Rencontre avec Elsa ROCH – Auteure

Paris, veille de Noël, de nos jours. Comme tous les soirs ou presque, le commissaire Amaury Marsac va s’asseoir sur un banc dans le square du Vert-Galant, sa soupape pour chasser les horreurs du métier avant de rentrer chez lui. Mais cette nuit-là, son refuge a été gagné par le Mal : dans une poubelle du jardin public gît un cadavre au ventre ouvert, rempli de mort-aux-rats.

Paris, mars 1995. Alex a 15 ans, il a fui l’appartement familial et est à la rue. Mais il résiste au désespoir, car dès que possible il va partir, il va la retrouver, il n’y a qu’Elle qui compte désormais dans sa vie. Et ensemble, ils surmonteront tout.

Lorsque les chemins de Marsac et d’Alex convergent, chacun se méprend en pensant avoir connu le pire…

Une bouleversante variation sur les enfances brisées, mais aussi la puissance de la fraternité et la beauté cruelle de la vengeance.

Il est des auteures dont on se dit que décidément elles sont merveilleuses. Elsa en est. Quelques échanges brefs mais très sympathiques, une envie de se connaître mutuellement (elle mon blog et moi ses livres) et nous voici à faire l’interview rituelle. Je la remercie…comment dit on déjà ? Mille fois ? Des centaines de milliers de fois ? Allez, faisons simple je la remercie du fond du cœur pour ce portrait et pour le plaisir qu’elle fait aux lecteurs du blog.

Elsa, je te souhaite une belle continuation et un joli succès pour ce livre que j’ai vraiment beaucoup aimé !

ITW D’ELSA

Pouvez-vous me raconter comment vous êtes venue à l’écriture et ce que vous avez commencé à écrire ?

Je suis venue très tôt à l’écriture, encore enfant, par le biais de petits poèmes que j’écrivais, dans un journal intime… Comme beaucoup de petites filles ! Et cette passion ne m’a jamais quittée.

Faisiez-vous lire à quelqu’un ce que vous écriviez ou écriviez-vous des choses que vous ne montriez à personne ?

Cette poésie n’était destinée à personne, mais je me souviens toutefois, un jour, en primaire, avoir osé demander l’avis d’un professeur de français, que j’aimais beaucoup, sur l’un de mes poèmes. Je me souviens aussi de l’attente de sa réaction, le cœur battant ! C’était le début de l’inquiétude liée à mes textes, qui ne me quittera jamais non plus.

Lisiez-vous quand vous étiez enfant et adolescente ? Aviez-vous des auteurs préférés ?

Oui, je passais beaucoup de temps à lire, avec une prédilection pour la bibliothèque rose, puis la verte, avant de passer aux classiques, avec l’ogre Hugo que j’ai dévoré, et nombre d’auteurs du XIXe. Et mon cercle n’a cessé de s’agrandir.

Quelle place la lecture occupait-elle chez vos parents ? Y avait-il des livres, des journaux, des revues ?

Les deux lisaient beaucoup, les bibliothèques de la maison étaient pleines, de livres, de revues, de journaux. Je n’avais qu’à piocher, et j’ai bien conscience maintenant que ma situation était privilégiée puisque tout était à disposition.

Avez-vous écrit autre chose que des romans ?

Hormis ces poèmes dont nous parlions, et une nouvelle, non.

Comment vous est venue l’idée de publier ?

Lorsque j’ai eu envie de partager ce que j’écrivais, lorsqu’écrire ne fut plus un acte destiné à moi-même, mais aux autres. Cette idée m’est venue tard : j’étais très réservée, et encore davantage concernant mes écrits. Il a fallu beaucoup de courage pour franchir le pas et envoyer mon premier manuscrit !

Est-ce vous qui concevez vos couvertures de livres ?

Non, je me contente de faire part à mon éditrice des grandes lignes dont j’ai envie, comme l’ambiance ou les couleurs, et des graphistes, dont c’est le métier, entrent alors en piste.

Y a-t-il des moments précis où vous écrivez ?

Depuis quelques temps, j’ai cette chance-là, je travaille sur mes romans huit heures par jour.

Comment écrivez-vous ?

Je m’installe de préférence à mon bureau, dans le calme. Mais je peux écrire partout, tout dépend de ce que les circonstances exigent.

Comment vous vient l’idée d’un roman ?

Elle s’impose, à chaque fois, comme une nécessité. C’est très étrange. Pour « Ce qui se dit la nuit« , j’avais envie d’explorer le malheur qui peut être engendré par les rumeurs, au sein d’un petit village perdu. Pour « Oublier nos promesses« , c’est la question du traumatisme et des violences faites aux femmes qui m’a guidée. Pour « Le Baiser de l’ogre« , tout est parti d’une enfant autiste dont je me suis longtemps occupée : je m’étais promis de lui rendre hommage, un jour, dans un roman ; à elle et à la « différence ». Quant à « La fureur des mal-aimés« , j’avais depuis toujours le projet de m’intéresser à l’enfance bousculée. Et Raphaël et Nastassja sont nés. Finalement, je ne peux écrire sans être emportée par mon sujet et mes personnages, ce qui nous ramène à la notion, viscérale, de « nécessité ».  

De qui vous inspirez vous pour vos personnages ?

De personne en particulier, sauf pour la petite, Liv, du « Baiser de l’ogre« , fortement inspirée par la fillette autiste dont je m’occupais, adolescente. Les autres personnages sont issus de ma seule imagination, nourrie de mon vécu, notamment de psy, personne ne saurait le nier. 

Une dernière question, est ce que selon vous l’écrivain a un rôle particulier à jouer dans la société ?

Le premier est peut-être celui de donner envie de lire. Et lire, lorsque cet acte s’accompagne de plaisir, ouvre toutes les portes, dont celles qui mènent à autrui, aux différences. Si l’écrivain a un rôle, c’est sans doute celui-ci : pousser les murs, et ouvrir des fenêtres sur le monde.

Le questionnaire façon Amélie Poulain

Elsa aime

J’aime être emportée par une lecture, écrire, partager de bons moments en famille ou entre amis, apprendre, découvrir et voyager, cuisiner pour ceux que j’aime… Les choses simples de la vie.

Elsa n’aime pas

Comme chacun, je n’aime pas l’injustice, la mauvaise foi, la duplicité, la manipulation, etc. Et on peut y ajouter les destins joués d’avance.

LE BAISER DE L’OGRE, Elsa Roch – Calmann-Lévy, sortie le 9 octobre 2019

OUBLIER NOS PROMESSES, Elsa Roch – Calmann-Lévy, sortie le 7 février 2018

Mon amie Aude Lagandré a fait une chronique remarquable de La Fureur des Mal-Aimés et avec son accord, je la partage ici. Ce sera une belle occasion pour vous de vous donner envie de lire ce dernier roman d’Elsa et de découvrir Aude et son blog

LA FUREUR DES MAL-AIMÉS, Elsa Roch – Calmann-Lévy, sortie le 12 mai 2021. | Aude Bouquine (aude-bouquine.com)