Clelia Ventura – « Attends moi mon amour » de Clélia et Léon Ventura

Paris, été 1936. Lino a seize ans et se destine à devenir champion de lutte. Lorsque ce jeune immigré italien aperçoit pour la première fois la belle Odette, fille de la petite bourgeoisie française, c’est le coup de foudre. La famille de la jeune fille voit d’un mauvais oeil cette relation, mais rien ne l’empêchera, pas même la guerre qui les poussera à se marier aux heures sombres de l’Occupation. Malheureusement pour les jeunes époux, Lino, resté italien, est contraint de rejoindre son pays natal pour y effectuer son service obligatoire. La séparation est, pour les deux amoureux, synonyme d’une désespérante absurdité. Romanesque et passionnant, Attends-moi mon amour, roman vrai de la jeunesse de Lino Ventura, nous donne à voir une époque troublée par l’escalade de la guerre, et un homme qui se rend maître de son destin, par amour.

Bonjour Clélia. Quelle émotion de te recevoir sur mon blog. Je te remercie d’avoir pris le temps, en pleine promo de « Attends moi mon Amour », de répondre à mes questions. Nous avons souvent échangé toutes les deux. Quand je t’ai eue au téléphone la dernière fois, j’ai été bouleversée pour tellement de raisons. Pas parce-que tu es la fille de. Tu sais très bien que ce n’est pas ce qui m’attire chez toi. Je vais pas te dire que je m’en fiche, mais quand toi et moi on parle de ton père, on parle de ton père. Pas de Lino Ventura. Nous échangeons comme deux gamines sur nos pères. Ce qui m’attire chez toi c’est la petite fille, la jeune fille, la jeune femme, la femme. Nous avons le même âge. Nous parlons la même langue. Avons connu, toutes les deux, des chagrins d’enfance. Des chagrins étouffés que nous tentons, je dis bien nous tentons, de jeter sur le papier afin qu’ils s’enfuient. Mais ils restent là, bien ancrés au fond de nous, nichés bien au chaud. Clélia, aujourd’hui c’est de toi dont je veux parler. Toi à qui trop souvent on fait la remarque que tu es la fille de. Moi je veux parler de ma copine Clélia. De l’auteure. Alors ce moment ma Clélia : il est pour toi. Raconte nous qui tu es ma Clélia. Plus tard je ferai la chronique de votre livre à toi et Léon. Mais plus tard.

Dis moi un peu Clélia, peux-tu me raconter comment tu es venue à l’écriture et ce que tu as commencé à écrire ?

Petite j’ai été confrontée à un gros problème de dyslexie et l’apprentissage de la lecture et de l’écriture fut pour moi un véritable calvaire. En revanche j’adorais utiliser ma plume pour dessiner. Puis un jour, je suis tombée sur un ouvrage de Vasarely en furetant dans la bibliothèque de mon père. Ce fut comme un électrochoc : je savais désormais ce que je voulais faire : je voulais devenir Artiste-Peintre ! C’est tout naturellement que je me suis prise à rêver des Beaux-Arts…Seulement il y a la réalité et les bonnes sœurs chez qui mes parents m’avait mise, et qui ne voyaient pas d’un très bon œil cette « artiste en herbe » qui passait plus de temps à remplir ses cahiers de dessins plutôt que d’étudier les Evangiles et les Mathématiques. La forte tête que j’étais a donc été envoyée en pension pour y retrouver « le droit chemin ».

Seulement dès que je franchissais les portes du « pénitencier », c’était pour reprendre illico mes pinceaux et me plonger dans l’univers de Vasarely auquel je vouais un véritable culte. Puis un samedi, alors que je revenais du pensionnat pour peindre, tous mes dessins et tout mon matériel avaient disparu ! Tout avait été jeté à la poubelle au prétexte que ce n’était que  « des gribouillages ». Je venais tout juste d’avoir douze ans. Privée de pinceau, j’ai pris la plume et je me suis mise à écrire.  Il fallait bien que toute la tempête intérieure sorte d’une manière ou d’une autre !

Mais du coup tu faisais lire à quelqu’un ce que tu écrivais ?

J’ai rempli un nombre incalculable de cahiers que je n’ai jamais fait lire à qui que ce soit ! J’en ai même brulé beaucoup ! Trop de désespoir et de chagrins sans doute pour oser le faire…

Tu lisais quand vous tu étais gamine et adolescents ? Tu avais des auteurs préférés ?

Enfant, j’étais fan du Club des Cinq ! Après l’épisode de mes peintures à la poubelle, lire est devenu ma sauvegarde, mon refuge, mon essentiel. René Barjavel est l’Auteur qui m’a fait aimé la lecture. Le premier roman que j’ai lu était « La Nuit des Temps ». Du coup j’ai dévoré tous ces autres ouvrages. Après j’allais me servir dans la bibliothèque de mon père : une mine d’or ! De Kessel à Cavanna en passant par Mauriac…Sans oublier les « quelques » scénarios que je lisais en cachette.

La lecture occupait une grande place chez tes parents ?

J’ai toujours vu mon père lire énormément. Comme je le disais plus haut, sa bibliothèque était une vraie mine d’or ! Et il faut savoir que mon père, qui n’a jamais eu ni Agent, ni Impresario, avait tellement peur de passer à côté d’une bonne histoire qu’il lisait tout. Parfois il recevait jusqu’à cinquante scénarios par semaine !

Clélia tu as écris autre chose que des romans ?

« Attends-moi mon Amour » est mon premier roman et je crois que je n’aurais jamais osé franchir le pas si mon fils Léon ne m’y avait pas poussée, et tant mieux car ce fut une formidable expérience ce travail à quatre mains. À six mains devrais-je dire puisque nous sommes partis des lettres que le jeune Lino envoyait à sa femme durant la seconde guerre mondiale.

Avant ce premier roman, je me suis principalement consacrée à entretenir la Mémoire de mon Lino de père. À ce sujet, j’ai « quelques » ouvrages à mon actif ainsi que des documentaires dont un qui a reçu le Premier Prix de L’Audiovisuel décerné par le Sénat.  En fait tous ces ouvrages sont pour moi comme une quête et une façon de continuer à faire vivre ce père trop tôt disparu qui me manque toujours autant et que je pleure chaque jour depuis ce jeudi d’octobre 1987…

L’idée de publier elle t’est venue comment ?

C’est un ami qui m’a poussée à le faire et qui m’a présentée à Nicole Latesse à l’époque. Je n’aurais jamais osé le faire de moi-même ! J’ai bien trop peu confiance en moi pour cela !

C’est toi qui conçoit les couvertures de livres ?

On va dire que j’y participe. J’ai des idées bien précises. Maintenant cela dépend de la Maison d’Éditions. Pour « Attends-moi mon Amour » le choix s’est fait en parfaite communion.

Il y a des moments précis où tu écris ?

J’ai une préférence pour écrire très tôt le matin. J’aime le calme de l’aube. L’écriture demande beaucoup de rigueur et en ce qui me concerne, comme je suis quelqu’un de très « distrayable » je deviens un ours (remarque je crois que je le suis en toutes circonstances !) et je m’enchaine à ma table de travail. Je bois des litres de Capuccino et ,soit je souffre horriblement en me disant que je n’y arriverai jamais, soit c’est du bonheur en barre quand la plume est fluide. Le plus dur c’est de savoir s’arrêter. C’est comme un tableau ou même un plat cuisiné : trouver le juste équilibre. Je suis d’une nature perfectionniste, ce qui est très pénible pour les autres et surtout pour moi car je pense qu’il est toujours possible de faire mieux. Mon père répétait à ses Auteurs : « Cent fois sur le métier les gars ! Cent fois sur le métier ! ». C’est une phrase qui tourne en boucle chez moi. Merci papa ! Je n’ai aucune prétention d’écrivain, tout ce que je revendique c’est ma sincérité, mon authenticité et faire du mieux que je peux !

Comment écris-tu ?

Clélia : Eclats de rire !

Assise Margaux ! J’écris assise !

Margaux : j’demande hein parce que notre amie Virginie Jouannet écrit assise sur un ballon:).

Comment te vient l’idée d’un roman ? 

Je parlerais plutôt de traiter d’un sujet qui tient à cœur. Personnellement je tourne toujours autour de l’enfance, de l’adolescence, ces périodes cruciales durant lesquelles se forge l’adulte. La trahison et « le seul contre tous » sont aussi des sujets qui me sont chers. Après ce ne sont pas les idées qui manquent, c’est d’oser s’y attaquer ! Il y a de tant de merveilleux écrivains que j’ai le syndrome de l’imposteur. Remarque… C’est pareil pour la peinture ! Et pour reprendre une parole de mon père, il y a « la bêtise crasse » des gens, leur méchanceté… que je fuis le plus possible. Être « la fille de » est une étiquette bien collante et peu enviable car il y a une chose que je ne m’explique toujours pas et qui est très blessante : sous prétexte que vous êtes « la fille de », vous avez le droit à tout un tas de préjugés absurdes et infondés ! Le plus dur et de se faire reconnaître pour ce que l’on est véritablement en fait. Il m’a toujours fallu en faire dix fois plus que les autres pour obtenir dix fois moins que ces mêmes autres. Et aujourd’hui encore je n’arrive pas à m’y faire !

De qui tu t’inspires pour tes personnages ?

En ce qui concerne « Attends-moi mon Amour », nous sommes partis de personnes existantes dont mon père parlait dans ses lettres à ma mère et avec Léon, nous leur avons créé toute une histoire de vie à chacun pour les « habiller » en quelque sorte. Pour d’autres histoires, pour mes personnages, parfois il m’arrive de penser à des personnes de la vraie vie. Il faut dire aussi que cela dépend de ce que l’on écrit. Par exemple j’ai écrit un court-métrage de fiction qui s’appelle « Les Pigeons » dont le sujet est la journée de travail de deux anges gardiens, et bien pour cela la personnalité deux acteurs principaux ont été une source d’inspiration.

Une dernière question, tu penses que l’écrivain a un rôle particulier à jouer dans la société ?

Je dirais qu’il est « Essentiel » !!!  Comme tout « Auteur » d’ailleurs qu’il soit écrivain, scénariste, réalisateur, comédien, peintre, artisan. Sans la petite pierre précieuse que tous apportent à leur manière à ce monde, la société ne serait plus qu’une machine monstrueuse dépourvue d’humanité et de sentiments. 

Nathalie et Patrice Bastouil, mes complices du Coin Culturel, on trois questions complémentaires à propos de « Attends moi mon Amour »


Comment avez vous vécu cette histoire épistolaire entre votre père et votre mère, cela ? Cela doit être extrêmement émouvant. Il faut, nous supposons, beaucoup de pudeur et en même temps faire découvrir le maximum de leurs vies amoureuses
.

J‘ai mis beaucoup de temps avant de me permettre de plonger dans les lettres de mon père. Puis, au fur et à mesure, plus je les lisais plus mon cœur s’emballait. Je les ai faites lire à mon fils Léon – qui était à l’époque apprenti comédien au Laboratoire de l’Acteur- car je trouvais qu’il y avait matière à en faire une pièce de théâtre autour du thème « le journal d’un jeune homme amoureux ». Après les avoir lues, Léon est revenu vers moi avec l’idée d’en faire un roman. Nous nous sommes donc mis au travail. Le plus dur a été de trouver l’équilibre entre les lettres et la narration, justement par pudeur avec respect. Il était hors de question pour nous du moindre « voyeurisme », mais au contraire de faire un hymne à l’amour, à leur Amour!

Avez vous eu besoin de retravailler l’écriture de ces lettres qui ne sont pas faites au départ pour s’inscrire dans un roman mais plus dans le cours des émotions d’un couple qui vit son amour séparé ?

Il y a plus de trois cents lettres qui ont été notre base de travail pour la narration et celles que nous avons choisies l’ont été avec beaucoup de pudeur et de soin, justement pour respecter le cours des émotions dont vous parlez.  Et tout comme nous l’avons annoncé en préambule de notre ouvrage, certaines ont dû parfois être très légèrement corrigées pour une meilleure compréhension car mon père étant autodidacte, il utilisait parfois des italianismes qui auraient pu troubler la lecture. 

Lino Ventura est une icone du cinéma, un homme éminemment respecté pour ses engagements personnels mais aussi pour ses engagements cinématographiques, il a toujours joué des rôles respectables ne se laissant jamais aller à la facilité du sexe ou du scabreux. Comment vivez-vous les critiques qui disent ne pas ressentir la force de l’homme et de l’acteur dans ce roman ?

Je répondrais que je suis sincèrement désolée que ce roman vérité parlant d’amour n’ait pas su répondre à leurs attentes. Je pense aussi qu’ils se sont mépris sur nos intentions, et il n’a jamais été en rien question de traiter de l’acteur ici ! Et effectivement s’ils pensaient retrouver l’Inspecteur Vergeat ou même Fernand Naudin, il est sûr que cette histoire de jeune homme amoureux ne pouvait que les laisser sur leur faim. Je me permettrais une petite chose tout de même : ceux qui disent ne pas ressentir la force de l’homme me laissent quelque peu perplexe… La force de l’homme ne trouve-t-elle pas son chemin à travers les failles de la fragilité ? Quant à la persévérance dont le jeune Lino fait preuve, le seul contre tous qu’il subit durant cette période – et qui le caractérisera plus tard dans ses choix de rôles puisque pour certains il faille absolument relier le jeune Lino à Lino Ventura-, risquer le peloton par amour, si cela ce n’est pas là de « la force », alors je ne sais comment cela peut s’appeler ? Que ces personnes me le disent, parce que, en tant que femme, je ne vois pas !

Clélia je te remercie pour ta gentillesse, ton authenticité et le temps que tu as passé pour les lecteurs du blog. Merci mille fois. Je vais clore par un ultime exercice : le questionnaire façon Amélie Poulain.

Tu aimes

Le Cappuccino (ha bon ? lol…je n’avais pas remarqué !)

Dire bonjour aux  fleurs le matin (oui aussi)

Plonger dans rouleaux de l’Atlantique (pas moi j’ai peur des méduses)

Regarder les étoiles (ça m’arrive aussi)

Les nounours en chocolat (itou…d’ailleurs il faut prévoir un gros paquet pour quand on va se voir)

Les marches en forêt (aussi…avec le silence qui s’y accompagne. Et puis faire des bisous aux arbres)

Tu n’aimes pas

Les faux-culs et les faux-semblants (soupir…tout pareil)

La mauvaise foi et le mensonge (hélas…)

Le manquement à la parole donnée (Oui alors là on est pareilles. Ca peut se finir à coups de pelle ça)

L’injustice (hélas)

Les pellicules sur un costume et l’odeur de poireau (l’odeur du poireau l’hiver dans un cuisine aux vitres embuées…pouark heuuuu)

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Lino & Clélia Ventura

Archives personnelles de Clélia Ventura

Chronique – Le bonheur se cache parfois derrière les nuages de Sonia Dagotor, paru chez Robert Laffont

Francine et Michel fêtent leurs noces de crêpe mais ce trente-neuvième anniversaire de mariage n’a, en réalité, rien de joyeux. À soixante-deux ans, Francine n’est pas heureuse. Michel et elle n’ont plus rien à se dire.
Tandis qu’ils dînent dans leur restaurant préféré, et que l’ambiance se tend crescendo, Francine se laisse porter par ses souvenirs : ses premiers émois, sa rencontre avec Michel, son diplôme d’avocate, les enfants, quelques épreuves aussi…
Que retenir de toutes ces années ensemble ? Quand l’amour a-t-il commencé à s’effriter ? Et si Francine se révoltait contre le temps qui passe ? Et s’il n’était pas trop tard pour choisir le bonheur ?

La quatrième de couverture pour ceux qui lisent cette chronique, vous l’avez sous les yeux donc je ne vous fais pas le débrief du nouveau roman de Sonia. En revanche, pour celles et ceux qui ne sont pas « Dagotorisés », je vous mets le lien du portrait que nous avions fait de Sonia il y a quelques…années de cela. Je suis en effet Dagotorisée depuis…très longtemps. Depuis le début de la carrière d’auteure de Sonia.

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ENTREE

Parlons du livre « Le bonheur se cache parfois derrière les nuages » parce-que le but de mon papier n’est pas de vous raconter notre vie à Sonia et moi mais de vous faire un petit retour de lecture.

PLAT

Vous vous demandez pourquoi je vous présente mon retour de lecture comme on présenterait un menu ? Tout simplement parce-que c’est au restaurant que Francine prend conscience de sa vie. Elle a 62 ans (mon âge) donc fatalement l’histoire me parle. Elle fête ses 39 ans de mariage avec son mari. Un mari très épris. Surtout de son téléphone sur lequel il joue en attendant que le premier plat arrive, laissant ainsi Francine seule face à des souvenirs qui s’invitent à leur table tels des témoins invisibles de leur vie.

DESSERT

Le repas sera ponctué de silences, de larmes, de reproches, de sourires, d’une rencontre avec une jeune femme prête à se marier (croisée aux toilettes du restaurant), dans laquelle Francine se reconnaît au même âge prête à commettre l’irréparable.

Etait-ce joué d’avance ? Le mariage de Francine et Michel est-il voué à l’échec ou est-il « encore » possible de lutter pour le préserver ?

C’est dans ce huit clos prenant que Sonia nous entraîne avec des mots simples, aiguisés, percutants. Francine va revivre les quarante années de sa vie commune avec Michel durant tout ce dîner…

Comme je vous l’ai dit j’ai l’âge de Francine. C’est donc avec plaisir, voire émotion que j’ai lu son livre. Comment les autres ont elles fait ?

Sonia a fait un gros travail d’investigation pour restituer l’atmosphère de l’époque, l’ambiance, les mentalités, sa singularité, la place de la femme dans les années 70 et son émancipation grâce au travail dans les années 80/90. Sonia établit joliment, je dirais « finement », des parallèles entre les femmes de la génération de ses parents et celle de Francine. Elle pose la question du « droit au questionnement et au choix. S’accrocher à la vie de couple oui mais à quel prix ? »

« A t’on droit au bonheur ? » « A t’on doit d’être heureux ? » Parce-que toute la question du livre est posée dans ces deux interrogations.

Il y a aussi la notion de l’honnêteté. « Suis-je honnête en avouant, en m’avouant, que je ne suis pas heureuse ? » Tout en déroulant le film de sa vie, Francine pointe du doigt tous les signes qui auraient dû, au delà de l’alerter, lui donner le ressort de « vivre sa vie ».

L’honnêteté disais-je. C’est ce que j’ai ressenti dans l’écriture de Sonia. Une honnêteté. Une simplicité. Deux choses fondées sur un seul souci « être Francine » et aller droit au but parce-que le temps est compté. Un dîner c’est court et c’est long à la fois. Et c’est brillamment réussi par Sonia !

Au-delà de cette analyse, j’ai envie de vous parler des personnages qui sont, vraiment, tous très attachants parce-que vrais. Toutes ces personnes, famille, amis, collègues qui surgissent au fur et à mesure des souvenirs de Francine et qui nous accompagnent avec elle durant ces 40 ans de vie commune avec Michel.

Sonia, je n’ai qu’une chose à te dire « Bravo ! Vraiment Bravo ! » Je suis très fière de toi, de ton parcours, de ton évolution, de l’évolution de ton écriture et de la maîtrise des personnages et des situations !

Portrait de Sonia

Aujourd’hui c’est vendredi et j’ai reçu Sonia Dagotor – Auteure | Balades & Portraits par Margaux Gilquin (wordpress.com)

Le Dagotor tour

👉 Mercredi 26 mai, de midi à 15h, France Loisirs des Arcades à Noisy-le-Grand (93)

👉 Vendredi 28 mai 2021 de 16h à 18h30, librairie Richer, 6 rue chaperonnières à Angers (49)

👉 Samedi 29 mai 2021, Super U à Mazé (49) de 9h30 à 12h30 et de 14h à 17h à l’Hyper U Murs Erigné (49)

👉 Samedi 5 juin (à confirmer)

👉 Mercredi 9 juin, de 14h à 18h, France Loisirs Centre commercial Claye Souilly (77)

👉 Week-end du 12 et 13 juin 2021, salon du livre Compiègne (60)

👉 Mercredi 16 juin, de 14h à 16h, France Loisirs Cergy (95)

👉 Samedi 19 juin 2021, Cultura Carré Sénart (77)

Mercredi 23 juin, France Loisirs Centre commercial Évry

👉 Dimanche 4 juillet 2021, salon du livre et des gourmandises, Pampelonne -Tarn (81)

👉 Samedi 4 septembre 2021, Espace culturel Auchan Le Mans, La Chapelle Saint Aubin (72)

Week-end du 15 septembre 2021, salon du livre Cosne sur Loire (58)

*Chez France Loisirs, c’est Ceux qui s’aiment finissent toujours par se retrouver

La page FB de Sonia

Sonia Dagotor | Facebook

Vous la trouverez aussi sur Amstragram heu non Instagram (clin d’oeil au livre de Sonia), sur Amazon, Babélio, etc…elle est partout !

Les petits-papiers de Marie-Lou, par Corinne JAVELAUD chez Calmann-Levy

Fêlures secrètes dans une dynastie bordelaise.

Dans les années 70, Marie-Lou Beltran, serveuse à L’Auberge du bonheur, vit avec sa fille, Dora, et sa mère, Luce, dans la maison familiale du quartier des Chartrons à Bordeaux. La main verte de Luce et les talents culinaires de Marie-Lou font merveille pour créer un cocon harmonieux.

Un trouble naît lorsque pour son anniversaire, Marie-Lou offre à Dora une magnifique poupée, dénichée chez un antiquaire. Les femmes Beltran constatent bientôt que la poupée suscite des phénomènes étranges.

Un médium prétend qu’elle est habitée par l’esprit d’un proche assassiné. Comment ne pas penser au père de Marie-Lou, Josué, et à son oncle, Féréol, morts en héros sur leurs arpents de vigne à Saint-Émilion, alors sous la botte allemande ?

Prise dans un engrenage de manifestations surnaturelles, butant sur le silence de Luce, Marie-Lou va devoir affronter les démons d’une histoire familiale tourmentée…

Le livre de Corinne Javelaud sort le 24 février, et je ne saurai que vous le recommander si vous avez envie de vous plonger dans les années 70, dans le Bordeaux d’autrefois si joliment décrit par Corinne. L’histoire est très prenante, car inattendue, et menée d’une main de maître. Le suspense est total ! Aussi n’irai je pas plus loin dans mon commentaire. Je vous le recommande vivement si vous aimez la belle écriture, les descriptions juste comme il faut, ni trop pesantes, ni trop longues, mais toujours très belles. Je vous le recommande si vous aimez les histoires de famille, les tiroirs secrets, les histoires d’amour. Je vous le recommande vraiment car le temps de cette lecture vous serez ailleurs. Dans ce Bordeaux que j’ai connu il y a si longtemps et que je regrette profondément.

Merci Corinne. De tout mon coeur. Ton livre figure en bonne place dans ma bibliothèque et je te remercie de ta confiance. A très bientôt ma chère Amie.

Vous pouvez acheter et/ou commander son livre dans toutes les libraires, à la Fnac, chez Cultura, chez Mollat, partout…!

Vous pouvez suivre Corinne sur sa page officielle

(1) Corinne Javelaud officiel | Facebook

Vous pouvez aussi mieux la connaître grâce à son portrait

Portrait de Corinne Javelaud – Auteure et Membre du jury du prix des Romancières | Balades & Portraits par Margaux Gilquin (wordpress.com)

Vers le Soleil, de Julien Sandrel chez Calmann Levy

IL N’EST RIEN POUR ELLE, MAIS ELLE N’A PLUS QUE LUI…

14 août 2018. Tess part vers la Toscane, où elle doit rejoindre pour les vacances sa fille Sienna et l’oncle de celle-ci, Sacha. Mais alors qu’elle fait étape chez sa meilleure amie à Gênes, un effroyable grondement ébranle la maison, et tout s’écroule au-dessus d’elle. Une longue portion du pont de Gênes vient de s’effondrer, enfouissant toute la zone. Tess est portée disparue.

Lorsque Sacha apprend la catastrophe, c’est tout leur univers commun qui vole en éclats. Tous leurs mensonges aussi. Car Sacha n’est pas vraiment l’oncle de cette petite fille de neuf ans : il est un acteur, engagé pour jouer ce rôle particulier quelques jours par mois, depuis trois ans. Un rôle qu’il n’a même plus l’impression de jouer tant il s’est attaché à Sienna et à sa mère. Alors que de dangereux secrets refont surface, Sacha sait qu’il n’a que quelques heures pour décider ce qu’il veut faire si Tess ne sort pas vivante des décombres : perdre pour toujours cette enfant avec laquelle il n’a aucun lien légal… ou écouter son coeur et s’enfuir avec elle pour de bon ?

En attendant, il décide de cacher la vérité à la petite fille, et de la protéger coûte que coûte..

*-*-*–

La plume fluide et addictive de Julien est de retour ! Vers le soleil est un joli roman qui se lit d’une traite sans s’en rendre compte.

Le livre est bien rythmé. En effet, beaucoup de choses se déroulent, de personnages apparaissent sans que cela n’en gêne la lecture ou que l’on se perde parmi eux. Au contraire, c’est savamment dosé. C’est tout l’art de Julien que de nous présenter des personnages qui deviennent vite des amis que l’on ne veut pas quitter. Et on ne les quitte pas malgré le sujet qui peut paraître au demeurant assez grave.

Le passé de chacun d’entre eux se révèle au fur et à mesure de la lecture et qui attise notre curiosité. Qui est donc Sacha ? Quel passé veut il occulter ? Qui est Tess réellement ? Qui sont ils tous les uns et les autres, les uns pour les autres ?

Alors que Tess est immobilisée sous les décombres, Sacha va prendre son rôle très au sérieux. Plus que cela…Ses sentiments pour Tess et Sienna sont-ils ceux qu’ils devraient être ? En quelques jours son destin va basculer en même temps que celui de Tess et Sienna dans un dénouement inattendu.

C’est étrange comme les déchirures s’inscrivent dans les chairs. Il suffit d’un rien pour rouvrir les plaies et nous replonger dans des abîmes de détresse que l’on croyait oubliés.

Portrait de Julien Sandrel, l’auteur de La Chambre des Merveilles | Balades & Portraits par Margaux Gilquin (wordpress.com)

Les Corps Conjugaux, de Sophie De Baere

Je n’avais jamais lu de livres de Sophie De Baere. Ce fut une découverte. Dès les premières pages j’ai été happée. Une belle écriture tout en poésie, fluide, aisée tout en étant recherchée. Sophie sait habilement manier les mots, le verbe. Très rapidement les ressorts psychologiques et dramatiques se révèlent. On y est. On est avec les personnages. Ils deviennent nos amis, nos voisins, notre famille. Et si c’était nous ? Oui, si c’était nous ?

Alice est une jolie jeune fille qui, depuis l’enfance, pose pour des publicités, participe à des concours de beauté, devient Miss. Elle est surtout un objet entre les mains d’une mère abandonnée par son mari alors qu’Alice est bébé, que leur fils Alessandro est retardé mental, et que Mona l’autre fille est terne.

Alice offre un reflet miroir à cette mère qui, pour une raison qui nous est inconnue, semble vouloir prendre une revanche. Mais sur quoi ? La vie en général ? Sa vie à elle ? Sa vie ratée par la faute de son mari parti, puis mort ? Quelle plaie vive Sylvia semble vouloir panser ?

Mais voilà. Alice, en plus d’être belle, est intelligente et comprend très vite que son avenir est ailleurs loin de cette mère aigrie, méchants dès lors qu’Alice ne se soumet plus. Alors elle part. Elle quitte Bolbec, sa grisaille, sa monotonie. Son non-avenir sauf celui dont sa mère à rêvé pour elle. Alice monte à Paris où elle espère faire des études tout en travaillant car faut bien manger, se loger, payer les études. Elle se noie dans la lecture de la poésie, puis celle de Duras. Ou les deux. Je ne sais plus très bien mais cela n’a pas d’importance. L’importance est qu’Alice nourrit son âme.

La voici qui rencontre Jean dont elle pense de lui qu’il est :

« Un mélange de brindilles vite emportées par la brise et de solides racines souterraines ».

Ils tombent amoureux d’un amour étrange qui aurait dû m’alerter, car dès les premières lignes j’ai pressenti quelque chose. Alors j’ai lu et relu ce passage du roman parce-que j’ai aimé ce moment d’évasion, d’enfance retrouvée, de légèreté, d’insouciance, de temps suspendu avec une telle grâce.

« Nous nous mettons à galoper dans les épines comme des gosses de dix ans. Une joie simple s’écoule dans la moindre nervure de mon corps, fait bouillonner les couleurs autour de moi. L’instant présent m’emporte comme avant le départ du père. Comme avant l’aigreur et la folie de ma mère ».

Enfin, me suis-je dit Alice va rencontrer le bonheur. Le bonheur simple mais vrai. Et c’est ce qui arrive. Alice et Jean vivent douze ans sans une seule ombre au tableau. Ils ont une fille Charlotte et un petit bourgeon va éclore à nouveau. Alors Alice demande à Jean de l’épouser. « Oui se marier ce sera bien. Cela scellera notre amour. Donnera une légitimité à nos enfants. Se marier oui…Marions nous ».

Le jour du mariage arrive et la mère d’Alice est présente. Elle est venue oui pour assister au mariage de sa fille qu’elle n’a plus vue depuis son départ. Et elle est là cette mère. Oui elle est là. L’ogresse est tapie dans l’ombre. Elle observe. Pèse, jauge, fomente sa vengeance parce qu’Alice, ne sait rien de ce qui se trame. Comment pourrait-elle ?

Et quelques jours plus tard la mère demande à la fille de venir la voir.

« J’ai quelque chose à te dire. Si tu ne viens pas, c’est à Jean que je parlerai… »

Alice y va et ne reviendra plus chez elle. Elle va abandonner son mari, sa fille. Elle part avec le bourgeon qui ne cesse de croître en elle, mais elle part car il n’y a que la fuite qui soit la solution. La seule solution pense t’elle.

«L’ogresse m’a tout pris. Mon enfance. Mon mariage. Ma fille. Ma dignité »

Je n’en dirai absolument pas plus. Je veux que, comme moi, vous ayez la surprise. Je veux que comme moi vous en perdiez le sommeil. Je veux que, comme moi, vous vous rongiez les ongles, vous n’ayez plus envie de manger, de boire. Je veux que vous deveniez Alice et que vous vous demandiez, comme moi, « qu’aurais-je fait à sa place ? Aurais-je sacrifié ma fille ? Etait-ce si grave au point de sacrifier mon bonheur ? Aurais-je pu supporter l’exil, le silence, l’oubli de moi-même ? »

Je me suis demandé ce qu’il y a de pire dans l’absence choisie ? Un hiver éternel ? Un doute interminable ?

Je me suis posé tant de questions tout le long de cette lecture en noir et blanc, en couleurs. Qu’aurais-je fait ? Alors j’ai ouvert d’autres livres traitant du sujet. J’ai lu des auteurs, des gens, j’ai surfé sur le net. Et la réponse à ma question est celle-ci :

« Quand on a que l’Amour à offrir en partage… »

Le portrait de Sophie

Portrait de Sophie De Baere, Auteure de Les Corps Conjugaux, Editions Lattès. | Balades & Portraits par Margaux Gilquin (wordpress.com)

jean-jacques, de Carine HAZAN

Mais quelle merveille ! Quelle merveille ! Je ne remercierai jamais assez Carine HAZAN pour cette magnifique rencontre. Nous avons prévu, elle et moi, de faire d’elle un portrait afin de vous permettre de mieux la connaître. Mais vous la connaissez déjà. Un peu. Si, si vous verrez. Pour le moment, « Je vous parle d’Elle » enfin de son livre « jean-jacques« , paru aux Editions Harper Collins.

Carine Hazan – Auteure et Scénariste

J’ai donc lu « jean-jacques » (sans majuscule vous comprendrez en lisant le livre). Je l’ai lu, et en le terminant j’ai eu le sentiment de quitter une amie, une sœur, une fille. Ma fille. Car elle a l’âge d’être ma fille. Une fille qui aime, comme moi je l’ai aimé, Jean-Jacques Goldman. Ah je les vois déjà les bobos intellos sortir leurs armes. Grincer des dents. Soupirer. Dire « Encore lui ! On croyait être débarrassés de ce freluquet à la voix de chèvre ». Et bien non. Ne vous en déplaise. D’abord le « freluquet à la voix de chèvre », par nos voix fermes et affirmées, vous dit bien des choses. A commencer par le fait qu’il est un super joueur de blues. Et toc. Qu’il a su affronter, lui, les attaques avec grâce, style et élégance, sans se répandre. Qu’il fallait avoir ce qu’il faut, où il faut pour maintenir un concert, voire des concerts, alors que certains de ses détracteurs distribuaient des flyers mensongers, et que d’autres menaçaient de faire péter une salle. J’ai bien connu toute cette époque où la haine de l’autre était présente. La haine oui, et assister à un concert de Goldman fut parfois un acte de résistance. Pour plusieurs raisons mais on n’est pas là pour disséquer l’histoire. On est là pour parler du livre de Carine. Ca ne t’ennuie pas Carine que je t’appelle par ton prénom ? Après tout on est copines de combat non ? Toi aussi tu as dû cacher à ton entourage ton Amour pour Jean-Jacques. Toi aussi tu as dû faire vœu de repentance et dire que c’était une erreur de jeunesse. « Pardon, pardon, je ne le ferai plus. Je n’aimerai que ce qu’il faut aimer et surtout pas des chanteurs de variété…De mon mur je décrocherai les posters. De mes cahiers de lycéenne, je supprimerai les photos collées toutes les trois pages, de Jean-Jacques ». Pardon.

Ben oui mais non. Carine part vivre à Marseille car elle y rejoint son mari. Et quand on arrive de Paris, il y a choc. De tout. De culture, de paysage, d’odeur, d’habitude, de bruits. Il y a le manque. De tout. De repères, d’habitudes. Carine se retrouve, à nouveau seule. Mais heureusement, heureusement, il y a Jean-Jacques Goldman, là quelque part, tapi dans l’ombre, qui vit à Marseille. Et tout ça réveille les vieux démons de Carine en même temps que son Amour pour lui. Parce qu’elle n’a jamais cessé de l’aimer. Tout ça l’interpelle. Lui rappelle la jeune fille qui avait besoin de combler un vide que Jean-Jacques remplissait. Cette fois c’est la bonne. Carine va le trouver.

Pour cela, la scénariste qu’elle est va monter un scénario. Un scénario, alibi à la LA rencontre avec Jean-Jacques. Elle va solliciter ses amis, on a toujours un ami qui connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qui a vu Jean-Jacques quelque part mais où ? L’enquête commence et nous emmène aux frontières de l’impossible. Impossible ? Pas si sûr !

Dans « jean-jacques« , Carine nous parle d’Amour. Ca change non ? Et il en faut de l’Amour, de l’Audace, pour se dévoiler comme elle le fait. Parce-que ça parle de quoi « jean-jacques » me demanderez-vous ? Ca parle d’une quête. D’une quête d’identité. D’une rencontre avec Dieu. Notre Dieu à nous. Celui qui a bercé nos chagrins comme personne. Celui qui a nous a donné de l’espoir là où il n’y en avait pas. Celui qui nous parle comme si nous étions unique. Celui dont les chansons nous parlent à nous. Tellement que lorsque nous allions à un concert de Goldman, nous étions étonnés de nous trouver si nombreux à nous trouver unique. Tellement qu’il nous parlait à nous que la salle de concert brillaient de mille feux. Oui de mille feux. Nos bras levés vers lui. Nos briquets allumés qui nous brûlaient les doigts, le risque pris en changeant de mains (quand j’y pense on aurait tous pu mettre le feu). Et bien je me répète nous avons illuminé Jean-Jacques comme lui nous a illuminé de sa lumière, entouré de ses bras quand les absents étaient…absents. Il nous a éclairé sur la société quand ceux qui auraient dû le faire…ne le faisaient pas. Il nous a parlé de gens simples. Comme vous et nous. Vous vous demandez si je ne suis pas devenue dingue, voire mystique à parler ainsi. Tout va bien. Je vous rassure.

C’est tout cela que nous raconte Carine. Je m’arrête là. Je ne spolie pas. Je ne vous parle pas des personnages tous plus succulents les uns que les autres. Je ne vous parle pas des jean-jacques qu’elle croise et qui sont émouvants à leur manière. Je ne vous parle pas de Mia, de Claudine, d’O, et des autres. Je vous laisse les découvrir. Et je ne vous dirai pas si Carine a, ou pas, rencontré le vrai Jean-Jacques. Vous le découvrirez en lisant son livre.

Mais « Je vous parle d’elle » oui. De Carine qui pose aussi cette question « avait on le droit, dans cette société élitiste et accusatrice des années 80/90 d’aimer la popularité ? » Je vous parle de Carine qui va « Au bout de ses rêves ».

Je me souviens de cet ami, intellectuel, mélomane, absolument divin qui, lors d ‘un slow sur une chanson de Goldman m’a dit « Margaux, l’art qu’il soit dans la musique, les chansons, la littérature, la peinture, quelque soit la forme qu’il revêt est une question d’émotion ». Alors oui on peut aimer Mozart et Claude François. On peut aimer Les Floyd et Jean-Jacques Goldman.

Ce roman est saupoudré de fraîcheur, de gentillesse, d’amour, d’amitié. Lisez le. Il vous fera du bien. Croyez-moi.

A la recherche de Jean-Jacques Goldman avec Carine Hazan (rcf.fr)

« Jean-Jacques » de Carine Hazan (franceinter.fr)

Carine Hazan, au bout de ses rêves – Vous m’en direz des nouvelles ! (rfi.fr)

Je cueille des petits cailloux blancs pour mettre dans ma poésie, de Marie July

Incroyable mais vrai, ça se dit et ça se pro’page 👍😉😄 son joli livret est LE remède contre tous les problèmes, Covid compris 😉

Oui oui, ça se dit dans les plus hautes sphères jusque dans les bacs à  » stables  » 😄😉😂

Portez-le sur vous, il vous protégera où que vous soyez 😉👍

Et si vous ne me croyez pas, demandez à celles et ceux qui l’ont déjà acquis.

Pour le commander, voici le lien de la page FB de Marie notre gentille magicienne

Marie July | Facebook

L’enfance, c’est…par 120 auteurs – Textes illustrés par Jack Koch

Le Livre de Poche | Facebook

Illustrateur très actif sur les réseaux sociaux, Jack Koch a invité 120 auteurs, connus et moins connus, français et étrangers, issus de tous les genres littéraires, à offrir leur définition de l’enfance, qu’il a illustrée. La magie opère à nouveau  : ce sont autant de souvenirs et d’émotions qui sont dites, avec justesse, finesse et beaucoup de tendresse. Résumé Fnac

Je vous invite à découvrir ce joli recueil dans lequel 120 auteurs ont exprimé leur définition de l’enfance avec beaucoup de sensibilité sur une illustration du talentueux Jack Koch dont je vous invite à découvrir les oeuvres sur sa page Facebook.

(1) Jack Koch | Facebook

J’apprécie particulièrement cette démarche, car outre y lire les pensées de nos auteurs favoris, nous reversons 1e50 à l’Association Le Rire Médecin

(1) Le Rire Médecin | Facebook

Après la Fête, de Lola NICOLLE

J’ai terminé hier soir la lecture de ce joli premier roman.

Un roman générationnel que j’ai lu avec surprise. Raphaëlle et Antoine s’aiment mais ça ne suffira pas…ensemble ils vont passer de la fin de l’adolescence à l’âge adulte. Leur amour va s’étioler doucement lorsqu’ils aborderont le monde du travail. Facile pour l’une, difficile pour l’autre. Leur amour n’y résistera pas.

C’est écrit joliment, pudiquement, poétiquement.

C’est une plume qui se pose sur le mot fin de leur histoire d’amour. J’ai tournoyé avec elle sur les toits de Paris. C’est éblouissant.

Je vous laisse découvrir cette pépite.

Dans le Paris d’aujourd’hui, Raphaëlle et Antoine s’aiment, se séparent, se retrouvent… pour mieux se séparer et s’engouffrer dans l’âge adulte. En quête de sens, ils ont du mal à trouver leurs repères.

Arpentant les rues du quartier de Château-Rouge, Lola Nicolle nous plonge dans le Paris d’aujourd’hui.
Après la fête raconte les ruptures qui font basculer dans l’âge adulte. Il y a d’abord celle – universelle – entre deux êtres, quand Raphaëlle et Antoine se séparent. Puis celle qui survient avec l’entrée dans le monde du travail, lorsque la réalité vient peu à peu éteindre les illusions et les aspirations de la jeunesse. Comment l’écart peut-il être aussi grand entre le métier que Raphaëlle a rêvé et le quotidien qu’on lui propose ? Comment se fait-il que l’origine sociale vienne alors se faire entendre avec force et puissance ? Comment faire pour que la vie, toujours, reste une fête ?

Lola Nicolle cartographie la ville, prend le pouls d’une époque, d’un âge aussi et livre un texte fort, générationnel, aux accents parfois féministes. La force de l’amitié n’est jamais loin, celle des livres non plus.
Un premier roman d’une grâce absolue. Une écriture éblouissante et sensorielle. La force d’un roman générationnel.

Les Dédicaces – Cyril Massarotto

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En recevant le livre de Cyril, je me suis demandé à quoi je devais m’attendre cette fois-ci. Lire un livre de Cyril s’apparente pour moi à un jeu. Un jeu du style « Jeux d’enfants ». Cap pas cap ? Cyril aura-t-il osé ? Je me suis souvent penchée pour récupérer la toupie (pour ceux qui auraient vu le film) et retrouvée dans la position de celle qui doit relever le défi « Lire Cyril et faire une chronique ».

Avec « Les Dédicaces » la surprise est de taille. Mazette. Je tourne et retourne le livre entre mes mains. Cyril est cap. Il va encore me surprendre. Je le sais. Je le sens.

« Les Dédicaces » Ah, ah, ah…je me marre. Et si le titre était trompeur ? Et s’il ne s’agissait que d’un prétexte, une subtilité, une pirouette de Cyril pour nous inviter à jouer avec lui sur un autre terrain ? J’ai flairé le défi, si tant est qu’un exercice de style soit un défi, et Pour pas que je me perde dans le quartier j’ai d’abord cherché ce qu’était une dédicace. Son sens. Profond. Après tout j’ai le droit de savoir pourquoi Claire, l’héroïne, collectionne des livres dédicacés qu’il s’agisse d’une dédicace d’auteur à un lecteur, ou d’un inconnu à quelqu’un. Est-ce pour en tirer profit ? C’est vrai, revendre un livre dédicacé par Sartre peut s’avérer juteux. Oui mais non. Parce-que Claire les collectionne. Donc comme tout collectionneur, elle comble un vide. De quel vide s’agit-il ? Quel témoignage d’amitié, de gratitude ou d’amour Claire cherche t’elle à travers ces dédicaces ? 

Et puis voilà que Claire rencontre Frédéric. Frédéric Hermelage qui adresse de drôles de dédicaces aux jolies dames. Frédéric Hermelage qui, avec son éditeur, descend les auteurs poids lourds commerciaux et colonne vertébrale de grosses maison d’éditions, au nom de la défense de la « littérature ». Une délicieuse rencontre alchimique entre Claire et Frédéric jusqu’à ce que leur jeu d’enfants à eux prenne une dimension inattendue.

La lecture des Dédicaces est un délice, un enchantement, une sensation de « rentrer à la maison » après un long voyage, déguster « une Madeleine de Proust », « Ecouter les Gnossiennes », « Marcher sous la pluie à Montmartre ». Si vous ne m’arrêtez pas je peux faire, non pas « la liste de mes envies » mais celle de tous les plaisirs ressentis lors de ma lecture. Il faut dire qu’entre Cyril et moi, le petit jeu dure depuis un bon moment. En général, je lis plutôt ses livres chaque été sur la plage de Montalivet et je suis la seule dame en maillot de bains noir, une pièce je précise, à me secouer compulsivement de rire sous mon parasol en m’exclamant : « Oh non, je ne le crois pas ! Il a osé » ! Il m’arrive aussi, parce-que j’ai les yeux au bord du cœur, de chercher frénétiquement mon paquet de Kleenex au fond de mon panier en osier, entre l’huile solaire et les galets qui deviendront des messages d’amour. Ca se fait beaucoup de dire « Je t’aime » à quelqu’un par l’intermédiaire d’un galet. On peut dire je t’aime de mille façons.

Grâce à une dédicace par exemple…

« Je ne prétends pas donner de leçon, mais on sait que peu de grands romans sont de simples histoires d’amours, alors que nombreux sont les chefs-d’œuvre à dépeindre de façon pointilliste des histoires d’amour sur des toiles de fond historiques, et même si l’arrière-plan est forcément tracé de manière brute, il donne avec force la mesure de l’urgence, de l’irrépressibilité du sentiment amoureux. »

Le style de Cyril est tendre et cruel à la fois. Addictif au plus haut point. Faites gaffe parce-que dès que vous ouvrirez son livre vous ne pourrez pas le refermer avant la fin.

Merci Cyril. Merci mille fois. Et n’attends pas trop longtemps avant de me rendre la toupie…