femme a t’elle tué ses trois enfants. J’aurais peut-être eu envie de comprendre le lien entre Me Suzanne, Monsieur Principaux, Maryline, Rudy, Lila…Après réflexion, je me suis aperçue que j’avais compris dès le début.

Alors tout ça pour ça ?

Ne comprenant pas l’engouement pour Marie NDIAYE, j’ai parcouru la presse et lu tous les articles traitant de ses ouvrages J’en ai conçu de la tendresse pour elle et sa démarche relative à la condition humaine. Relative à la famille. Au traitement de l’individu. A la noirceur de l’âme.

J’aurais peut-être du m’approcher de l’auteure puisqu’elle vit tout près de chez moi. Peut-être m’aurait elle éclairée sur son style. Peut-être aurait elle éclairci mes doutes, répondu à mes questions. Mais sa démarche littéraire ne me convient pas. J’ai horreur que l’on joue au chat et à la souris en littérature sous couvert d’une parfaite maîtrise de la langue française.

Et j’en suis triste. Je suis certaine que j’aurai apprécié cette femme. Pour la femme. Pas pour l’auteure.

Désolée.