Le bonheur en bas de chez moi, de Philippe Peyron

 

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Je viens de terminer de lire le premier livre de Philippe Peyron. Un livre inattendu.

Inattendu par une écriture dense riche en détails, mais maîtrisée ce qui  pour un premier livre est assez rare.

Inattendu aussi par son histoire surprenante, qui  pourrait être révélatrice non seulement d’une quête du bonheur, mais de la quête d’un apaisement. Comme si Pierre pressentait que quelque chose allait lui tomber sur le coin du nez mais où, quand, comment ? Alors Pierre fait tout ce qu’il faut pour être épargné. Il ne se fait pas remarquer.

Pierre vit seul. Il a trente-quatre ans, il met des croquettes en rayon.  Il se contraint à une vie qui, si elle ne lui apporte pas de véritable bonheur, en tous cas ne doit pas lui attirer le malheur. Il fait ce qu’il a à faire, dans son coin, avec méthode et application. Ainsi croit-il tenir le mal à distance. Il travaille, il rentre chez lui et ne demande rien à personne.

Mais voilà…Jessica, Germaine et Auguste débarquent sans crier gare bousculant l’ordre établi, invitant Pierre à sortir de sa zone de confort.

Ces trois là vont obliger Pierre à sortir de lui-même, à s’affronter en affrontant ses démons.

Car des démons il en a. Au fil de la lecture, nous découvrons que Pierre traîne un lourd passé affectif. Des traces d’enfance qui restent. Que la sensibilité affleure. Le chagrin aussi. Un chagrin bien maîtrisé lui aussi.  Pierre traîne des valises de secrets bien enfouis et que ce n’est pas le malheur futur qu’il fuit mais le malheur passé.

Je vous laisse découvrir ce joli roman sans vous en dire davantage….

 

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Portrait de Julien Sandrel, l’auteur de La Chambre des Merveilles

 

La rencontre avec Julien Sandrel a été un instant de pure magie. Ce garçon gentil, délicat, timide, simple et généreux a accepté ma proposition de portrait le plus simplement du monde.

Nous avons longuement échangé avant de le faire, et Julien a eu la patience de m’attendre, de me répondre. De me répondre encore et toujours avec le sourire.

Je suis très heureuse de vous présenter Julien Sandrel à l’occasion du succès de son livre « La chambre des merveilles » dont Magali et moi ferons une chronique un peu plus tard, pour le moment je vous laisse découvrir Julien.

*-*-*-*-*

Bonjour Julien, pouvez-vous  me raconter comment vous êtes venu à l’écriture et ce que vous avez commencé à écrire ?

J’ai toujours voulu écrire. C’était un rêve de gosse, en quelque sorte. Quand j’étais enfant et qu’on me posait la question rituelle : « qu’est–ce que tu veux faire quand tu seras grand ? », je répondais invariablement écrivain ou metteur en scène.

Cette envie, ce besoin d’écriture est revenu en force il y a deux années de cela. J’ai décidé d’aller au bout de l’écriture d’un roman, j’ai écrit « La Chambre des merveilles », et Calmann–Lévy a décidé de le publier.

Faisiez-vous lire à quelqu’un ce que vous écriviez ou écriviez-vous des choses que vous ne montriez à personne ?

Je suis assez secret, pudique. Seule ma femme était au courant que j’écrivais un roman. Elle m’a encouragé à continuer. Le reste de ma famille ne savait pas que j’écrivais… mes enfants et mes parents l’ont découvert lorsque j’avais déjà signé un contrat d’édition !

Julien, lisiez-vous quand vous étiez enfant et adolescent ?

J’ai eu différentes périodes. Je lisais beaucoup étant enfant, un peu moins étant adolescent, mais les livres ne m’ont jamais vraiment quitté.

Aviez-vous des auteurs préférés ?

Enfant, j’adorais Roald Dahl, la série des Six Compagnons ou les BD d’Astérix… Puis j’ai découvert Agatha Christie (que j’aime toujours beaucoup), et via l’école un certain nombre d’ouvrages dits de référence… parmi lesquels j’ai particulièrement accroché à Camus et Maupassant. Mais je n’ai pas d’auteur culte à proprement parler. Aujourd’hui, je lis essentiellement de la fiction contemporaine.

Avez-vous écrit autre chose que des romans ?

Non, mis à part quelques poèmes, étant enfant.

Alors comment vous est venue l’idée de publier ?

J’écris pour raconter des histoires, les partager avec d’autres. J’ai toujours été fasciné par le pouvoir de l’écriture – qu’il s’agisse de romans, de films, de musique. J’aime me laisser emporter en tant que lecteur ou spectateur, dans une histoire, un univers avec des personnages auxquels je m’attache et qui me font vivre des choses que je ne vivrais pas dans la vraie vie. J’aime m’abandonner aux émotions. L’écriture a ce pouvoir de créer des émotions intenses, uniques, c’est ce qui m’intéresse. Aussi je n’ai jamais vraiment envisagé d’écrire seulement pour moi. J’ai toujours eu la publication en ligne de mire.

Est-ce vous qui concevez vos couvertures de livres ?

Pour « La Chambre des Merveilles », oui c’est le cas. J’ai tout de suite eu cette idée de l’explosion de pigments colorés, qui fait référence à un passage du livre. J’ai fait une sorte de photomontage sur mon ordinateur, je l’ai envoyé à mon éditrice, et elle l’a tout de suite beaucoup aimé. Par la suite, une talentueuse graphiste a transformé mon idée de départ en quelque chose de nettement plus beau ! De nombreux lecteurs me disent qu’ils aiment cette couverture, et que pour eux elle reflète très bien l’explosion d’émotions ressentie tout au long du roman. J’en suis absolument ravi.

Julien, j’aimerais que vous me parliez de vos romans.

Je n’en ai publié qu’un pour le moment ! (mon prochain roman paraîtra courant 2019).

« La Chambre des merveilles », c’est le pari un peu fou d’une mère qui tente de sortir son fils du coma en réalisant chacun de ses rêves, en les lui racontant, en les lui faisant vivre par procuration… en se disant que s’il entend ses incroyables aventures, peut–être que ça lui donnera envie de revenir à la vie.

Clairement l’histoire de cette maman, Thelma, c’est l’histoire d’une transformation, une sorte de parcours initiatique, à près de 40 ans. Après l’accident de son fils, les cartes de la vie de Thelma sont rebattues. En vivant les rêves de son fils, Thelma se découvre elle-même, se comprend mieux, s’écoute mieux aussi. Cet événement la force à se poser les bonnes questions sur « les choses importantes de sa vie », à se réinventer.

J’ai eu envie de parler de tout ça avec une tonalité à la fois grave – car le point de départ est un événement dramatique – et légère. Avec un petit grain de folie, à travers les folles expériences qu’un adolescent de 12 ans peut avoir envie de vivre… parce que la vie c’est ça aussi. On n’écoute pas suffisamment l’enfant, l’adolescent qui sommeille encore en nous, pourtant qu’est–ce que c’est bon de lâcher prise !

Avez vous déjà eu l’occasion d’être invité en tant qu’écrivain à l’étranger ?

En Belgique seulement. Mais mon livre est en cours de traduction dans 23 langues désormais… alors je ne désespère pas que l’on m’invite quelque part 😉 … d’autant que j’adore voyager et donner envie de voyager. Après avoir lu « La Chambre des merveilles », un certain nombre de lecteurs ont très envie de découvrir Tokyo… c’est formidable de parvenir à transmettre son amour d’une ville.

Quelle place la lecture occupait-elle chez vos parents ? Y avait-il des livres, des journaux, des revues ?

Mes parents sont des lecteurs occasionnels de romans, mes frères aussi. Je crois bien que j’ai toujours été le seul lecteur régulier à la maison ! En revanche il y avait toujours beaucoup de journaux et revues, de toutes sortes.

Y a-t-il des moments précis où vous écrivez ?

J’écris désormais plutôt aux « horaires de bureau » car je me consacre à l’écriture, depuis quelques mois. Lorsque j’ai écrit La Chambre des merveilles en revanche, je travaillais à temps plein et voyageais beaucoup. J’ai donc essentiellement écrit ce roman le soir, le week–end, pendant mes vacances.

Comment écrivez vous ?

Je n’ai pas de rituel particulier, mais quelques habitudes. J’écris essentiellement chez moi, la plupart du temps dans mon fauteuil fétiche, mon ordinateur portable sur les genoux. Mais je travaille aussi hors de chez moi, dans des cafés parisiens – et dans ce cas-là en musique…

Comment vous vient l’idée d’un roman ?

L’idée de départ de « La Chambre des merveilles », celle de l’accident, m’est venue un matin alors que j’emmenais mes enfants à la piscine et qu’ils étaient tous les deux en trottinette, sur un trottoir parisien. Je me suis dit qu’ils allaient trop vite. Je me suis demandé à quoi pourrait bien ressembler ma vie s’il arrivait quelque chose de terrible à l’un d’entre eux. La réponse m’est apparue comme une évidence. Ma vie ne pourrait plus être la même, jamais.

J’ai eu envie de raconter ça. Comment mon héroïne Thelma, qui pense avoir trouvé un certain équilibre, en menant sa carrière et sa vie de maman tambour battant, voit son monde basculer en quelques secondes. Comment elle se rend compte progressivement que ses priorités affichées ne correspondent pas à ses besoins, ses envies, ses valeurs. Comment elle va devoir progressivement abandonner sa vie de façade pour se reconnecter à ce qu’elle est vraiment.

Sinon, de manière générale, j’ai beaucoup d’idées, tout le temps. Je les note mentalement, ou bien sur un carnet, ou encore dans mon téléphone. Lorsqu’une idée revient, s’accroche, c’est qu’il y a là quelque chose qui m’intéresse. Mon travail consiste plutôt à faire le tri dans toutes ces idées !

De qui vous inspirez vous pour vos personnages ?

Je ne m’inspire de personne en particulier. Les caractéristiques de mes personnages, qu’il s’agisse de leur physique, leur histoire personnelle, leur psychologie… sont systématiquement des mélanges, et je ne saurais les rattacher à une source précise. Je m’inspire de ma vie, de mes proches, de situations vécues, d’observations dans la rue, dans les cafés, les transports en commun, de mes voyages, de l’actualité, de romans, de films, de pièces de théâtre vues récemment…

Une dernière question, est ce que selon vous l’écrivain a un rôle particulier à jouer dans la société ?

Le premier des rôles, c’est de donner envie de lire. Rien n’est plus démotivant pour un lecteur occasionnel que de refermer un livre en s’étant ennuyé… et rien n’est plus enthousiasmant que d’avoir envie d’en lire un autre, et encore un autre. Je pense fondamentalement que lorsqu’on lit un roman, un récit… on apprend toujours quelque chose : sur soi, sur ses peurs, ses émotions, celles des autres, sur un lieu, une situation, une époque. C’est formidable, la lecture. Il n’y a rien d’autre qui permette d’apprendre autant, tout en ayant le temps de se poser, de réfléchir, de laisser infuser. Alors contribuer au plaisir de lire, pour moi c’est contribuer au plaisir d’apprendre, de réfléchir, de vivre avec plus d’intensité.

 
Le questionnaire façon Amélie Poulain

J’aime écrire, lire, aller au cinéma, passer du temps en famille dans l’effervescence parisienne ou plus au calme au soleil de mon Sud natal, voyager (j’adore Tokyo et Budapest par exemple, ces deux villes dans lesquelles Thelma vit de folles aventures dans mon roman)… Rien de bien extravagant, la vie, tout simplement.

Je ne déteste rien en particulier, je pense qu’il y a toujours quelque chose à apprendre d’une situation difficile. Mais je n’aime ni l’hypocrisie, ni les anchois. Dans les deux cas, j’en détecte la saveur assez vite et m’en éloigne aussi sec !

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Portrait réalisé par Margaux Gilquin avec la complicité de Magali Izard

Click & Love, de Cyril Massarotto

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« Julie est une jeune Parisienne de 30 ans. Elle ne croit plus en l’amour et doit faire des ménages pour gagner sa vie. Paul, lui, a 40 ans. il est chirurgien, vit à Londres et ne se console pas de la mort de sa femme. Leurs trajectoires n’auraient jamais dû se croiser… Et pourtant, une application très particulière, Click & Love, va progressivement les rapprocher. Et jouer avec leurs nerfs.
Alors que, message après message, leur désir de se rencontrer devient brûlant, Click & Love censure toutes les informations qui leur permettraient de se donner rendez-vous. Une torture. Et cette question : que cherche la main invisible qui se cache derrière l’écran ?
Julie et Paul, des deux côtés de la Manche, vont tout tenter pour piéger la machine. Mais alors qu’enfin ils réussissent à se voir « en vrai », quelque chose d’inexplicable se produit, qui bouleversera leur vie… »

Chaque été depuis quelques années je lis Mon Cyril Massarotto comme d’autres lisaient chaque année leur Mary Higgins Clark, sur la plage allongée sous le parasol, au même endroit, me laissant bercer par le bruit des vagues, savourant le sable chaud et la caresse du soleil sur mes jambes.

Chaque été depuis quelques années, je lis Mon Cyril Massarotto. Je ris, je pleure, je murmure « Ho non… » ou « Ha oui ça c’est bien » ou « Mais ! Pourquoi fait il/elle ça ?! ».

Chaque été depuis quelques années, je lis Mon Cyril Massarotto et je retiens les pages parce-que je ne veux juste pas finir d’être avec ses personnages, bercée dans un bain d’amour, d’amitié, de bienveillance. Bercée par la jeunesse, par la vieillesse, par le temps qui passe et je finis toujours les livres de Mon Cyril Massarotto en le remerciant de nous rappeler que le temps qui passe est à consommer avec modération certes mais avec intelligence, avec Amour, sagement, follement.

Le temps qui passe hélas….Paul en sait quelque chose. Il n’en finit pas d’égrener le temps d’opération en opération, de pizzas pas toujours très bonnes en soirées avec Jonas le fidèle ami. Celui qui est resté après. Après le drame de la vie de Paul.

Le temps qui passe hélas….Julie en sait quelque chose. Elle n’en finit pas d’égrener les heures de nettoyage de bureau en bureau, de pizzas jamais bonnes qu’elle mange seule sur son canapé en dévorant des livres.  Elle partage un peu de sa vie avec son amie depuis peu. Celle qui est arrivée. Après le drame de la vie de Julie.

J’ai lu, ici et là, que les lecteurs avait compris ce qui se passait dans cette histoire et qu’ils en étaient agacés car ils ne savaient pas ce qu’il fallait comprendre. Ha ha ha il est très fort Mon Cyril Massarotto.

Moi j’ai rien compris, et surtout j’ai pas compris qu’il fallait comprendre quelque chose parce que je n’ai rien vu venir, et ne comptez pas sur moi pour vous filer le moindre indice maintenant que je sais.

Moi je suis entrée dans l’histoire bim d’un coup hop là embarquée sans m’en rendre compte dites donc. Je me suis promenée de Paris à Londres. Je me suis enthousiasmée comme Julie et Paul. J’ai adoré me souvenir de Louis de Funès. J’ai adoré me demander si j’aimerais avoir les narines à l’horizontale ou à la verticale. Puis j’ai pleuré avec Julie et Paul, j’ai râlé en même temps que Julie, je n’ai pas compris en même temps que Paul. Je me suis franchement énervée quand cette maudite application les a coupés de tout. Du reste du monde. Parce-que brutalement le monde s’est arrêté de tourner. Et puis le monde s’est remis à tourner. Et puis on a pris des taxis, on a suivi des bus, on a parlé anglais puis français, on a failli manger dans un super restaurant. On a espéré, on y a cru…

Et on a eu raison. Parce-que nous sommes Julie et Paul. Oui, nous sommes eux. Nous sommes des assoiffés d’amour chacun à notre façon. Paul et Jonas sont Le Coeur des Hommes, ils sont aussi des Eléphants qui trompent énormément, ils sont La Belle Equipe, ils sont tout ça.

Ce livre est une comédie romantique merveilleuse. Digne d’un Love Actually. Vous savez le genre qu’on lit en mangeant des chamallows un paquet de kleenex à côté de soi. Le genre de livre qu’on ne veut surtout pas terminer. Surtout pas…

Moi j’en redemande. J’ai même imaginé les acteurs qui devraient interpréter les personnages. Ha ha la belle brochette que ça ferait dites donc….

Cyril, je te confirme que je n’ai pas aimé ton livre. Je l’ai A.D.O.R.E.

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A suivre, le portrait que j’avais fait de Cyril en octobre 2017

https://mgchroniques.wordpress.com/2017/10/15/cyril-massarotto-lauteur-dont-on-voudrait-quil-soit-notre-frere/

La femme qui ne vieillissait pas, de Grégoire Delacourt.

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On met les premières rides sur le compte de l’hyperactivité des muscles – on les nomme d’ailleurs rides d’expression, c’est bien moins cauchemardesque (…) On achète alors un miroir grossissant, et l’on vacille doucement, parce que ce n’était pas là la semaine dernière : on s’aperçoit que la peau et le muscle de l’œil se sont distendus, que la paupière supérieure qu’on adorait maquiller de gris, de bronze, de poussière d’or les nuits de fête, s’est alourdie, qu’elle altère désormais l’acuité du regard, son charme (…)

 

Betty ne connaît pas cette lente, mais sûre dégradation. Elle incarne « La Femme Qui Ne Vieillissait Pas ». Betty souffre de ne pas vieillir.

 

Dieu que cela me coûte d’écrire ceci…« souffrir de ne pas vieillir ». Vous vous rendez compte ? Laquelle d’entre nous ne rêve pas d’avoir une fois, une fois encore, le visage de ses trente ans… Ce visage qui n’en finit pas de sortir de l’enfance, de l’adolescence. Les joues encore rebondies, les paupières qui ne sont pas affaissées et que l’on peut maquiller.

Mais Betty, elle, en souffre. Pas à trente, pas à trente-cinq ans, l’âge où sa mère est morte accidentellement. Mais après trente-cinq ans, elle s’inquiète. L’affolement affleure. Il est là, il arrive. Au fil de la lecture, on le sent. On le sait. Betty finira pas s’inquiéter. Vraiment.

Alors Betty raconte. Elle nous raconte son histoire de façon chronologique. Avec elle nous naissons, nous grandissons, nous adolesçons, et si elle ne vieillit pas, nous si.

Oui Betty raconte. Elle cherche dans sa naissance, dans sa famille, dans le drame affreux de la guerre d’Algérie qui coûtera sa jambe à son père et gangrènera le couple formé par ses parents jusqu’à la mort accidentelle de sa mère. Elle cherche dans sa belle-mère, son demi-frère, André son mari, son fils, ses collègues, ses amies, ses amants, parce qu’il faudra bien prendre un amant voire plusieurs. Betty cherche pourquoi elle ne vieillit pas. Pourquoi elle doit affronter cette terrible épreuve. Ne pas vieillir. Etre condamnée à voir les autres vivre leur vie, normalement, en vieillissant. Elle n’aura pas cette chance d’être vivante, et de pouvoir vieillir auprès de ceux qu’elle aime. Auprès de cet homme, André, qui est celui de sa vie, auprès de son fils qui ira jusqu’à la faire passer pour sa cousine.

Le drame qui se noue au cœur de cette histoire, ce drame qui grandit de page en page, est le drame de la solitude. De la vraie solitude. De celle qui ronge et qui devrait anéantir. Parce que cette solitude, elle la traîne depuis l’enfance. Mais Betty avance. Continue d’avancer. Sa mère est morte fauchée en pleine jeunesse, mais elle est vivante, elle veut vivre. Et elle vivra.

J’ai adoré pour plusieurs raisons. J’avais lu et aimé « Une famille française » de Jean-Paul Dubois grâce auquel j’avais lu avec plaisir l’histoire de ce demi-siècle. Avec « La Femme Qui Ne Vieillissait Pas », Grégoire Delacourt balaie un demi-siècle à travers les yeux de Martine.

Celle-ci s’affranchira de son prénom en choisissant celui de Betty, moins vieille France en cette période de Mai 68 qui secoue la France.

Betty est-elle coupable d’être la fille de ses parents, de ce qu’ils sont, dans une France balbutiante qui veut oublier la guerre d’Algérie et ses fantômes que traînent partout avec eux ces jeunes soldats, revenus vieux, envoyés là-bas. Pour rien. Pour tuer. Pour se tuer ensuite lentement, mais sûrement, alcooliques, violents et agonisants dans leurs souvenirs. Des souvenirs qu’ils partageront enfin au seuil de leur vie, incapables de le faire avant, honteux, surpris d’avoir commis ce qu’on leur a demandé de commettre

Betty est-elle coupable d’être cette jeune femme enfin libre ? Plus libre que nos mères le furent. Libre comme nous le fûmes. Libres comme l’air. Libres de choisir nos métiers, nos maris, la naissance de nos enfants.

Betty est une rêveuse lucide. Là où sa mère s’est brûlé les ailes, Betty réussira le pari d’avoir rêvé sa vie les pieds sur terre et ancrée dans la réalité.

Au moment où je rédige cette chronique, face à l’Océan, je regarde des femmes de 70 ans, cheveux au vent, pieds ensablés, corps bronzés, mais vieillis, assumés dans leurs maillots de bain deux-pièces. Elles ont connu l’époque de James Dean, des yé-yés, des Mistral gagnants, de l’école des filles, du mariage en blanc, du divorce, de Mai 68, de l’avortement, des 2cv, de Ventura, d’Audiard, de De Gaulle, de Delon…

Elles vieillissent bien.

Merci Grégoire.

PS : J’aime bien Charlotte Rampling, mais je n’ai pas aimé le jour où l’on m’a dit que j’avais son regard… Sans rancune, Grégoire 🙂 .

Autre PS : J’attends avec impatience la recette de vos crêpes.

Chronique de Margaux Gilquin avec la complicité de Magali Izard, Accompagnatrice Littéraire et Ecrivain Public

http://www.magali-izard.fr/

 

 

 

Sortie du livre de Valérie Bel ce 21 août

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Valérie Bel vit un conte de fées.

Son roman à succès « Nous danserons encore sous la pluie », sorti en auto-édition et coup de coeur des indés award 2018, a attiré l’attention d’une maison d’éditions.

Le voici donc tout nouveau, tout beau, il l’était déjà avant mais là il va l’être encore plus !

Pour découvrir Valérie Bel, je vous invite à découvrir le joli portrait que j’avais fait d’elle l’année dernière.

https://mgchroniques.wordpress.com/2017/10/05/valerie-bel-auteure-adorablement-ensorceleuse/

#editionsdivaromance #divaromance #nousdanseronsencoresouslapluie #valeriebel #amnesie #romance

 

La Fille des Templiers, de Mireille Calmel

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19 mars 1314. Jacques de Molay, le dernier grand maître de l’Ordre du Temple, est brûlé en place publique. Il a été condamné par le roi Philippe le Bel qui reproche aux Templiers de dissimuler un fabuleux trésor. Mais le jour du supplice, une colombe dépose un message entre les mains du souverain. C’est la malédiction, terrible : le Roi et ses fils paieront pour ce crime !

Huit ans plus tard…

15 juillet 1322. Une jeune paysanne, Flore Dupin, est pourchassée par les soldats de Charles IV.
Quel secret détient-elle ? Qu’a-t-elle à voir avec l’ordre du Temple ?
Un homme lui confie :
– Avant de mourir, le roi a prononcé ton nom !

*-*-*-*

Des livres sur les Templiers, j’en ai lu beaucoup. Comme vous certainement. En effet, qui n’a pas eu la curiosité d’en savoir davantage sur les Templiers  après avoir entendu les terribles paroles prononcées par Jacques de Moslay sur le bucher :

« Pape Clément ! Roi Philippe ! Avant un an, je vous cite à paraître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment ! Maudits ! Maudits ! Tous maudits jusqu’à la treizième génération de vos races ! »

Portée par la plume vive de Mireille Calmel, « La Fille des Templiers », est un véritable moment de bonheur malgré la dureté de l’histoire.  Celle-ci a quelque chose de nouveau, offrant une autre facette de l’histoire des Templiers qui donne envie d’aller plus loin.

Cet Ordre, cette fois grâce à Mireille, nous invite à nous pencher sur lui et son secret.

Lire Mireille Calmel c’est une petite aventure. C’est vivre la passion qui l’anime. Car il s’agit là d’une véritable passionnée de l’Histoire, de l’écriture, du roman. Cette passion, elle nous la communique et nous entraîne dans un tourbillon.

Dans les livres de Mireille, et avec celui-ci nous sommes servies Mesdames, la femme a toujours un rôle emblématique porté avec charisme. L’héroïne de ce roman ne déroge pas à la règle.

Nous faisons donc connaissance avec Flore qui, au passage, est une jeune paysanne agréablement  contemporaine. J’ai été bluffée par la description faite de cette jeune fille, de ses parents, de son amoureux et de leur façon de vivre et d’être.  Nous n’avons aucune difficulté à les imaginer,  ce qui rend le récit très proche de nous.

Très vite nous plongeons dans l’intrigue. L’écriture n’offre aucun temps morts. Nous tremblons pour Flore et son entourage proche.  Les descriptions, loin d’être lassantes, nous laissent haletants et terriblement effrayés par ce que l’homme peut faire à ses semblables au nom d’une idéologie.

Comme d’habitude, je ne vous en dirai pas davantage.

Je ne souhaite qu’une chose : vous entraîner vous aussi dans ce tourbillon historique et vous  donner envie, comme moi, d’attendre avec impatience le tome 2.

http://www.xoeditions.com/auteurs/mireille-calmel/

Portrait de Mireille Calmel

https://mgchroniques.wordpress.com/2017/06/27/jai-rencontre-mireille-calmel-auteure/

Le Complot, de Nicolas BEUGLET – Editions XO

 

 

Si, en vous procurant Le Complot, vous pensez lire un thriller et rien qu’un thriller, passez votre route.

Si, comme moi, vous aimez les policiers sur fond historique, Le Complot est pour vous et vous ne serez pas déçu.

Un archipel isolé au nord de la Norvège, battu par les vents. Et, au bord de la falaise, le corps nu et martyrisé d’une femme. Les blessures qui déchirent sa chair semblent être autant de symboles mystérieux.

Quand l’inspectrice Sarah Geringën, escortée par les forces spéciales, apprend l’identité de la victime, c’est le choc. Le cadavre est celui de la Première ministre.

Qui en voulait à la chef de gouvernement ? Que cachait-elle sur cette île, dans un sanctuaire en béton enfoui au pied du phare ? Sarah, très vite, le pressent : la scène du crime signe le début d’une terrifiante série meurtrière. Dans son enquête, curieusement, quelqu’un semble toujours la devancer. Comme si cette ombre pouvait lire dans ses pensées…

De la Norvège à la vieille cité de Byblos, et jusqu’au cœur même du Vatican, c’est l’odeur d’un complot implacable qui accompagne chacun de ses pas. Et dans cette lutte à mort, Sarah va devoir faire face à ses peurs les plus profondes. à ses vérités les plus enfouies…

J’avais à peine ouvert le livre que j’étais déjà gelée, je cherchais mes gants, et je tapais mes pieds l’un sur l’autre histoire d’en faire tomber la neige qui s’y était accrochée. Bien qu’on soit en juillet, je  me suis retrouvée en hiver et en Norvège, à courir auprès d’une jolie rousse aux yeux bleus pétillants. Le genre de fille sympa, j’ai envie de dire, mais qui en a sous le moteur et qui sait ce qu’elle veut.

Elle c’est Sarah. Lui c’est Christopher.

Si je ne vous ai pas parlé de lui tout de suite, c’est qu’il arrive après. Tout est important dans ce livre. Du début, à la fin, y compris la complexité du personnage de Christopher. Parce-que moi je le trouve complexe ce garçon.

Les voilà donc qui courent tous les eux, qui se font des bisous et se promettent d’être heureux. Non, je n’ai pas dit qu’il y avait des violons. J’ai dit qu’ils se promettent d’être heureux. Ils se connaissent un peu. Ils arrivent d’un autre roman de Nicolas Beuglet « Le Cri ». Je vous rassure, on peut lire « Le Complot » sans avoir lu « Le Cri ».

Donc ils ont des raisons d’être heureux. Ils courent, ils sautent, ils enjambent des bosquets, ils sont tranquilles.  Ca caille mais eux ils sont heureux, et puis Christopher apprend à dire des phrases en Norvégien. Moi je dis que c’est peut-être pas la Dolce Vita mais c’est la belle vie. En tous cas de là où je suis, je suis drôlement contente pour eux même si j’ai hâte qu’ils rentrent à la maison se faire un chocolat chaud.

Et là un bruit assourdissant nous prend aux tripes, nous fait lever les yeux au ciel de là d’où arrive le bruit. Ce sont des hélicos. Ils se posent. On se demande qu’ils y sont. Enfin qui sont ces gens qui en descendent. Pourquoi ils sont là ? Que veulent-ils à ces jeunes gens qui s’aiment ?

J’ai eu un tout petit peur après que les hélicos aient embarqué la jolie Sarah, qui est inspectrice de police en Norvège, pour l’emmener sur les lieux d’un crime afin qu’elle enquête. Mission top secret. Christopher voit sa femme s’envoler dans les airs pour une destination inconnue.

J’ai dormi avec elle dans cet hélico inconfortable et bruyant. J’ai pas aimé certains militaires qui l’entourent.  J’ai pas aimé le voyage. Encore moins l’atterrissage et l’horreur que Sarah va découvrir.

Le crime horrible perpétré sur La Première Ministre Norvégienne.

Sans que je ne m’en rende compte, je me suis retrouvée, avec elle, puis avec Christopher, au coeur d’une intrigue de folie. Un truc incroyable, insoupçonnable. Une intrigue qui va  vous emmener, vous aussi,  de la Norvège au Liban, du Liban à l’Allemagne, puis à Rome.

Et ce n’est pas une balade de santé que vous allez faire. Nan, nan…Vous allez d’abord vous promener dans un Liban accueillant et chaleureux. Vous allez y sentir les bonnes odeurs, vous allez vous éponger le front, vous allez admirer Byblos. Mais vous allez aussi courir avec Sarah et Christopher, vous allez prendre des coups comme eux, avoir soif, avoir faim, avoir mal. Vous allez vous aussi vous retrouver avec des centaines de serpents qui vont vous chouchouter vous allez voir. Et pour la suite, Allemagne et Italie je vous laisse réserver les billets et faire comme moi…suivre le couple. Pensez à prendre de l’aspirine au passage.

Je ne veux pas trop spoiler mais sachez que cette enquête évoque une des plus grosses manipulations historique et religieuse. Nicolas n’a pas fait semblant, je veux dire qu’il n’a pas tout inventé. Il a fait un travail de pro, peut-être son passé de journaliste, pour s’appuyer sur des découvertes scientifiques. Il aborde le sujet de la masculinité avec une lucidité foudroyante et une description de certaines réunions, qui vous donnent froid dans le dos….

Nicolas Beuglet a cette écriture que j’aime. Vive, rythmée, percutante, incisive.  Mais aussi parfois un peu lente, quand il le faut, pour qu’on s’ennuie comme Sarah, que l’on trépigne comme elle, pour que notre coeur batte fort, très fort en espérant que la prochaine porte qu’elle va ouvrir soit la bonne et qu’elle nous livre le secret.

Ce livre n’est pas un thriller je vous l’ai dit. C’est bien mieux. C’est un roman où la place de la femme a toute son importance, et Sarah le sait bien et c’est pour cela qu’au fur et à mesure on tremble avec elle.

Merci Nicolas. Au nom de toutes les femmes, merci.

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Conte d’Ocitarina, de Zélie Jumel

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 Jeanne est une coquette princesse de 17 ans, d’Ocitarina, un royaume autosuffisant. L’Ocitarine, fruit miraculeux est très convoité.
Jeanne est l’Héritière.
Une grande charge repose sur ses épaules. Néanmoins, une menace approche. Trouvera-t-elle qui lui veut du mal avant qu’il ne soit trop tard ? Trouvera-t-elle autre chose ? L’amitié, l’amour,… Les apparences sont parfois trompeuses. La princesse doit faire très attention…

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OnceUponATime

Le livre de Zélie Jumel commence comme tous les contes « Il était une fois »… Rien que ça me donne du baume au coeur. J’oublie la vie quotidienne, le mauvais temps, les infos, les grèves, le chômage et je me plonge dans ce livre, pardon, dans ce conte joliment écrit.

Je lis avec délices, imaginant Ocitarina où il fait forcément beau et chaud. J’imagine le château, la campagne environnante. Je peux même entendre  les sabots des chevaux entrant dans la cour du château et le claquement des bannières et oriflammes en haut des tours.

J’entends le Roi parlant à Jeanne, et je devine  l’amour paternel empreint d’une autorité étouffante qui n’est que l’expression de la crainte de perdre sa fille.

Je devine la solitude de Jeanne qui, en peignant ses toiles, imagine un ailleurs qui lui est inaccessible et qui pourtant lui fait envie. Découvrir le monde, découvrir les autres, sortir de cette prison dorée et étriquée, sans blesser son père qu’elle aime tant.  Alors la peinture est pour elle un art-thérapie. Ce monde qu’elle ne peut découvrir, elle va l’inventer.

Survient « l’accident » qui la propulse au rang de Régente, l’oblige à prendre des responsabilités, et pas seulement pour elle mais pour les sujets de son père devenus les siens aussi.  A cause, ou plutôt grâce à cet accident Jeanne va beaucoup apprendre d’elle mais aussi des autres. De tous ces gens qui l’entourent et dont elle va découvrir la vraie personnalité, la vraie richesse de coeur pour certains et la trahison pour d’autres.

J’ai aimé ce conte où se mêle l’histoire et la psychologie. Zélie a su, de façon simple et pourtant très fine, nous amener sur les chemins de la découverte de soi.

Je recommande ce livre aux jeunes lecteurs dyslexiques,  mais aussi aux parents pour qu’ils s ‘envolent au royaume d’Ocitarina en lisant ce conte à leurs enfants illustré par Corentin Lecorsier.

 

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 Zélie sera en dédicaces….
8 et 9 juin au salon du livre d’Amiens bouche à oreilles
13 Octobre au salon du livre d’Aumale (76)
20 Octobre en dédicace à la librairie Martelle à Amiens

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https://www.facebook.com/ZelieJUMELAuteur/

https://zeliejumel.fr/

https://www.amazon.fr/Conte-dOcitarina-Z%C3%A9lie-Jumel/dp/B079VCZHXY/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1522013426&sr=8-1&keywords=Conte+d%E2%80%99Ocitarina

https://www.livraddict.com/biblio/livre/conte-d-ocitarina.html

https://l.facebook.com/l.php?u=https%3A%2F%2Fwww.babelio.com%2Flivres%2FJumel-Conte-dOcitarina%2F1041482&h=ATPdvNvlC15lGaHCzaMcyRdscmKG9_S5K8S4Bg-CP08L79xe3nr8b4kROcsQVGGU9JOpK4NAi1825MfKLpF1GKHdHB_hZYNftAlW4osZ7Xbyfvvwj92o

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Zélie Jumel, la nouvelle conteuse….

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Zélie fut ma première chroniqueuse, elle sera mon dernier portrait. Alors forcément, je suis un peu émue là tout de suite.

Où ai-je rencontré Zélie ? Ni elle, ni moi ne nous en souvenons. Nous avons eu beau passer deux soirées ensemble tout récemment, parcourir le Salon du Livre, nous faire photographier sous tous les plans, rire, soupirer : la mémoire nous fait défaut.

Nous savons que nous nous connaissons, et nous nous apprécions depuis plusieurs années. Nous nous suivons mutuellement, nous nous soutenons toujours et je suis heureuse d’avoir été la première à qui elle a dédicacé ce joli Conte d’Ocitarina.

Je vous laisse découvrir qui se cache derrière la jolie Zélie au sourire énigmatique et surtout, surtout, lisez son joli conte !

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Bonjour Zélie, peux-tu me raconter comment tu es venue à l’écriture et ce que tu as commencé à écrire ?

J’ai un peu écrit lorsque j’étais enfant. Je me souviens d’un texte inspiré des templiers dont l’action se déroulait en Corse (alors que je n’y suis jamais allée). Je suis revenue récemment à l’écriture avec mes deux mémoires de recherche et mon blog. Je passe mon temps à écrire alors ma vitesse de frappe augmente. J’en suis arrivée à l’écriture en elle-même, il y a trois ans à peu près. J’ai cherché des concours de nouvelles pour me lancer. J’ai écrit des poèmes sur des sites. J’ai bafouillé un peu puis j’ai eu la chance d’être publiée une première fois et hop, j’ai continué !

Tu faisais lire à quelqu’un ce que tu écrivais ou écrivais-tu des choses que tu ne montrais à personne ?

Quelques poèmes ou nouvelles sont sur des sites donc ils sont à la vue de tous. Pour la nouvelle publiée et le roman jeunesse, il n’y a eu que des bêta-lecteurs de choc.

Zélie, lisais-tu quand tu étais enfant et adolescente ?

Je lisais beaucoup, beaucoup. J’ai lu toute la bibliothèque rose, ver et jaune et or. J’ai adoré ! J’ai continué avec les lectures du collège, notamment les trois mousquetaires en 4e, puis Harry Potter. J.K. Rowling a inspiré un grand nombre de personnes de ma génération quand on regarde bien. C’est elle qui m’a donné envie d’écrire.

Avais-tu des auteurs préférés ?

Alexandre Dumas, J.K. Rowling, Mireille Lesage, Victor Dixen, Lucinda Riley, mais aussi beaucoup d’auteurs autoédités comme Sonia Dagotor et toi.

As-tu écris autre chose que des romans ?

J’ai écrit une nouvelle qui a été publiée dans le recueil tel le Phénix, Mouvements de l’esprit. J’aime écrire des nouvelles et participer à des concours. J’ai aussi écrit quelques poèmes.

Comment t’est venue l’idée de publier ?

Pour le roman jeunesse, je répondais à un appel à textes. Après avoir reçu une réponse négative, j’ai eu envie de faire quelque chose de ce texte qui était prêt. J’ai donc décidé de l’envoyer à d’autres maisons d’édition. Et j’ai eu une réponse positive ! Que de joie ce jour-là !

Est-ce toi qui conçois tes couvertures de livres ?

Pour Tel le Phénix, c’était une couverture basique. Pour Conte d’Ocitarina, c’est mon illustrateur, Corentin Lecorsier qui l’a réalisé.

Peux-tu  me parler, en quelques mots, de chacun des livres que tu as   publiés ?

Tel le Phénix : Mouvements de l’esprit publié chez Souffle court Éditions : c’est une nouvelle un peu particulière dans le domaine de la musique. Je n’y connais rien, mais heureusement j’étais dans un collège avec de bons musiciens, sinon j’aurais eu du mal, un grand merci à eux.

Conte d’Ocitarina : mon premier roman jeunesse publié chez Evidence Éditions, est adapté pour les lecteurs dyslexiques. C’est un conte avec les codes du conte et de très belles illustrations de Corentin.

As-tu déjà eu l’occasion d’être invitée en tant qu’écrivain à l’étranger ?

Non, mais j’aimerais bien…

Quelle place la lecture occupait-elle chez tes parents ? Y avait-il des livres, des journaux, des revues ?

Ma mère lit énormément, elle adore le policier par exemple mais lit également tout ce qui lui tombe sous la main ou que je lui ramène. Elle a gardé tous ses livres alors j’ai pu piocher dedans et découvrir de véritables pépites.

Y a-t-il des moments précis où tu écris ?

En général, j’écris pendant les vacances scolaires, quand mon esprit est un peu relâché de la pression de mon métier : professeur. Ma période préférée reste celle de l’été, car elle est la plus longue et me permet d’écrire, mais aussi de corriger et d’améliorer.

Comment écris-tu ?

J’écris quasiment exclusivement sur mon PC, je trouve que c’est tellement plus pratique pour pouvoir modifier tout de suite, voir ce que cela donne tel ou tel mot, telle ou telle expression, avoir son texte amélioré au fur et à mesure. J’adore !

Comment te vient l’idée d’un roman ?

Comme souvent je réponds à un appel à textes, je me laisse porter par l’écriture. Je me rends compte ensuite que j’inclus beaucoup de choses que je connais, que j’ai croisé ou que j’ai lu.

De qui t’inspires-tu  pour vos personnages ?

D’un peu de chacun !

Une dernière question, est-ce que selon toi l’écrivain a un rôle particulier à jouer dans la société ?

Oui, il a un rôle à jouer. Il peut dénoncer certains faits de manière subtile, parler de sujets difficiles et faire comprendre aux lecteurs certaines choses de manière très douce.

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Le questionnaire façon Amélie Poulain

Zélie aime

  • La forêt noire (le gâteau)
  • L’odeur des vieux livres (et des neufs)
  • Se promener dans la campagne au hasard
  • L’Histoire
  • La Picardie

Zélie n’aime pas

  • L’hypocrisie
  • Le soleil dans les yeux
  • Les gens sans avis ou qui en changent trop souvent
  • Le froid (en ce moment, on est gâté)
  • Les légumes coupés en lamelles

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https://www.facebook.com/zelie.jumel?ref=br_rs

https://zeliejumel.fr/

https://www.babelio.com/livres/Jumel-Conte-dOcitarina/1029746

https://www.livraddict.com/biblio/livre/conte-d-ocitarina.html

Cristina sans H mais avec un coeur immense

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Je voyais son nom sur les pages auteurs …

Je voyais son nom parce qu’elle est chroniqueuse et que cette fille là voyez-vous, cette Cristina sans H, je me disais qu’elle avait une sacrée plume. Une gentille façon de parler des auteurs.

Je voyais son nom et je me demandais comment moi petite auteure, je pourrais l’approcher cette Cristina sans H qui chronique les auteures très, très connues, des Virginie Grimaldi, des Agnès Martin-Lugand, pour ne citer qu’elles.

Je voyais son nom, et puis un jour j’ai tenté. Alors je lui ai écrit. Et elle m’a répondu. Et on a échangé. Et j’ai adoré nos échanges.

Et puis un jour, j’ai vu mon nom sur son blog et ce jour là, croyez-moi, j’ai eu les larmes aux yeux parce que cette fille là, cette Cristina c’est pas seulement une chroniqueuse, c’est un coeur gros comme l’univers, c’est une injection de rappel à l’amitié, c’est à elle seule Noël, Pâques, et tous les jours fêtes.

Et puis Cristina et bien elle sort un livre. Oui un livre qu’elle a écrit pour elle, pour nous les nanas. Un livre superbement écrit.

Du coup j’ai eu envie de lui faire son portrait à ma Cristina sans H.

Love.

Margaux

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Bonjour Cristina, pouvez-vous  me raconter comment vous êtes venue à l’écriture et ce que vous avez commencé à écrire ?

J’ai toujours écrit sur tout, partout. Petite, j’avais mon journal intime, au collège, j’étais celle qui écrivait les plus longues rédactions, à la fac, je manquais toujours de temps pour mes dissertations, j’ai toujours quelque chose à raconter, je suis celle qui parle de trop. De là à se lancer dans l’écriture d’un livre, le courage et le manque de confiance me manquaient. ..En étais-je vraiment capable ? Créer mon blog en 2014 a été un premier pas vers l’écriture « publique ». J’y écris sur la vie, sans filtre, sur les joies et les déceptions de maman, sur les difficultés d’être une femme accomplie, mais aussi mes coups de cœur et bien sûr quelques coups de gueule. Mes deux lignes conductrices : être authentique et le partage. Mes lecteurs les plus fidèles m’encourageaient alors à écrire quelque chose de plus grand. Un livre.Que voulez-vous dire ? Un livre, un vrai ? Oui ! Mon Dieu ! Beaucoup m’attendaient dans le style « Bridget Jones »…j’ai peur de décevoir certains, bien que je pense avoir essayé de traiter mon sujet avec humour, ce qui est pour moi indispensable.

En mars 2017, à la suite d’un très difficile passage dans mon job, je décidai de me lancer dans ce grand chantier, pour m’évader de mes journées de bureau surréalistes et psychologiquement éreintantes… L’histoire, inspirée de mon vécu, s’est naturellement imposée à moi…j’étais embarquée, vol long courrier, business class.

Faisiez-vous lire à quelqu’un ce que vous écriviez ou écriviez-vous des choses que vous ne montriez à personne ?

J’ai écrit les premières cent pages seule, sans les faire lire à personne…mes voisins de table chez Starbucks (où j’écrivais la plupart du temps) ont du me dérober quelques mots par ci  et par là, mais je n’ai eu aucun avis avant de le faire lire à mon amoureux. De manière tout à fait objective, il m’a dit « Fonce ». Mon premier avis professionnel sur ces premères pages est arrivé très vite, quand, contactée par 2 maisons d’édition, je leur faisai alors lire les prémices de mon manuscrit. Ils m’ont répondu « Fonce ».

Lisiez-vous quand vous étiez enfant et adolescente ?

Je lis depuis toujours (je sais, ce n’est pas original, mais c’est vrai), de tout, ma curiosité à été très vite aiguisée par des sujets très divers. J’ai commencé comme beaucoup de petites filles par la bibliothèque rose  puis Agatha Christie dont j’avais toute la collection. Puis très vite, j’ai ressenti le besoin d’accéder à des histoires plus fortes, « des histoires de grands ». Je dois avouer que mon sujet de prédilection était tout de même la romance… A 14 ans, j’avais déjà lu tout Barbara Cartland (ne ris pas)…Je me souviens avoir acheté en cachette « Le journal de Laura Palmer », tiré de la série de David Lynch, « TwinPeaks » et d’avoir été à la fois fascinée et dérangée. A 16 ans, Le Rouge et Le Noir était ma bible, Jane Austen ma meilleure amie. A 18, « La Belle su Seigneur » devenait mon essentiel.

Aviez-vous des auteurs préférés ?

Oui, bien sûr. Je lisais énormément de choses très différentes mais si je devais relire un livre ou l’emmener avec moin sur une île déserte, mon choix se portait toujours sur les mêmes auteurs : Stendhal, Alberto Moravia, Gabriel Garcia Marquez, Albert Cohen, Isabel Allende, Kundera, Fernando Pessoa. Une force indescriptible m’attirait vers ces « grands » auteurs, comme un besoin d’exprimer que j’avais une petite place quelque part, bien à moi. Je saisissais la chance de pouvoir accéder à un monde érudit, contrairement à mes parents, par exemple, à qui la possibilité de faire des études n’avait pas été donnée.

Avez-vous écrit autre chose que des romans ?

Non, il s’agit de mon premier, Margaux ! Mon deuxième est en cours…(info exclusive !)

Dites-moi Cristina, comment vous est venue l’idée de publier ?

Je n’y pensais pas un seul instant quand je me suis lancée dans l’aventure. Je voulais que mon projet soit pleinement abouti, l’avoir lu, relu et sûrement recommencé mille fois avant de m’armer de courage et de l’envoyer aux maisons d’édition. J’imaginais par contre, déjà bien, les lettres de refus qui auraient pu affluer en grand nombre et me noyer dans  des litres de vodka pomme. J’ai eu la chance d’être contactée pendant l’écriture de mon livre (grâce à mon blog, sur lequel j’avais mentionné mon projet)  et de signer un contrat avec les Editions Seramis, avant même d’avoir terminé mon manuscrit. Je suis extrêmement chanceuse, je le sais.

Est-ce vous qui concevez vos couvertures de livres ?

Absolumen t pas. C’est le graphiste de Seramis qui s’en est occupé. Je dois confesser qu’au premier abord, la couverture de mon livre ne me plaisait aucunement. Je ne savais pas si je le trouvais trop feel-good, pas assez sérieuse, ridicule, ou trop loin de ce que j’avais imaginé. Mon éditrice, Hélène, était persuadée qu’elle pouvait plaire et, justement venir contrebalancer le sujet un peu difficile. Je lui ai fait confiance.

Pouvez-vous me parler, en quelques mots, de votre livre ?

 « Une carte postale du bonheur » nous parle de Juliette, qui vit depuis neuf ans avec un mari qui ne la fait plus rêver. Amoureuse de l’amour, elle le vit désormais par procuration en lisant Jane Austen et en élevant son petit garçon de cinq ans. Mais, à quinze jours de fêter son trentième anniversaire, Juliette suffoque et ne parvient plus à faire semblant. Elle décide de demander le divorce.

Quand son mari quitte le domicile familial, Juliette se retrouve plongée dans un état de fragilité et de confusion totale. Thomas débarque alors dans sa vie sans crier gare. Par ses attentions, ses cadeaux et sa présence parfois oppressante, il se rend rapidement indispensable. C’est le début d’une histoire d’amour qui ne va pas tarder à se transformer en une véritable descente aux enfers. En l’espace de quelques mois, Juliette se métamorphose pour devenir une personne qu’elle n’a jamais été : soumise, dépendante, à la recherche d’un physique qui n’est pas le sien. Thomas surveille non seulement son poids, mais aussi ses tenues, ses mails et le moindre de ses mouvements.

Ses amis ont beau l’exhorter à fuir cet homme qu’ils qualifient de pervers narcissique, Juliette ne veut rien entendre. Elle veut croire au bonheur et revient même sur sa décision de ne pas avoir d’autre enfant. À la naissance de son deuxième garçon, il lui faudra pourtant puiser dans ses dernières ressources pour ne pas sombrer définitivement et entamer un combat qui laissera des traces indélébiles.

Je n’ai pas voulu écrire un livre où l’on tombe dans le pathos et l’on fait sombrer le lecteur. J’ai voulu y décrire les mécanismes, mais aussi le processus de reconstruction et de rechute, la guérison.

Dire que cela peut arriver à toute personne normalement constituée.

J’ai été stupéfaite de voir le nombre de personnes (il n’y a pas que des femmes), qui ont été confrontées à ce type de personnes qui ravagent tout sur leur passage : votre personnalité, vos rêves, votre dignité. J’ai reçu beaucoup de messages très touchants. Il était alors important pour moi de délivrer une note positive et d’espoir.

Renaître des cendres est possible.

Quelle place la lecture occupait-elle chez vos parents ? Y avait-il des livres, des journaux, des revues ?

Ma mère lisait surtout de la presse, magazines et différentes revues comme Paris Match ou Femme Actuelle .J’ai appris à lire avec mon père en lisant l’équivalent de l’Equipe au Portugal, « A bola ».  Mais c’est bien seule, puis plus tard grâce à de formidables professeurs de français, que je poussais les portes de la littérature.

Y a-t-il des moments précis où vous écrivez ?

J’ai du écrire pendant pratiquement toutes mes pauses déjeuner pendant un an…Comme tout le monde, je manque de temps, alors j’écris aussi sur mon smartphone ou sur ma tablette, dans les transports ou dans les salles d’attente, pendant mes séances d’aquabiking. Je ne suis pas du matin et ne me lèverai jamais tôt pour écrire, c’est au dessus de mes forces, j’admire ceux qui le font ! Je suis par contre capable d’écrire toute la nuit…

Comment vous vient l’idée d’un roman ? De qui vous inspirez vous pour vos personnages ?

Mon premier, comme je l’ai indiqué plus tôt, m’a été inspiré d’une histoire que j’ai vécue. Parler de soi peut évoquer la facilité, pourtant, je trouve que ce n’est pas le cas, bien au contraire. Ce fut l’exercice le plus difficile qu’il m’ait été donné d’effectuer.

Mon second, qui est encore au stade d’embryon, m’est venu une nuit, alors que je n’arrivais pas à dormir. Je me suis empressée de me saisir de mon minuscule carnet à paillettes, sur lequel je jette toutes mes idées et j’ai noirci 4 pages…personnages, intrigue, type de récit, époque, documentation nécessaire. C’est inspiré d’une partie de l’histoire de mon peuple mais aussi de tranches de vie de femmes que j’ai connues…les vaillantes, les insoumises, les guerrières. Je ne peux en dire plus pour le moment. Une seule certitude : la vie et les gens sont les sujets les plus inspirants que je connaisse.

Une dernière question, est ce que selon vous l’écrivain a un rôle particulier à jouer dans la société ?

Je fais partie de ces personnes qui sont persuadées que l’écriture a beaucoup de vertus thérapeutiques. Si l’écriture de mon premier roman a définitivement clôturé un passage de ma vie et fait prendre conscience que tout était bien derrière moi, je suis aussi cette lectrice qui recherche dans ses lectures des sensations fortes, le vertige, les émotions. Les livres qui m’ont le plus marquée sont ceux qui m’ont fait pleurer des torrents de larme, ceux qui m’ont permis de me remettre en question, ceux qui sont venus bousculer mes convictions. Les écrivains ont ce pouvoir de vous toucher en plein cœur, de vous panser, vous bercer, vous rassurer ou justement vous faire douter. Tout cela grâce à des mots. C’est tout de même fantastique. Il y a peu de temps, je terminais le dernier livre de Joyce Maynard,  « Un jour, tu raconteras cette histoire », effondrée, je baignais dans mes larmes. L’amoureux pensait qu’il était arrivé quelque chose de grave, il était impossible de me calmer. Plus tard, il me dirait, « C’est juste un livre ». Oui, juste un livre. Juste une auteure qui a su me bouleverser avec des mots. Quelle force.

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Le questionnaire façon Amélie Poulain

Cristina aime

  • Les mojitos
  • Bruno Mars
  • Le soleil qui caresse la peau
  • L’amour
  • Le poulpe à l’ail et avec un soupçon d’huile d’olive (je sais, je viens de faire tomber le mythe, là)

Cristina n’aime pas

  • Les personnes envieuses
  • La méchanceté gratuite – même tout court, d’ailleurs
  • Le froid
  • La mauvaise foi
  • Les gens qui ne ramassent pas les crottes de leur chien dans la rue (ça me rend dingue)

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