Conférence du 5/11/2016 – Archipel des sans-voix

Samedi 5 novembre 2016, au siège du Grand Orient de France à Paris 9e, devant un public de 200 personnes intéressé et désireux de mieux comprendre leurs difficultés et leurs propositions de solutions  des Sans-Voix ont témoigné de leurs parcours et proposé des solutions qui leurs tiennent à coeur.

http://archipel-des-sans-voix.fr/samedi-05112016-reunion-publique-a-paris-des-sans-voix-proposent/

 

 

 

Bienvenue sur mon blog

 

Je vous souhaite bienvenue sur mon blog

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Je ne suis pas chroniqueuse et encore moins critique. J’aime les gens, l’amitié, la culture sous toutes ses formes. Je réalise simplement des interviews qui permettent à chacun de se raconter.

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Une jolie balade à Mottereau aux portes du Perche

Mottereau, et plus particulièrement son château, a nourri beaucoup de mes fantasmes adolescents. « Plus grande j’achèterai le château » voilà ce que je disais souvent voire toujours. Et je n’ai jamais acheté le château. J’aime à m’y promener, tout comme lorsque j’étais adolescente et jeune femme. J’aime ce village tranquille aux portes du Perche et surtout, je cite, « dans un site idyllique qui annonce les paysages proustiens tout proches ». C’est très beau, très doux. Finalement je ne regrette pas de ne pas avoir pu l’acheter. Je peux ainsi y venir et profiter d’un magnifique moment qui fait du bien à l’âme et au corps.

Un jour je prendrai le temps de vous raconter son histoire. Mais pour le moment je vous laisse découvrir le lieu.

Les Dédicaces – Cyril Massarotto

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En recevant le livre de Cyril, je me suis demandé à quoi je devais m’attendre cette fois-ci. Lire un livre de Cyril s’apparente pour moi à un jeu. Un jeu du style « Jeux d’enfants ». Cap pas cap ? Cyril aura-t-il osé ? Je me suis souvent penchée pour récupérer la toupie (pour ceux qui auraient vu le film) et retrouvée dans la position de celle qui doit relever le défi « Lire Cyril et faire une chronique ».

Avec « Les Dédicaces » la surprise est de taille. Mazette. Je tourne et retourne le livre entre mes mains. Cyril est cap. Il va encore me surprendre. Je le sais. Je le sens.

« Les Dédicaces » Ah, ah, ah…je me marre. Et si le titre était trompeur ? Et s’il ne s’agissait que d’un prétexte, une subtilité, une pirouette de Cyril pour nous inviter à jouer avec lui sur un autre terrain ? J’ai flairé le défi, si tant est qu’un exercice de style soit un défi, et Pour pas que je me perde dans le quartier j’ai d’abord cherché ce qu’était une dédicace. Son sens. Profond. Après tout j’ai le droit de savoir pourquoi Claire, l’héroïne, collectionne des livres dédicacés qu’il s’agisse d’une dédicace d’auteur à un lecteur, ou d’un inconnu à quelqu’un. Est-ce pour en tirer profit ? C’est vrai, revendre un livre dédicacé par Sartre peut s’avérer juteux. Oui mais non. Parce-que Claire les collectionne. Donc comme tout collectionneur, elle comble un vide. De quel vide s’agit-il ? Quel témoignage d’amitié, de gratitude ou d’amour Claire cherche t’elle à travers ces dédicaces ? 

Et puis voilà que Claire rencontre Frédéric. Frédéric Hermelage qui adresse de drôles de dédicaces aux jolies dames. Frédéric Hermelage qui, avec son éditeur, descend les auteurs poids lourds commerciaux et colonne vertébrale de grosses maison d’éditions, au nom de la défense de la « littérature ». Une délicieuse rencontre alchimique entre Claire et Frédéric jusqu’à ce que leur jeu d’enfants à eux prenne une dimension inattendue.

La lecture des Dédicaces est un délice, un enchantement, une sensation de « rentrer à la maison » après un long voyage, déguster « une Madeleine de Proust », « Ecouter les Gnossiennes », « Marcher sous la pluie à Montmartre ». Si vous ne m’arrêtez pas je peux faire, non pas « la liste de mes envies » mais celle de tous les plaisirs ressentis lors de ma lecture. Il faut dire qu’entre Cyril et moi, le petit jeu dure depuis un bon moment. En général, je lis plutôt ses livres chaque été sur la plage de Montalivet et je suis la seule dame en maillot de bains noir, une pièce je précise, à me secouer compulsivement de rire sous mon parasol en m’exclamant : « Oh non, je ne le crois pas ! Il a osé » ! Il m’arrive aussi, parce-que j’ai les yeux au bord du cœur, de chercher frénétiquement mon paquet de Kleenex au fond de mon panier en osier, entre l’huile solaire et les galets qui deviendront des messages d’amour. Ca se fait beaucoup de dire « Je t’aime » à quelqu’un par l’intermédiaire d’un galet. On peut dire je t’aime de mille façons.

Grâce à une dédicace par exemple…

« Je ne prétends pas donner de leçon, mais on sait que peu de grands romans sont de simples histoires d’amours, alors que nombreux sont les chefs-d’œuvre à dépeindre de façon pointilliste des histoires d’amour sur des toiles de fond historiques, et même si l’arrière-plan est forcément tracé de manière brute, il donne avec force la mesure de l’urgence, de l’irrépressibilité du sentiment amoureux. »

Le style de Cyril est tendre et cruel à la fois. Addictif au plus haut point. Faites gaffe parce-que dès que vous ouvrirez son livre vous ne pourrez pas le refermer avant la fin.

Merci Cyril. Merci mille fois. Et n’attends pas trop longtemps avant de me rendre la toupie…

Le Dernier Message, de Nicolas Beuglet paru aux Editions XO

Voulez-vous vraiment connaître la vérité ?
Le dernier message pourrait vous plonger dans des abysses d’angoisse et de folie…

Île d’Iona, à l’ouest de l’Ecosse. des plaines d’herbes brunes parsemées de roches noires. Et au bout du  » Chemin des morts « , la silhouette grise du monastère.

Derrière ces murs suppliciés par le vent, un pensionnaire vient d’être retrouvé assassiné. Son corps mutilé de la plus étrange des façons. C’est l’inspectrice écossaise Grace Campbell qui est chargée de l’enquête. Après un an de mise à l’écart, elle joue sa carrière, elle le sait.

Sous une pluie battante, Grace pousse la lourde porte du monastère. Elle affronte les regards fuyants des cinq moines présents. De la victime, ils ne connaissent que le nom, Anton. Tous savent, en revanche, qu’il possédait un cabinet de travail secret aménagé dans les murs. Un cabinet constellé de formules savantes…

Que cherchait Anton ? Pourquoi l’avoir éliminé avec une telle sauvagerie ? Alors qu’elle tente encore de retrouver confiance en elle, Grace ignore que la résolution d’une des énigmes les plus vertigineuses de l’humanité repose tout entière sur ses épaules…

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Lire un thriller de Nicolas Beuglet c’est aller au-delà de la simple lecture, du simple frisson à la lecture d’un bon polar. Lire Nicolas Beuglet c’est s’exposer, au-delà d’une intrigue policière, à découvrir, à apprendre et avoir envie d’en savoir davantage à l’issue de la lecture. 

C’est ce qui vient de m’arriver,une fois de plus. Et ce ne sera jamais, je pense, la fois de trop. En effet, quels que soient les thrillers de Nicolas Beuglet, nous entrons dans l’Histoire vous savez ? Non ? Mais si, celle avec le fameux grand H.

Dans « Le Dernier Message », Nicolas nous emmène en Ecosse. Ça tombe bien, me dis-je, j’y ai séjourné, je vais y retrouver les paysages, l’ambiance, et tout ce que j’aime de l’Ecosse. Et bien pas seulement. J’ai revisité des lieux, senti des ambiances, goûté des mets, mais ne vous méprenez pas je n’étais pas là en touriste…non, non, non. Sitôt passé le Loch Ness, je suis arrivée dans les antres d’une histoire hors du commun.

Dans une ambiance lugubre, battue par le froid, la pluie et les tempêtes, j’ai marché sur un sentier le long duquel je me suis retrouvée nez à nez avec les tombeaux des rois de Dal radia et ceux des premiers rois d’Ecosse, découvert une Abbaye construite sur les vestiges d’un monastère datant de 563 par un moine qui est le premier à avoir vu le monstre du Loch Ness, descendu en rappel dans des grottes inexplorées et découvert un monde souterrain aussi captivant qu’effrayant. Nicolas nous rappelle, à l’occasion, que l’homme confine souvent au creux de la terre ce qu’il craint mais parfois ce qu’il aime et souhaiterait voir sauver.

J’ai parcouru la lande, sauté dans des avions, me suis retrouvée au Groenland où j’ai découvert des autochtones, fait la connaissance de savants très savants et pour cause. En lisant le livre vous comprendrez pourquoi.

Bref, je n’ai pas arrêté. Et vous non plus vous n’arrêterez pas croyez-moi ! L’écriture vivante de Nicolas, vous invitera, tout comme moi, à devenir coéquipier de l’héroïne du « Dernier Message ».

Mais, pour découvrir qui a tué Anton il faut le mériter. Il faut partager le quotidien de Grâce, jolie jeune femme mise à l’écart durant un an et envoyée sur cette affaire parce-que ce jour là personne d’autre qu’elle ne pouvait le faire. Et ce sera une chance pour elle.

Il faut attendre quelques pages, pour que le vernis craque légèrement et que l’on découvre qui est cette boulimique repentie, solitaire et secrète au point d’avoir sacrifié une pièce de son appartement pour le remplir de secrets que seul un anneau qu’elle porte au pouce semble connaître.

Encore quelques autres pages pour découvrir Naïs qui, comme elle, enquête sur ce meurtre et …celui à venir. Parce-que voilà, il y a un autre meurtre à venir. Et là tout va aller vite, très vite et l’écriture addictive de Nicolas va vous empêcher de refermer son livre.

Les révélations que vous découvrirez vous donneront envie d’aller plus loin, plus vite, encore plus vite pour ne pas perdre une miette de ce que vous allez apprendre.

Ce thriller nous invite à la réflexion sur notre monde, sur notre façon de fonctionner, sur qui nous sommes, d’où nous venons, où nous allons, pourquoi et comment.

Ce roman n’est pas qu’un thriller. C’est aussi et surtout une source de réflexions sur notre futur, un constat sociétal que nous ressentons toutes et tous en ce moment.

Ce roman vous offre les clés et vous invite à aller plus loin dans votre réflexion.

Je remercie, vraiment, de tout cœur Nicolas et les Editions Xo, pour ce livre.

Sylvain DUBOIS – Auteur

Bonjour Sylvain, merci d’accepter de faire votre portrait pour les lecteurs de mon blog.

Bonjour, merci à vous de m’avoir proposé ce portrait !

Pouvez-vous me raconter comment vous êtes venu à l’écriture et ce que vous avez commencé à écrire ?

Je suis venu à l’écriture assez tard, il y a dix ans environ, j’ai participé à un concours d’écriture organisé par un journal local, il fallait écrire une nouvelle de Noël. J’ai obtenu le deuxième prix.
Ça m’a encouragé, d’autant plus que c’était la période où je suivais la formation Ecrivain Public par le CNED.

Faites-vous lire à quelqu’un ce que vous écrivez ou écrivez-vous des choses que vous ne montrez à personne ?

Cela dépend. Quand c’est dans le cadre de mon activité d’écrivain public, non, seule la personne pour qui je travaille lit le texte en cours de route.
Si c’est un texte de fiction, que j’écris en mon propre nom, oui, je le fais lire à quelques personnes, toujours les mêmes.
J’écris aussi, de façon épisodique, un journal, et ça, personne ne le lit.

Lisiez-vous quand vous étiez enfant et adolescent ?Avez-vous des auteurs préférés ?

Je lisais enfant, et je lis toujours, énormément, c’est une passion. C’est entrer dans un autre monde. La lecture, c’est un tapis volant.
J’ai commencé par les bibliothèques rose et verte avant d’ouvrir mon horizon et mes styles de lecture.
Mes auteurs préférés… il y en a tellement… disons Louis-Ferdinand Céline, Marcel Aymé, et Stendhal. D’une manière générale, j’aime les classiques, leur style m’enivre. Et je ne peux pas ne pas citer San-Antonio, une écriture jubilatoire.

Quelle place la lecture occupait-elle chez vos parents ? Y avait-il des livres, des journaux, des revues ?

Mes parents lisaient, mais sans plus. Surtout le journal et des revues. Moi j’étais plutôt attiré par les livres. En tout cas ils ne m’ont jamais freiné, bien au contraire ! J’allais souvent à la bibliothèque.
Le vrai déclic, ça a été quand ma grand-mère m’a offert à huit ans « Le Petit Chose », d’Alphonse Daudet.

Avez-vous écrit autre chose que ce roman ?

Pour ce qui est publié, non.
Il y a tout de même eu quelques nouvelles, pour des concours principalement.
J’ai participé aussi pendant presque deux ans à une revue pour enfants, petits poèmes et textes.

Comment vous est venue l’idée de publier ?

C’est le rêve de toute personne qui écrit, car si le texte reste dans un tiroir, il est comme inachevé. Ce n’est certes pas ma première tentative et trouver une maison d’édition est très dur.

Est-ce vous qui concevez vos couvertures de livres ?

Non, c’est la maison d’édition.

Pouvez-vous me parler, en quelques mots, du livre que vous avez publié ?

Cela se passe en Californie, au temps de la Ruée vers l’or, vers 1850. Un charlatan itinérant, misogyne et bourru, recueille une jeune fille dont la famille a été massacrée par les Indiens. Ils vont devoir cohabiter et ils vont parcourir cette contrée, rencontrer d’autres personnages. C’est une époque violente, en mutation aussi, très intéressante.

Y a-t-il des moments précis où vous écrivez ?

En général en soirée. En tout cas il me faut le calme, le silence.

Comment écrivez vous ?

Sur PC principalement. Je peux faire un premier jet au stylo, noter quelques idées, mais l’essentiel de l’écriture se fait sur PC.

Comment vous est venu l’idée de ce roman ?

En écoutant les paroles d’une chanson (que j’ai mises en épigraphe). Le personnage du charlatan m’est apparu, et l’époque. J’ai ensuite tout bâti autour de ça.

De qui vous inspirez vous pour vos personnages ?

De personne en particulier. Les personnages ont leur propre caractère, leur propre vie. J’ai pu prendre quelques traits de ce que je vois autour de moi, mais ce sont des personnages de fiction avant tout.

Une dernière question, est ce que selon vous l’écrivain a un rôle particulier à jouer dans la société ?

Particulier, je ne sais pas, mais un rôle, c’est certain. Qu’il fasse rêver les gens, qu’il les sensibilise, qu’il dénonce quelque chose, il est utile.
Le pouvoir des mots, de tous temps, est extraordinaire qu’il s’agisse de Platon, Voltaire, Hugo, ou Rimbaud, Gide, ou encore Shakespeare.

Le questionnaire façon Amélie Poulain

Sylvain aime

Lire

L’humour

La musique

La montagne

L’automne

Sylvain n’aime pas

L’arrivisme

Le sport

L’intolérance

La tomate

La violence

http://editions-mutine.over-blog.com/2020/08/l-etoile-dans-la-poussiere-de-sylvain-dubois.html?fbclid=IwAR2dmkw2bjSIcvoW84WueZMVkUbs-BjdTMTHsOjaaXxNwZSBm5vom1r_blw

Un jour viendra couleur d’orange, de Grégoire Delacourt

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Tandis que le pays s’embrase de colères, Geoffroy, treize ans, vit dans un monde imaginaire qu’il ordonne par chiffres et par couleurs. Sa pureté d’enfant «  différent  » bouscule les siens  : son père, Pierre, incapable de communiquer avec lui et rattrapé par sa propre violence  ; sa mère, Louise, qui le protège tout en cherchant éperdument la douceur. Et la jeune Djamila, en butte à la convoitise des hommes, fascinée par sa candeur de petit prince.
Fureurs, rêves et désirs s’entrechoquent dans une France révoltée. Et s’il suffisait d’un innocent pour que renaisse l’espoir  ? Alors, peut-être, comme l’écrit Aragon, «  un jour viendra couleur d’orange (…) Un jour d’épaule nue où les gens s’aimeront ».
Lumineuse, vibrante, une grande histoire d’humanité.

*-*-*-*

Je ne sais pas si l’amour sauve de tout mais Grégoire Delacourt, dans son dernier ouvrage, tente de nous en convaincre. Et le démontre. Et bigrement bien.

Ce roman est viscéral. J’ignore si cela se dit mais vous comprenez ce que je veux dire. Il vous prend aux tripes dès les premières lignes.

Pierre est en colère. Une rage contenue des mois, des années, des siècles. Il a cru en l’amour. Au pouvoir de l’amour. Tellement qu’il a fait un enfant à celle dont il est tombé amoureux fou, et qui le lui rend bien. Mais voilà. L’enfant naît. Et il est différent. Différent des autres enfants. Ce n’est pas l’enfant dont Pierre « rêvait ». Ce n’est pas avec Geoffroy qu’il pourra jouer au foot, taper le carton, balancer des cocktails Molotov sur le Centre des Impôts de sa commune. En plus d’avoir un enfant « différent », Pierre perd son boulot, et d’ouvrier qualifié il devient simple vigile. Et encore. A mi-temps. Il n’est plus rien. Alors, il se saoule avec ses potes, baise avec une vague copine, et ne voit plus la beauté du monde qui l’entoure. Parce-que de la beauté il y en a encore mais pour la percevoir, la palper, la toucher du bout des doigts il faut que la colère disparaisse. Mais pour le moment ce que veut Pierre c’est « Juste une vie juste ». Alors avec ses potes, ils rejoignent le mouvement des Gilets Jaunes. Parce-qu’il y en a marre. Marre de tout. Alors on va en découdre avec là-haut. Avec les puissants. On va leur faire cracher le pognon. On va les dégommer. On va tout déchirer.

« Il se savaient des chasseurs qui finiraient tôt ou tard à leur tour à être pourchassés. en attendant, il fallait tenir. Quand le barrage a été installé, ils ont bu un coup ».

Louise, son épouse, est discrète, effacée. Infirmière en soins palliatifs, elle aide les malades à passer de l’autre côté. Tout l’amour qu’elle ne peut plus donner à Pierre, elle le donne aux autres. A sa façon. Elle rassure, câline, apaise, dit des mots doux à des yeux sans espoir, des yeux déjà morts face à un mur bleu. A un mur couleur azur. Parce que le bleu azur, ça calme.

« On disait ici, au cinquième étage de l’hôpital, que la douleur concernait le corps et la souffrance l’âme. Au corps, les médecines, les équations chimiques. Les soulagements. À l’âme, la douceur, la musique des mots, l’empathie. Le corps lâche le premier. L’âme s’accroche. Toujours. À cause d’un souvenir d’enfance. Un grain de peau aimée. Un rire étouffé. Une odeur de pluie poussiéreuse. Louise aidait ceux qui partaient. Et quand un sourire se posait sur les visages chiffonnés, elle savait qu’elle trouvait les mots justes, mené les moribonds à cette joie insaisissable qui permet le lâcher-prise. Sa main s’est contractée au souvenir de toutes celles qui s’étaient figées dans la sienne. »

Et puis il y a l’amour qu’elle donne à Geoffroy son fils. Le différent. Le moqué. Le harcelé. Le battu. Le malmené. Geoffroy le super intelligent. Geoffroy qui connaît les couleurs, les arbres, les oiseaux, le ciel, les nuages et qui compte ses pas. Parce que ça le rassure de compter ses pas. Çà le rassure de compter tout court.

« Les chiffres étaient un équilibre, une certitude, tout comme les couleurs ».

Et puis il y a Djamila. Djamila la douce. Djamila la tendre. Djamila la rebelle. Djamila qui sait que sa perle, son or, sa vie c’est Geoffroy. Parce-que Geoffroy est doux. Parce-que Geoffroy est beau. Parce-que Geoffroy ne veut qu’une chose : aimer et être aimé. Simplement. Tout simplement. Loin de la fureur du monde. Loin de l’oppression sociale. Et Djamila lui apporte tout cela. La douceur, la bienveillance, la tolérance, l’écoute, le touché…

Je me suis arrêtée plusieurs fois en cours de lecture pour reprendre mon souffle. Parce-que le roman de Grégoire nous secoue. Il peut nous révolter. Oui il le peut. Mais il nous emporte ailleurs. Il nous emmène loin. Dans une forêt où tout n’est que luxe, calme et volupté. Où tout est possible. Grâce à Hagop qui, tout comme sa famille depuis des millénaires, sait le mal que l’homme peut faire à l’homme. Alors Hagop, pionnier si l’on peut dire d’une vie « différente », va leur tendre la main. A tous. Et écarter les branches des arbres pour les amener vers  un écrin de verdure où seul l’amour règne.

 

 

 

Poly, de Nicolas Vanier avec la collaboration de Virginie Jouannet

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Été 1964. A Beaucastel, dans le Gard, les chansons yéyés résonnent dans les transistors et les enfants piquent une tête dans les eaux claires de la Cèze pour se rafraîchir. Dans ce décor idyllique, pourtant, Cécile ne cesse de pester. Pourquoi sa mère, Louise, lui a fait quitter Paris pour ce « trou paumé » ?

Ici, rien ne va pour elle : sa nouvelle maison est sordide, les gamins du coin sont moqueurs, son père, parti en Italie, lui manque. Quant à Victor, un homme très louche propriétaire d’un château en ruines, il tourne un peu trop autour de sa mère.

Cécile se sent seule, elle s’ennuie tellement… Jusqu’à l’arrivée en fanfare d’un cirque dirigé par l’autoritaire Brancalou. La vedette du spectacle est un poney nommé Poly. Entre l’animal maltraité et l’enfant naît une incroyable amitié. Le débit d’une folle et belle aventure qui les mènera loin de cet environnement hostile. Et leur fera braver tous les dangers…

 

Ho le joli livre que voici ! Quelle grâce, quelle légèreté et quel beau moment je viens de vivre à la lecture de Poly dont l’écriture est portée avec finesse, douceur et sentiments tendres.

Tout d’abord, j’ai adoré replonger dans ce passé là. Ce joli passé du début des années 60, sans téléphone portable, sans ordinateur, sans rien d’autre que la nature et les relations humaines pour nous enrichir, nous porter, nous faire vivre.

Ce roman merveilleux tombe à point dans un été chaud pour une rentrée incertaine. Un roman qui nous donne à oublier la réalité du moment. Un roman qui nous fait réécouter les yés-yés, comme on disait à l’époque, mais aussi un roman qui nous livre la simplicité de la vie si on veut bien se donner la peine de redonner du simple et du sens à nos existences.

Je m’explique.

Malgré sa douleur de quitter sa ville, son appartement,  ses amis, Cécile va faire preuve de beaucoup de courage et de dignité pour se faire accepter dans ce village où sa mère s’établit après son divorce. Un divorce que Cécile ne digère pas. Un divorce qui la fragilise face à l’espèce humaine, aux méandres des relations qu’elles voudraient amicales, mais elle n’est pas acceptée par la bande de copains déjà établie dans le village.

Cécile est un peu seule dans sa tête. Elle se sent incomprise, délaissée tout comme Poly qu’elle découvre au hasard du passage d’un cirque à Beaucastel.

Dès lors, découvrant le traitement infligé à l’animal, elle n’aura qu’une idée en tête : tout faire pour rendre sa liberté à Poly et la partager avec lui.

C’est une histoire pleine de rebondissements qui unit l’animal et la fillette lors d’une escapade unique à travers la montagne que je vous laisse découvrir en lisant ce joli roman.

Pour ma part, dès les premières lignes j’ai adoré les descriptions, l’écriture fluide, la façon de croquer les personnages et puis une fois de plus le message sur la cause animalière qui nous invite à avoir un autre regard sur ces derniers.

Merci aux Editions XO pour leur confiance. Merci à Nicolas Vannier et Virginie Jouannet pour ce joli roman. Vraiment. J’ai retrouvé un peu de mon enfance et de ma liberté grâce à vous. Et moi aussi j’aime passer ma main sur les ponts de pierre…

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A noter

la sortie du film le 7 octobre 2020 avec François Cluzet, Patrick Timsit et  Julie Gayet.

La Neuvième heure, Alice McDermott

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Qu’est ce que la neuvième heure ? C’est l’heure qui correspond à la prière de trois heures de l’après-midi et c’est peut-être l’heure à laquelle Jésus serait mort sur la croix. Rien que ça déjà, c’est un programme. Mais c’est aussi et surtout l’heure à laquelle Annie retrouve Monsieur Costello, son amant. Jusque là, me direz-vous, il n’y a rien d’exceptionnel. Ce à quoi je répondrai que vous avez raison il n’y a rien d’exceptionnel à ce qu’une femme retrouve son amant à 15h00.

Sauf si vous êtes blanchisseuse dans une congrégation, celle des Petites Soeurs des Pauvres Malades, depuis le suicide de votre mari survenu quelques années plus tôt alors que vous venez de découvrir votre grossesse, que vous être Irlandaise et que vous habitez Brooklyn au début du siècle dernier.


Je quitte le ton volontairement léger pour l’entrée en matière et j’essaie de vous donner mon ressenti.Je dois vous avouer que j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire. La quatrième de couverture m’a un peu trompée sur la marchandise. Mais le miracle de la lecture a fini par opérer même s’il m’a fallu un certain temps pour comprendre l’écriture d’Alice McDermott et en apprécier le style. Un style délicat mais sans fioritures. Une belle écriture vraiment. Il ne s’agit pas vraiment d’un livre choral bien que le récit alterne d’un personnage à l’autre et qu’il faille rester concentré(e) pour se souvenir de qui dit quoi…et surtout pourquoi il le dit. Parce-que chaque phrase est sujet à réflexion, méditation, philosophie sur le sens de la vie. Et le sens de la vie, c’est que cherche Sally. Il faut s’accrocher à ce que dit, vit, rêve, pense Sally l’héroïne du roman. C’est elle le fil du livre. Sally est une ancêtre d’Alice McDermott qui réussit avec maestria à nous émouvoir et nous amener sur les sentiers du choix de vie de Sally après qu’elle découvre que sa mère a un amant. Sa mère, cette blanchisseuse douce, fragile et forte à la fois qui l’élève seule avec l’aide des Bonnes Sœurs depuis que son mari a choisi la mort à la vie dans ce Brooklyn pauvre, gris et triste du début du siècle.Ce ne sont pas des bonnes fées qui se sont penchées sur le berceau de Sally mais des bonnes sœurs. Des bonnes sœurs qui ont laissé derrière elles, leur histoire, leur vie, pour se consacrer aux autres sans pour autant renier leur passé, leurs souvenirs aussi.Ces bonnes sœurs moi je les trouve résolument modernes malgré l’austérité qu’elles peuvent laisser paraître lorsque Sally déclare vouloir prendre le voile et elle aussi servir aux autres. Sauf que Sally ne veut pas servir aux autres par conviction mais par expiation.En servant les autres, en renonçant à elle, elle sauvera l’âme pécheresse de sa mère.

« La situation était claire : sa mère ne changerait pas. M. Costello était son chéri, et même les sœurs paraissaient impuissantes face à son insouciante détermination à le garder. Quelqu’un devait faire pénitence à sa place, pour le pêché auquel elle refusait de renoncer. Qui d’autre que sa fille, qui l’aimait par dessus-tout ? »

Mais l’exercice de sauvetage va être difficile. Rude. Compliqué.Trop dur pour Sally car son entreprise de prendre le voile est une mise à l’épreuve beaucoup trop importante pour elle.  Elle écoute les sœurs se livrer à elle, se confier, lui dire que « La vie d’une femme est un sacrifice de sang ». Alors elle doute. Elle regarde les Sœurs d’un autre œil…Et si elles  s’étaient trompées ? Et si, à mots couverts, les Sœurs faisaient tout, ou presque, pour la mettre à l’épreuve et finir par la dissuader ? Petit à petit le soupçon germe dans son esprit. Et si elle se trompait ? Et si ce choix gâchait toute sa vie à venir uniquement parce-qu’il est conditionné par le rachat du péché de sa mère ? Pourra t’elle sauver l’âme de celle-ci si elle-même n’est pas honnête dans son choix ?C’est un joli livre sur l’amour d’une fille à sa mère. Une mère qui, bien que Catholique pratiquante, assume ses actes, ne passe pas à côté des rares moments de bonheur que lui offre la vie. Une vie personnelle minuscule. Une vie consacrée à sa fille, à son éducation. Et c’est la neuvième heure qui lui offre ce moment de bonheur. Une neuvième heure qui conditionnera une vie. Celle de Sally.

 

Je vous laisse découvrir la suite…

 

 

 

 

Le jour où Kennedy n’est pas mort, de RJ ELLORY

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La vérité est plus forte que tout.

C’est l’une des histoires les plus connues au monde – et l’une des plus obscures. Le 22 novembre 1963, le cortège présidentiel de John F. Kennedy traverse Dealey Plaza. Lui et son épouse Jackie saluent la foule, quand soudain…
Quand soudain, rien : le président ne mourra pas ce jour-là. En revanche, peu après, le photojournaliste Mitch Newman apprend le suicide de son ex-fiancée, dans des circonstances inexpliquées. Le souvenir de cet amour chevillé au corps, Mitch tente de comprendre ce qui s’est passé. Découvrant que Jean enquêtait sur la famille Kennedy, il s’aventure peu à peu dans un monde aussi dangereux que complexe : le cœur sombre de la politique américaine.

Sexe et manipulations, mensonges et assassinats… Dans cette histoire alternative, à mi-chemin entre 22/11/63 de Stephen King et les thrillers paranoïaques des années 1970, JFK semble avoir échappé à son destin. Mais pour combien de temps ?

-*-*-*

Vous êtes-vous demandé un jour ce qui ce serait passé si Kennedy n’était pas mort ? Beaucoup de choses sûrement mais lesquelles ?

Faisons travailler notre imagination, je vous préviens ça va vous prendre du temps à moins que vous ne lisiez le livre de RJ Ellory.

Lui il imagine pour nous, il réinvente et il le fait fabuleusement bien. Ce livre est magistral, c’est du grand art, je me demande si ce n’est pas le meilleur de RJ Ellory.

Voyons voir si je parviens, en quelques lignes, à vous donner envie de plonger dans ce livre subito presto sans trop dévoiler, trop spoiler. Ca aussi c’est du grand art croyez moi sur paroles parce-que j’ai envie de tout vous raconter !

Pour commencer attendez vous à lire un thriller sombre avec des personnages qui évoluent dans un monde qui n’existe pas. Un monde que RJ Ellory a créé pour nous.

Ce monde c’est celui dans lequel on n’imagine pas une seule seconde que Kennedy soit assassiné puisqu’il ne l’est pas ! Du coup, que se passe t’il ? On entre dans le milieu politique le plus obscur qui soit, le plus ténébreux surtout. Le monde politique de Kennedy cet homme qui fascinait les foules. Cet homme à l’image propre et lisse, offrant l’image d’un père et d’un époux modèle. Kennedy ce président au passé et au présent troubles. On entre dans l’antre présidentielle qui fraye avec le sexe, la drogue, et les magouilles de toutes sortes. Une antre présidentielle qui s’apparente à la mafia.

C’est dans cette arène que va se jeter, malgré lui, Mitch Newam lorsqu’il apprend le suicide de son ex fiancée, une journaliste,  et qu’il va enquêter sur ce mystère.

A partir de là, tout l’art de RJ Ellory est  de nous tenir en haleine avec une intensité hors du commun, pour découvrir pourquoi des documents appartenant à Jean ont été saisis sans mandat ? Pourquoi a t’elle été licenciée ?

Mitch va devoir faire face à ses propres démons, à ses doutes et avancer coûte que coûte. C’est un personnage hors du commun avec ses failles et sa force.

Je m’arrête là…je vous laisse découvrir. Préparez-vous car c’est du grand art. C’est l’oeuvre d’un maître. Bravo RJ Ellory c’est une réussite !

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Ceux qui s’aiment finissent toujours par se retrouver – Sonia Dagotor

FRENESIES LIVRESQUES

ceux qui s'aiment finissent toujours par se retrouver

Titre : Ceux qui s’aiment finissent toujours par se retrouver

Auteure : Sonia Dagotor

Editeur : Le cherche midi

Résumé :

Liliane, la grand-mère
Ma petite-fille m’observe avec insistance. Je ne dois rien laisser paraître. Je la connais bien, Justine. Quel bout de femme ! Quel tempérament ! Elle a de qui tenir, me direz-vous !

Catherine, la mère
Je n’en peux plus de ces réunions de famille. Elles ont toujours lieu ici, chez nous, et je dois m’occuper de tout. Et Maman qui fait des caprices en plus ! Vivement demain que je retourne travailler. Pierre me manque. Pierre, c’est mon collègue. Je l’aime beaucoup, mais je suis mariée…

Justine, la petite-fille
Qu’est-ce qu’elle a, Mamie ? Je la trouve soucieuse. Les yeux dans le vague, elle soupire en caressant son petit chien. C’est certain, quelque chose cloche… Il faut que je lui parle !

Et si Justine perçait…

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