Rencontre avec Fanny CROUY – Auteure

« Pourquoi Fanny « ? allez-vous me demander. Et bien parce qu’avant de découvrir l’Auteure j’ai découvert la Femme à travers ses « Chroniques du temps qui passe ».

Elles sont simples, authentiques, dénuées de souhait d’accroche tapageuse et de mots racoleurs. C’est vraiment un partage. Et c’est ce qui m’a plu….Du coup, j’ai souhaité en savoir davantage sur Fanny. Elle est Auteure, Infirmière, Voyageuse, Femme, Epouse, Maman, Humaine…Voilà. Ca c’est un mot qui me plaît beaucoup. Humaine. Et puis tout comme moi, elle ne mange ni veau, ni agneau alors forcément ça rapproche:). Plus sérieusement, j’ai vraiment découvert une Femme Formidable que je vous laisse, vous aussi, découvrir à travers un joli portrait.

« Après des études à Sciences Po Lyon et un court passage en Angleterre, Fanny CROUY émigre avec son mari à Montréal en 2000. Là-bas, elle découvre le yoga puis reprend ses études pour devenir infirmière, tout en élevant ses 3 enfants. Dès 2007, elle apprend la voile sur les grands lacs canadiens et se lance dans un tour de l’Atlantique en famille sur un catamaran qui durera 18 mois. De cette expérience naît un guide de voyage à l’usage des femmes qui osent le grand défi de la voile : Femme(s) à la mer. De retour en France en 2013, elle devient infirmière en entreprise puis se forme au shiatsu et à l’hypnose pour ouvrir son cabinet. Du côté de St Étienne, dans la Loire où elle réside désormais, Fanny Crouy continue avec bonheur ses activités artistiques autour de l’écriture, de la photographie et de la peinture ».

Pouvez-vous me raconter comment vous êtes venue à l’écriture et ce que vous avez commencé à écrire ?

J’écris depuis l’âge de 10 ans. J’ai toujours adoré lire et raconter des histoires.

J’ai écrit une nouvelle à l’âge de 15 ans qui retrace un voyage vers les camps de la mort, à une époque où je me passionnais pour cette période sombre de l’histoire.

J’ai toujours trouvé dans l’écriture une liberté incroyable que je n’ai pas retrouvé dans d’autres domaines.

J’ai réellement pris au sérieux mon besoin d’écrire en arrivant au Québec : je suis tombée sur le bouquin de Julia Cameron qui m’a permis de démarrer un projet de roman. J’ai écrit durant plusieurs mois, et j’ai décidé de boucler l’histoire en louant un chalet près du lac Memphrémagog (au Québec) durant 2 semaines. Et finalement, j’ai réécrit tout le roman pendant ce laps de temps !

Ensuite, j’ai commencé à écrire sur la mort, car je me destinais à devenir infirmière. Pour moi, il n’était pas possible d’avoir ce projet si j’avais peur de la mort. J’ai donc fait du bénévolat en soins palliatifs, et j’ai commencé à écrire sur ma vision de la mort. Quelques semaines plus tard, j’ai appris que ma belle-sœur allait décéder rapidement d’une maladie grave : le livre m’a permis de passer au travers de ce deuil…

Lors de notre voyage en bateau, j’ai eu aussi envie de partager mon expérience, en tant que femme de marin. Il s’agit d’un monde presque exclusivement masculin, et toutes les familles rencontrées lors de notre voyage étaient constituées de ces hommes volontaires avec un projet de voile et qui avaient finalement convaincu leur moitié de se joindre au projet. Mais la chose n’est pas simple, surtout quand on ne sait pas à quoi s’attendre : mon livre, Femmes à la mer (2016, éd Ancre de Marine) était donc un peu un guide pour répondre à leurs questions et aider à préparer le projet.

Faisiez-vous lire à quelqu’un ce que vous écriviez ou écriviez-vous des choses que vous ne montriez à personne ?

J’ai tenté de montrer mes écrits à mon mari, mais les retours me laissaient frustrée et avec un sentiment d’inadéquation avec ce que j’attendais : j’ai donc arrêté. J’ai longtemps écrit sans lecteurs, puis j’ai débuté l’écriture de mon blog en 2009, et j’ai commencé à être lue davantage. Depuis mon retour en France, en 2013, j’ai une lectrice attitrée J Ma tante se charge de lire ce que j’écris et me fait toujours des retours constructifs et riches. Je peux aussi à l’occasion montrer mes écrits à des amis ou des personnes qui font partie de ma cible de lecteurs. Exemple tout frais : je vais sortir à la fin de l’année un livre de développement personnel sur les rêves à réaliser pour soi, et je pioche à l’occasion quelques rêveurs novices pour tester mes idées !

Lisiez-vous quand vous étiez enfant et adolescente ? Aviez-vous des auteurs préférés ?

Je me souviens surtout de l’impatience que j’avais à apprendre à lire, la veille de ma rentrée au CP… Et puis très vite, les livres ont fait partie de mon paysage. Ado, je dévorais tout ce que je trouvais… Je suis une fan inconditionnelle de Jane Austen, qui a brossé des portraits intemporels du genre humain dans ses livres, avec un humour subtil qui m’épate chaque fois que je relis ses livres. Les bouquins de John Irving, pas toujours faciles à commencer, sont aussi très profonds et puissants, notamment Une prière pour Owen, qui m’a beaucoup marquée sur le thème du destin. J’adore Pennac, et ses personnages, son humour, sa plume intelligente et poétique… Et puis les livres d’Ito Ogawa, au rythme lent et si rafraichissant…

Quelle place la lecture occupait-elle chez vos parents ? Y avait-il des livres, des journaux, des revues ?

J’ai un père qui lit plusieurs livres par semaines (parfois par jour…) alors les bouquins, c’est un peu un membre de la famille à part entière dans notre maison ! Il y a donc toujours eu chez mes parents journaux, revues, livres d’art, de poésie, intellectuels, BD, romans, etc…

Avez-vous écrit autre chose que des romans ?

J’ai en effet écrit (mais pas encore publié) un récit sur la mort, un guide de voyage pour les femmes dont les maris veulent partir faire un tour du monde en bateau, et un livre de développement personnel.

Comment vous est venue l’idée de publier ?

Ecrire pour soi, je le fais avec mon journal depuis 20 ans. C’est un exercice thérapeutique épatant, mais il est pour moi très important de partager l’écriture : pour les idées, les émotions, les ressentis… J’aime l’idée qu’on peut toucher quelqu’un à l’autre bout du monde avec ses écrits. Donc la publication s’est imposée d’elle-même après la rédaction de mon premier roman. Mais j’avoue que les démarches en vue de la publication ne sont pas mon fort…

Est-ce vous qui concevez vos couvertures de livres ?

Nope ! C’est l’avantage d’avoir une maison d’édition : ils gèrent ce genre de chose beaucoup mieux que je ne le ferais moi même ! Ceci dit, j’ai publié en auto-édition chez Librinova, et à deux reprises, j’ai des amies artistes qui ont eu la gentillesse de me faire des couvertures magnifiques !

Y a-t-il des moments précis où vous écrivez ?

Hors confinement ? Mon trip total, ce sont les cafés ! De préférence bruyants, avec beaucoup de mouvement autour et de l’activité… Un bon café latte par-dessus, mes écouteurs avec la musique adaptée à ce que j’écris, et c’est parti !

En période de confinement, j’ai dû adapter ma routine. Je me lève tous les matins à 6h pour écrire mon journal, et j’écris un ou deux paragraphes après dans mon manuscrit avant d’embrayer sur la méditation.

Comment écrivez vous ?

Avec bonheur  !

Sinon, c’est l’ordi pour le manuscrit, je tape au kilomètre 😉 Et sinon, j’adore écrire à la main mes idées pour le plan, les personnages, avoir toujours un calepin prêt pour noter mes inspirations subites…

Comment vous vient l’idée d’un roman ?

C’est la partie la plus rigolote ! J’ai à chaque fois une image qui s’impose à moi. Je pars de là pour essayer de trouver l’histoire que l’image raconte. J’ai essayé de faire des plans, mais cela ne me semble pas cohérent avec mon fonctionnement. Je pars en effet du principe que les personnages doivent être libres d’agir et d’évoluer, et que mon travail consiste à les écouter. Je ne peux donc pas anticiper comment ils vont s’adapter aux situations que je propose. Je suis donc le fil de l’histoire et me laisse porter. Quitte à me retrouver dans des situations impossibles parfois, où je ne sais plus comment me dépatouiller de la scène que j’ai créée ! Il m’arrive alors de demander de l’aide à mes enfants ou à ma tante (qui est ma lectrice préférée) pour donner un coup de main à mes personnages.

Donc l’intuition est mon guide, et je pars du principe que, moins je réalise un plan strict, meilleure sera l’histoire.

De qui vous inspirez vous pour vos personnages ?

Mon imagination ! Je sais que certains auteurs aiment bien utiliser des personnes réelles dans leurs histoires, mais ce n’est pas ainsi que je fonctionne. En réalité, j’imagine que je suis dans un peu tous mes personnages. J’ai fait une exception dans un de mes romans, où j’ai taillé un costard à quelqu’un en lui collant un personnage de méchant, et il est très crédible dans le rôle j’avoue.

Une dernière question, est ce que selon vous l’écrivain a un rôle particulier à jouer dans la société ?

L’écrivain, c’est une voix qui s’élève, c’est un point de vue personnel, un imaginaire en marche, une façon de voir la vie qui se partage… Le rôle qu’il peut jouer est celui de réveilleur, d’attiseur d’idées, de concepteur de rêves…

Le questionnaire façon Amélie Poulain

Fanny aime

Les gens

Écrire mon journal avec une tasse de thé vert du Japon le matin quand tout le monde dort

Marcher tous les jours de l’année par tous les temps

Mes enfants

Les arbres

L’auteur n’aime pas

Manger du veau et de l’agneau

Marcher sur un râteau (ça fait mal !)

Les démarches administratives

La télévision

L’odeur du diesel

Si vous souhaitez suivre les chroniques de Fanny c’est par ici :

La philosophie du non agir | Fanny Crouy

Le livre de Fanny est paru aux Editions du Loir

Les Éditions du Loir | Facebook

Vous pourrez également lire la jolie interview de nos amis de La Petite Bulle Littéraire

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