Lettre à Marthe, 12 août 2018

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Chère Marthe, un vent mauvais s’est levé en fin d’après-midi. Votre Albizia en a perdu ses fleurs.

J’ai décroché le linge en vitesse, cheveux au vent, et jupe qui claquait sur les cuisses.

Si François avait été là, il aurait souri de ce sourire gourmand que vous aimiez.

Mais François est parti on ne sait où, ni avec qui. Il rentrera sûrement à l’aube, les yeux chargés de tristesse. Et de regrets aussi.

Les hommes n’expriment pas, ou peu, leur tristesse. Ils la boivent goulûment. Ils la boivent beaucoup, sans savoir qu’ils boivent. Ils pensent juste oublier. Ce n’est qu’après qu’ils savent. Qu’ils se souviennent. Penauds parfois, ivres souvent, ils se glissent dans le lit espérant faire le moins de bruit possible, et se blotissent dans les bras de l’être qui les aiment à défaut d’être aimé.

François, lui, ne se blottit nulle part. Il dort dans son estafette qu’il ne quitte qu’à l’aube pour franchir le seuil de la cuisine et boire un café la barbe naissante et les yeux dans le vague.

Si ses yeux sont bleus, la journée sera bonne. S’ils sont gris…

Margaux Gilquin
Lettres à Marthe
Août 2018

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Les écrivains se meurent (et sont en colère)

Merci Virginie pour cet article.

Petites chroniques d'une candide

CAVALauteurs

Les écrivains n’ont pas une vocation au martyr ni au bénévolat, je disais il y a peu…

Écrire, n’en déplaise à certains, est un métier et pour s’y colleter mieux vaut être bosseur, endurant et tenace, limite fox ou rottweiler. Un peu funambule aussi, et par là je n’entends pas le gars lunaire qui rêvasse sur son cordon, je pense plutôt à l’acharné qui compte chaque pas et ne regarde jamais en bas.

En bas c’est la retraite, la maladie qui vous casse, des commandes qui ne viendraient plus, un bide, un éditeur qui s’en fout, et un tas d’autres vertiges selon l’auteur qu’on est… Parce que bien sûr, il n’y a pas de profil type.

Écrire n’est pas davantage un privilège qui mériterait qu’on nous colle au pain sec pour équilibrer notre sacrée veine de petits chanceux publiés!

Ce n’est pas juste une ligne sur un CV ou un…

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Zélie Jumel, la nouvelle conteuse….

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Zélie fut ma première chroniqueuse, elle sera mon dernier portrait. Alors forcément, je suis un peu émue là tout de suite.

Où ai-je rencontré Zélie ? Ni elle, ni moi ne nous en souvenons. Nous avons eu beau passer deux soirées ensemble tout récemment, parcourir le Salon du Livre, nous faire photographier sous tous les plans, rire, soupirer : la mémoire nous fait défaut.

Nous savons que nous nous connaissons, et nous nous apprécions depuis plusieurs années. Nous nous suivons mutuellement, nous nous soutenons toujours et je suis heureuse d’avoir été la première à qui elle a dédicacé ce joli Conte d’Ocitarina.

Je vous laisse découvrir qui se cache derrière la jolie Zélie au sourire énigmatique et surtout, surtout, lisez son joli conte !

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Bonjour Zélie, peux-tu me raconter comment tu es venue à l’écriture et ce que tu as commencé à écrire ?

J’ai un peu écrit lorsque j’étais enfant. Je me souviens d’un texte inspiré des templiers dont l’action se déroulait en Corse (alors que je n’y suis jamais allée). Je suis revenue récemment à l’écriture avec mes deux mémoires de recherche et mon blog. Je passe mon temps à écrire alors ma vitesse de frappe augmente. J’en suis arrivée à l’écriture en elle-même, il y a trois ans à peu près. J’ai cherché des concours de nouvelles pour me lancer. J’ai écrit des poèmes sur des sites. J’ai bafouillé un peu puis j’ai eu la chance d’être publiée une première fois et hop, j’ai continué !

Tu faisais lire à quelqu’un ce que tu écrivais ou écrivais-tu des choses que tu ne montrais à personne ?

Quelques poèmes ou nouvelles sont sur des sites donc ils sont à la vue de tous. Pour la nouvelle publiée et le roman jeunesse, il n’y a eu que des bêta-lecteurs de choc.

Zélie, lisais-tu quand tu étais enfant et adolescente ?

Je lisais beaucoup, beaucoup. J’ai lu toute la bibliothèque rose, ver et jaune et or. J’ai adoré ! J’ai continué avec les lectures du collège, notamment les trois mousquetaires en 4e, puis Harry Potter. J.K. Rowling a inspiré un grand nombre de personnes de ma génération quand on regarde bien. C’est elle qui m’a donné envie d’écrire.

Avais-tu des auteurs préférés ?

Alexandre Dumas, J.K. Rowling, Mireille Lesage, Victor Dixen, Lucinda Riley, mais aussi beaucoup d’auteurs autoédités comme Sonia Dagotor et toi.

As-tu écris autre chose que des romans ?

J’ai écrit une nouvelle qui a été publiée dans le recueil tel le Phénix, Mouvements de l’esprit. J’aime écrire des nouvelles et participer à des concours. J’ai aussi écrit quelques poèmes.

Comment t’est venue l’idée de publier ?

Pour le roman jeunesse, je répondais à un appel à textes. Après avoir reçu une réponse négative, j’ai eu envie de faire quelque chose de ce texte qui était prêt. J’ai donc décidé de l’envoyer à d’autres maisons d’édition. Et j’ai eu une réponse positive ! Que de joie ce jour-là !

Est-ce toi qui conçois tes couvertures de livres ?

Pour Tel le Phénix, c’était une couverture basique. Pour Conte d’Ocitarina, c’est mon illustrateur, Corentin Lecorsier qui l’a réalisé.

Peux-tu  me parler, en quelques mots, de chacun des livres que tu as   publiés ?

Tel le Phénix : Mouvements de l’esprit publié chez Souffle court Éditions : c’est une nouvelle un peu particulière dans le domaine de la musique. Je n’y connais rien, mais heureusement j’étais dans un collège avec de bons musiciens, sinon j’aurais eu du mal, un grand merci à eux.

Conte d’Ocitarina : mon premier roman jeunesse publié chez Evidence Éditions, est adapté pour les lecteurs dyslexiques. C’est un conte avec les codes du conte et de très belles illustrations de Corentin.

As-tu déjà eu l’occasion d’être invitée en tant qu’écrivain à l’étranger ?

Non, mais j’aimerais bien…

Quelle place la lecture occupait-elle chez tes parents ? Y avait-il des livres, des journaux, des revues ?

Ma mère lit énormément, elle adore le policier par exemple mais lit également tout ce qui lui tombe sous la main ou que je lui ramène. Elle a gardé tous ses livres alors j’ai pu piocher dedans et découvrir de véritables pépites.

Y a-t-il des moments précis où tu écris ?

En général, j’écris pendant les vacances scolaires, quand mon esprit est un peu relâché de la pression de mon métier : professeur. Ma période préférée reste celle de l’été, car elle est la plus longue et me permet d’écrire, mais aussi de corriger et d’améliorer.

Comment écris-tu ?

J’écris quasiment exclusivement sur mon PC, je trouve que c’est tellement plus pratique pour pouvoir modifier tout de suite, voir ce que cela donne tel ou tel mot, telle ou telle expression, avoir son texte amélioré au fur et à mesure. J’adore !

Comment te vient l’idée d’un roman ?

Comme souvent je réponds à un appel à textes, je me laisse porter par l’écriture. Je me rends compte ensuite que j’inclus beaucoup de choses que je connais, que j’ai croisé ou que j’ai lu.

De qui t’inspires-tu  pour vos personnages ?

D’un peu de chacun !

Une dernière question, est-ce que selon toi l’écrivain a un rôle particulier à jouer dans la société ?

Oui, il a un rôle à jouer. Il peut dénoncer certains faits de manière subtile, parler de sujets difficiles et faire comprendre aux lecteurs certaines choses de manière très douce.

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Le questionnaire façon Amélie Poulain

Zélie aime

  • La forêt noire (le gâteau)
  • L’odeur des vieux livres (et des neufs)
  • Se promener dans la campagne au hasard
  • L’Histoire
  • La Picardie

Zélie n’aime pas

  • L’hypocrisie
  • Le soleil dans les yeux
  • Les gens sans avis ou qui en changent trop souvent
  • Le froid (en ce moment, on est gâté)
  • Les légumes coupés en lamelles

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https://www.facebook.com/zelie.jumel?ref=br_rs

https://zeliejumel.fr/

https://www.babelio.com/livres/Jumel-Conte-dOcitarina/1029746

https://www.livraddict.com/biblio/livre/conte-d-ocitarina.html

Apprendre à danser sous la pluie de Margaux Gilquin

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Une très jolie découverte que ce roman, une bouffée de bonheur, à prendre à n’importe quel moment. L’auteure a une très jolie plume, très poétique, pleine de jolis sentiments.

Des personnages attachants qui ont souffert mais pour qui la vie doit continuer, vous les rencontrerez tous avec le plus grand plaisir, vous ressortirez de ce roman avec du baume au coeur.

Le personnage principal , tente de se ressourcer dans le Lot-et-Garonne chez sa tante Marthe, une femme forte et pleine de sagesse, telle que chacun d’entre nous souhaiterait en croiser le chemin. Elle apporte au roman des retours dans le passé et donc des passages historiques que j’affectionne particulièrement.

Vous comprenez donc que je n’ai trouvé que des points positifs à ce roman, je suis ravie d’avoir eu l’occasion de le découvrir et fière de pouvoir dire à l’auteure Margaux Gilquin que j’ai senti qu’elle avait investi…

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Apprendre à Danser sous la pluie, au fil des jours…

Margaux Gilquin : un premier roman très attendu

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Margaux Gilquin est une senior semblable à des milliers d’autres qui recherchent un emploi. Enfin, « semblable »… Pas vraiment. Un soir, après un énième refus, elle décide de coucher sa colère sur papier. En 15 jours, naîtra « Le Dernier Salaire » dans lequel elle décrit son quotidien au travers d’anecdotes, parfois drôles, toujours bien vues.

Ce cri retrace le combat d’une quinquagénaire qui se heurte de plein fouet à la réalité 2.0 du monde du travail. Mais ce livre est également porteur d’espoir et nous fait découvrir toute une galerie de personnages auxquels on s’attache immédiatement.

L’écriture à la fois incisive, rapide et pleine de trouvailles littéraires de Margaux nous emporte à ses côtés, nous faisant espérer une suite…

« Le Dernier Salaire », tout d’abord sorti en auto-édition, est très vite remarqué par les prestigieuses Editions XO qui décident de l’éditer à leur tour.

A partir de là, tout va s’enchaîner pour Margaux. Télévisions : journal télévisé de David Pujadas, 1001 vies avec Sophie Davant, Dans les yeux d’Olivier où elle livre un bouleversant témoignage, FR3 Aquitaine avec Christophe Zirnhelt et Bob Garcia, Grand Soir 3 où elle est reçue trois fois, Arte, LCI, pour ne citer que ces chaînes, et plusieurs radios dont RTL avec Vincent Parizot, Sud Radio avec Isabelle Brès, France Bleue, RCI, RCF, et beaucoup d’autres.

La presse relaie Le Dernier Salaire qui est primé par Le Prix du Toit Citoyen « Meilleur ouvrage sur le Monde du travail », 2017. Prix remis par deux Ministres après délibération au prestigieux Procope. Le Dernier Salaire est également sélectionné pour le prix le Pélerin, 2017.

Le Dernier Salaire, c’est le point de départ du nouveau roman d’autofiction de Margaux Gilquin « Apprendre à danser sous la pluie » où celle-ci nous conte ses aventures médiatiques, ses rencontres improbables et ses combats, sans jamais oublier ses personnages qui se livrent un peu plus, pour notre plus grand plaisir.

Vous pouvez retrouver toute l’actualité de Margaux Gilquin sur sa page Facebook : https://www.facebook.com  et sur son blog où elle partage avec nous ses coups de coeur – littéraires: https://mgchroniques.wordpress.com/qui-suis-je/.

La play list qui a accompagné l’écriture d’Apprendre à Danser sous la Pluie » est sur You Tube….

 

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Jeunes auteurs non édités, ces conseils que vous demandez ….

Plusieurs jeunes auteurs parmi vous m’ont demandé comment j’avais fait pour être éditée par une grande maison d’édition, comment j’avais géré cette expérience et ce que j’en avais retiré.

En bref, vous me  demandez des conseils parce que vous caressez vous aussi l’espoir de vivre cette aventure unique et inoubliable.

Je me suis longtemps interrogée sur la réponse que je pourrais vous adresser.

Quelle serait ma légitimité à faire cela ? Qui suis-je pour prétendre donner des conseils à de jeunes auteurs qui rêvent d’édition ?

Tout d’abord, je ne suis pas écrivain. Je suis « auteure de passage ». J’aime l’écriture mais je ne ferai jamais de best-seller, je n’ai pas le talent pour ça.

Alors comment vous donner des conseils, moi qui n’ai écrit qu’un livre ?

J’ai eu de la chance qu’une maison d’édition aime mon livre au point de l’éditer.

J’en suis consciente et j’ai ouvert grands les yeux pour ne rien louper de l’incroyable aventure qui m’arrivait.

Pour autant, ce n’est pas parce que j’ai une revue de presse importante, plus de 40 interviews, qu’ils s’ agissent de plateaux télés, d’émissions radios, de presse, et que j’ai gardé des contacts avec des journalistes  que cela fait de moi une spécialiste des relations presse. Il faut garder beaucoup d’humilité et veiller à rester simple. Avoir une « expérience » ne signifie pas être « professionnel».

Chaque interview est différente en fonction de l’interlocuteur, du journal, de la chaîne, de l’actualité, de la tendance. Et seule une attachée de presse qualifiée, habituée, sait accompagner sur cet aspect-là.

Ma petite expérience m’a conduit à rencontrer des auteurs, à sympathiser avec certains, et à devenir amie avec d’autres. Ces rencontres m’ont donné l’idée de créer un blog et de partager leurs portraits et actualité. Là encore, il faut rester humble et ne pas se la raconter.

Echanger une heure avec Guillaume Musso est bluffant, mais ne fait pas de moi un être exceptionnel.

Avoir un article sur mon livre signé Grégoire Delacourt est agréable, mais ne fait pas de moi quelqu’un de particulier.

Prendre un verre avec Marc Lévy lors d’un hang-out et correspondre par mail avec lui est incroyable, mais ne fait pas de moi quelqu’un de différent.

Interviewer Cyril Massoroto, entre deux crises de fous rires, rend le moment  sympathique, mais ne fait pas de moi sa grande sœur ou sa meilleure amie.

Ecrire et demander conseil à Virginie Jouannet est merveilleux et je fais tout pour garder cette amitié profonde et sincère.

Parler de l’angoisse de la page blanche à Valérie Tong est rassurant.

Echanger avec Agnès Ledig est émouvant.

Parler les yeux dans les yeux avec Baptiste Beaulieu est inoubliable.

Prendre le thé  plusieurs fois avec Janine Boissard est un rêve éveillé.

Avoir une panoplie de dédicaces, ne veut pas dire que je suis copine avec tous les auteurs. Etre lue et félicitée par un romancier célèbre est agréable mais ne fait pas de moi une privilégiée.

Je m’arrête là et m’excuse auprès de ceux que je n’ai pas cités mais dont les portraits sont sur mon blog.

Vous allez vous demander ce qui me prend à vous raconter tout ceci en détail, moi qui prétend être simple et ne pas me la ramener. Oui, je suis simple, oui je le reste et jamais je ne parle de ce que j’ai vécu grâce à cette édition. Pourquoi ? Par pudeur. Par politesse. Parce que je ne supporte pas les gens qui se prennent pour ce qu’ils ne sont pas.

Mais force est de constater que depuis quelque temps, il y a un vent bizarre qui souffle. Je lis, ici et là, des choses complètement dingues. Je vois des gens qui se la racontent, qui se croient arrivés et qui distillent leurs conseils comme de l’eau bénite parce qu’ils ont édité un livre. Stop. Il faut arrêter avec ça. Faire une télé, une radio, des interviews presse ne signifie pas « maîtriser » le métier. Et encore moins réussir auprès d’un jeune auteur ce que l’on est peut-être pas capable de réussir une autre fois.

Ce que je veux dire à travers ce papier, c’est que s’improviser spécialiste,  me paraît d’une incorrection tout à fait incroyable et d’un affront terrible aux gens du métier : je pense aux des attachées de presse, aux éditeurs et aux accompagnateurs littéraires et correcteurs.

Pour en revenir à vos questions, ce que je veux surtout dire aux jeunes auteurs, c’est que ce que j’ai fait, ils peuvent le faire car tous les auteurs passent par la même case.

Il vous suffit de croire en VOUS.  Et de savoir discerner les professionnels des amateurs. Entourez vous de bonnes personnes. Rapprochez vous des indépendants qui vous donneront des conseils. Et continuez à écrire aux maisons d’éditions en ciblant leur ligne éditoriale.

Alors vous donner des conseils, je ne sais pas. Vous raconter mon expérience, je veux bien.

Margaux Gilquin

 

Bienvenue sur mon blog

 

Je vous souhaite bienvenue sur mon blog

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Je ne suis pas chroniqueuse et encore moins critique. J’aime les gens, l’amitié, la culture sous toutes ses formes. Je réalise simplement des interviews qui permettent à chacun de se raconter.

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