Jean-Luc AUBARBIER – Un auteur aussi généreux que le terroir dont il est issu.

Un homme est retrouvé assassiné dans sa chambre d’hôtel en Inde. Peu de temps auparavant, il avait envoyé une mystérieuse et inquiétante lettre à Pierre Cavaignac et Marjolaine Karadec, ses amis archéologues  : «  D’effroyables choses se préparent… C’est une question de vie ou de mort.  »

Jean-Luc Aubarbier, libraire, chroniqueur dans un journal Sarladais est un homme de lettres, passionné des mots et des livres. Il met son expérience spirituelle et ésotérique au service de la littérature et en nourrit ses romans. C’est un vrai plaisir que d’avoir échangé avec lui durant ces quelques jours. J’espère que vous apprécierez son portrait tout autant que nous.

Article réalisé avec la complicité de Martial Maury – Auteur

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Bonjour Jean-Luc, pouvez-vous me raconter comment vous êtes venu à l’écriture et ce que vous avez commencé à écrire ?

Comme tout auteur, je suis d’abord un lecteur. Depuis que j’ai 4 ans, je n’ai jamais cessé de lire. J’étais passionné par les mots, les histoires, puis par l’Histoire et les idées, la philosophie. Mais je n’ai réellement pensé à écrire que pendant mes études (une école de commerce et non la fac de lettres). Je me souviens d’une conversation où j’ai pris conscience qu’écrire pouvait être un métier. Puis je suis devenu libraire, à 28 ans. Je n’osais pas attaquer un roman, alors j’ai écrit des guides touristiques.

Faisiez-vous lire à quelqu’un ce que vous écriviez ou écriviez-vous des choses que vous ne montriez à personne ?

Ma sœur Geneviève, avec laquelle je travaillais en librairie, a toujours été ma première lectrice et correctrice. Elle a fait des études de lettres. Pour mon premier roman, écrit en 2000 (à 45 ans), avant de l’envoyer par la poste à 14 éditeurs nationaux, je l’ai fait lire à 30 personnes. Et ça a marché.

Lisiez-vous quand vous étiez enfant et adolescent ? Aviez-vous des auteurs préférés ?

Je dévorais les livres, je lisais tout ce qui me tombait sous la main, et je relisais (je pouvais lire deux romans en une après-midi). J’ai commencé par les Père Castor, puis les Club des Cinq. Si je ne devais citer qu’un seul auteur, ce serait Henri Vernes, le créateur de Bob Morane, 120 romans lus et relus entre 10 et 16 ans. A 102 ans, Henri Vernes est toujours de ce monde, et je le salue bien bas. Il m’a donné le goût des voyages. 

Quelle place la lecture occupait –elle chez vos parents ? Y avait-il des livres, des journaux, des revues ?

Mes parents étaient de grands lecteurs. Ma mère m’a appris à lire quand j’avais 4 ans. Elle veillait à ce que je ne manque jamais de livres et de journaux (je suis un enfant de Pilote, lu entre 9 et 18 ans). Mes parents discutaient entre eux pour savoir ce que je pourrais lire : Pagnol à 10 ans, Proust à 18. A 10 ans, mon père m’a offert Le Grand Cirque, de Pierre Clostermann. J’y ai pris le goût de l’aviation (je suis devenu pilote privé beaucoup plus tard) et de Saint-Exupéry (je n’ai pas commencé par Le Petit Prince, mais par Pilote de guerre, un peu dur à 12 ans).

Avez-vous écrit autre chose que des romans ?

En 1983, libraire débutant, j’ai rencontré le directeur des éditions Ouest-France qui cherchait des ouvrages à publier sur le Périgord. Je lui ai suggéré de faire un guide sur les sites préhistoriques et, au bluff, je me suis proposé pour l’écrire. Il a accepté. Jusqu’en l’an 2000, j’ai écrit pour eux une bonne quinzaine de livres, et je continue, en plus des romans, à rédiger pour eux des ouvrages historiques, car c’est une bonne maison.

Comment  vous est venue l’idée de publier ?

J’étais toujours taraudé par l’idée d’écrire un roman. J’avais un bon sujet, un épisode tout à fait étonnant de la résistance en Périgord, mais je n’étais pas prêt. A 45 ans, j’ai profité du changement de siècle et de millénaire pour me lancer. Il n’y a pas d’école pour apprendre à écrire. Je savais seulement qu’il était très très difficile d’être édité. Alors j’ai pris mon temps pour proposer mon roman, pour le corriger, le retravailler. Sur les 14 éditeurs nationaux qui l’on reçu, 4 m’ont donné une réponse favorable. Les démons de sœur Philomène est sorti en 2003 aux éditions Jean-Claude Lattès.

Est-ce vous qui concevez vos couvertures de livres ?

Non, c’est le rôle de la maison d’édition, tout comme le titre et la 4° de couverture.

Y a-t-il des moments précis où vous écrivez ? Comment écrivez-vous ?

J’écris tous les matins, pendant 3 ou 4 heures. L’après-midi, souvent, je corrige. Mes romans sont écrits plusieurs fois. La première écriture est faite au stylo plume et dans mon lit. J’ai besoin d’un brouillon abominablement raturé. Puis la deuxième écriture est faite sur ordinateur. En général, j’imprime pour corriger (j’ai horreur de lire sur écran). Je vais publier, en septembre 2021, mon quatorzième roman : il s’agit toujours de romans historiques ou de thrillers ésotériques, qui demandent énormément de recherches. Avant de commencer à écrire, je passe plusieurs mois à préparer le travail (plan et recherches). Il me faut entre 9 et 12 mois pour écrire un roman.

Comment vous vient l’idée d’un roman ?

Je pars toujours du réel, d’un fait divers, d’un épisode historique. Je crois que la réalité a plus d’imagination que nous. Depuis mon premier roman, je cherche toujours le fait, le personnage, atypique, qui va surprendre le lecteur. J’aime qu’il trouve incroyable ce qui est vrai, et vrai ce que j’ai inventé. 

De qui vous inspirez-vous pour vos personnages ?

Pour mon premier roman, j’ai eu un problème d’identification. Je connaissais tout de mes personnages, sauf leurs physiques. Alors je me suis servi d’acteurs. Sœur Philomène, c’est Sandrine Bonnaire, son amant prêtre, c’est Depardieu (en soutane dans Sous le soleil de Satan). Je continue à utiliser des acteurs, parfois des amis, de gens que je connais (sans le leur dire, la plupart du temps).

Une dernière question, est-ce que selon vous, l’écrivain a un rôle particulier à jouer dans la société ?

Sûrement pas celui de donneur de leçons ! Je déteste le dogmatisme. Je pense que le romancier, comme le boulanger ou le coiffeur, doit bien faire son métier, donner le meilleur de lui-même. Les métiers artistiques sont à la frontière entre les domaines du sensible et de l’intelligible, l’écrivain est un passeur. Le romancier a tous les droits, sauf d’ennuyer son lecteur. C’est un métier de démiurge (j’adore ça).

Merci Jean-Luc pour ce moment agréable. Nous attendons avec impatience la sortie de votre prochain ouvrage le 23 septembre aux Presses de la Cité !

Mes livres | Jean-Luc Aubarbier | Ecrivain, historien des religions, conférencier, chroniqueur littéraire, libraire.

Jean-Luc Aubarbier (auteur de Le talisman cathare) – Babelio

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