Jean FAILLER – Auteur et homme passionné et passionnant

Alors là mes enfants si on m’avait dit que j’échangerai avec Jean FAILLER, j’en aurais très probablement recraché le café que j’aurais été en train de boire tellement je n’y aurais pas cru. Jean FAILLER le père de Mary LESTER, l’homme qui a créé sa propre maison d’édition « Les Editions du Palémon » c’est pas n’importe qui tout de même. Mon Oncle aime m’offrir des Mary LESTER, comme on l’appelle, alors forcément j’ai eu envie de connaître Jean. D’en savoir plus. Surtout au moment où son 58 ème Mary LESTER sort. J’espère que ce portrait vous plaira et vous en apprendra un peu plus sur Jean. Je remercie les amis de la page FB « Les Fans de Mary Lester » qui furent de merveilleux complices dans cette aventure.

Bonjour Jean, je vous remercie du fond du coeur pour le temps que vous avez passé à répondre à mes questions et pour le plus grand plaisir de vos lecteurs.

Jean, pouvez-vous me raconter comment vous êtes venu à l’écriture et ce que vous avez commencé à écrire ?

J’ai toujours eu une passion pour la lecture, ce qui m’a amené à l’écriture. Des poèmes d’abord, comme tout adolescent qui se respecte, puis du théâtre (qui reste ma forme d’expression préférée – 15 pièces), du roman historique (6 opus), des nouvelles (2 opus), des chroniques et enfin du roman policier (58 titres).

Faisiez-vous lire à quelqu’un ce que vous écriviez ou écriviez-vous des choses que vous ne montriez à personne ?

Je suis assez secret et j’ai fait lire mes écrits à ceux qui pouvaient être intéressés (éditeurs, metteurs en scène).

Jean étiez-vous un grand lecteur, aviez-vous des auteurs préférés ?

Effectivement, j’ai toujours passé mon temps à lire (Dumas, Hugo dès l’enfance) et je connais bon nombre de fables de la Fontaine par cœur.

Quelle place la lecture occupait-elle chez vos parents ? Y avait-il des livres, des journaux, des revues ?

Je suis d’un milieu modeste, mon père était menuisier et ma mère repasseuse. Cependant mes parents et mes grands parents adoraient aussi la lecture.

Comment vous est venue l’idée de publier ?

À force de lire, on ne tombe pas toujours sur le bon livre. Vient un jour où on se dit, « je pourrai carrément faire mieux » (en toute modestie).  On se jette à l’eau et on s’aperçoit vite que, finalement, écrire un bouquin qui se tient n’est pas si facile que ça. Enfin, on arrive au bout et le bouquin étant écrit, on se dit « pourquoi ne pas le publier » et on cherche un éditeur (ce qui n’est pas le plus facile de l’affaire). Et quand il est publié, pourquoi ne pas le vendre ? Ça non plus n’est pas facile quand on n’est pas connu. On se heurte à la quadrature du cercle : pour avoir de chances de toucher son public il faut être connu et, évidemment passer à la télé, c’est le meilleur des tremplins, sauf que pour passer à la télé, il faut être connu. Voyez le problème ! 

Dites-moi Jean, est-ce vous qui concevez vos couvertures de livres ?

Oui, avec ma directrice d’édition. Car, lassé de n’être jamais – ou mal payé par mes premiers éditeurs, j’ai créé ma maison d’Edition pour être sûr de toucher au moins mes droits d’auteur et d’autres écrivains que j’aimais bien m’ont rejoint depuis. Les Editions du Palémon occupent actuellement dix personnes car nous maîtrisons toute la chaîne de production de nos livres, de leur choix et leur fabrication à la commercialisation et la mise en place dans le bac du libraire.

Y a-t-il des moments précis où vous écrivez ?

Il est très difficile, voire impossible, de me faire faire ce que je n’ai pas envie de faire. J’écris quand j’ai envie d’écrire. Quand je n’en ai pas l’envie, je fais autre chose. Je ne suis jamais oisif, ma maison d’édition m’occupe assez bien !

Comment écrivez vous, Jean ?

J’écris tout bêtement sur un ordinateur. J’ai eu la chance d’apprendre à taper à la machine dans ma jeunesse, ce qui fait qu’elle tape aussi vite que je parle. Quelquefois plus vite même !

Comment vous vient l’idée d’un roman ? 

Un fait divers, un lieu : criminogène, esthétique  ou bien les deux. Des personnages pittoresques ou une idée qui vient comme ça, avec le vent de la mer.

De qui vous inspirez vous pour vos personnages ?

De la vie, de la fréquentation des marchés, des halles, des bistrots, des chantiers. De la vie quoi.

Une dernière question, est ce que selon vous l’écrivain a un rôle particulier à jouer dans la société ?

De quel écrivain parle-t-on ? De l’intellectuel, du philosophe, du journaliste qui soulèvent des questions existentielles ou du romancier qui raconte des histoires ? Il va de soi que je n’appartiens pas aux premières catégories. Donc je n’aurais jamais de prix littéraire (ce dont je me fiche bien d’ailleurs). Mais quand une petite dame vient me voir toute timide au cours d’un salon littéraire et  me dit « Merci Monsieur Failler, vous m’avez fait passer un bon moment « alors là, j’ai mon Goncourt. Bien sûr les écrivains ont un rôle important à jouer dans la société. La littérature est multiforme. Tel lecteur aime l’histoire, l’autre la philosophie, la politique, le roman policier. L’éventail est large et tous les lecteurs y trouvent leur compte et la meilleurs publicité d’une petite maison comme la nôtre est faite par les lecteurs satisfaits. Le bouche à oreille, comme on dit, fonctionne très bien.


Quant au rôle du romancier dans la société, je me permettrai de vous narrer une expérience personnelle. J’avais écrit un roman policier qui se passait à Saint Malo « La cité des dogues », dans lequel je décrivais cette superbe cité, en déplorant que derrière la place la plus touristique de Saint-Malo, il y eut une ruelle sordide dans laquelle les restaurateurs entassaient leurs poubelles et les ivrognes allaient vider leur trop plein de bière. En été l’odeur était insoutenable. Le jour de l’inauguration du salon « Etonnants Voyageurs », passe le maire entouré de son aréopage de courtisans. Quand il me voit il perd subitement son beau sourire de notable visitant son fief et fait demi-tour pour éviter mon stand. Mais le lendemain…Le lendemain cette rue qui s’appelle « la venelle aux chiens » était vidée, nettoyée, récurée et désinfectée par les services municipaux. On peut passer la voir, 23 ans après « la venelle chiens » est toujours la rue la plus propre de Saint-Malo. Ce sont les riverains qui furent contents. Voyez, la littérature agit même parfois sur l’hygiène et la santé publique. Je n’en suis pas peu fier.

Jean aime

Mozart, Brassens, Victor Hugo, la Fontaine

Jean n’aime pas

Le Grand Meaulne, Le petit Prince, Proust, le rap, les mobylettes en échappement libre

Editions du Palémon (palemon.fr)