Le Dernier Salaire, souvenirs épars

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http://archipel-des-sans-voix.fr/samedi-05112016-reunion-publique-a-paris-des-sans-voix-proposent/

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Conférence du 5/11/2016 – Archipel des sans-voix

Samedi 5 novembre 2016, au siège du Grand Orient de France à Paris 9e, devant un public de 200 personnes intéressé et désireux de mieux comprendre leurs difficultés et leurs propositions de solutions  des Sans-Voix ont témoigné de leurs parcours et proposé des solutions qui leurs tiennent à coeur.

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Bienvenue sur mon blog

 

Je vous souhaite bienvenue sur mon blog

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Je ne suis pas chroniqueuse et encore moins critique. J’aime les gens, l’amitié, la culture sous toutes ses formes. Je réalise simplement des interviews qui permettent à chacun de se raconter.

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Roquetaillade, le puissant

Puissant, imposant, majestueux. Un château aux véritables accents Ecossais.

Impossible de faire des photos d’intérieur, aussi je vous ai copié le lien officiel du château.

Je vous souhaite une belle visite

 

 

Pour le découvrir plus en profondeur, en attendant le reste des photos, c’est par ici :

https://www.roquetaillade.eu/

Le Jardin du Boissonna, lieu magique

Si, comme moi, vous aimez le calme, les roses et le thé, alors je vous invite à une douce promenade dans ce jardin serein et magique du Lot et Garonne

 

 

Suivez ce diaporama pour vous envahir de douceur

 

 

 

 

 

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Accueil

Le Château de Cazeneuve, Joyau de l’Aquitaine

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Ce fut une promenade merveilleuse que celle-ci. Ce château est magnifiquement entretenu et très bien meublé. C’est un voyage dans le temps à ne manquer sous aucun prétexte car il est vrai qu’ici la petite histoire rejoint la grande histoire. Nul besoin de mots pour vous guider. Laissez vous porter par les photos…

La majesté des pièces, l’élégance des meubles

La douceur végétale et décorative de la cour

La cave et certains vins centenaires

Le ciron qui longe le château et le chemin qui mène à la grotte de la Reine Margot dont on dit qu’elle y voyait ses galants…

La bambouseraie, le lavoir, le jardin de la Reine Margot

 

 

L’exode

Il y 74 ans, une petit bout de femme, enceinte et à terme,quittait son appartement parisien pour prendre le train qui l’amènerait au Mans dans sa belle-famille. Elle n’avait aucune nouvelle de son mari, mobilisé. Elle savait que les allemands au pire tueraient les nourrissons, au mieux leur couperaient la main. En tous cas la rumeur le disait alors fallait partir. De toutes façons il fallait partir avec tous ces allemands qui entraient dans Paris….

Elle s’est frayée un chemin dans la foule, je l’imagine bien. Elle a bien dû être capable de couler un regard bleu gris émouvant, ou encore de foudroyer du regard, Allez savoir avec elle on peut s’attendre à tout.

Dans le train, il faisait une chaleur étouffante. Dans le train qui me fait penser quand elle en parle à celui dans lequel Trintignant rencontre une Schneider émouvante, elle devait pensait à ce mari mobilisé.Son beau danseur de java du Balajo qui d’un regard en poussant la porte du Balajo a su qu’elle serait la femme de sa vie. Cette petite brune aux yeux bleus, discrète, fine aimant danser la valse. Comme lui.

Elle a dû penser à ce jour, cet après midi, ce matin, ce soir ou cette nuit, où leur enfant a été conçu. C’était en Septembre. L’annonce de la guerre. La peur qui les a projetés dans les bras l’un de l’autre au creux de leur petit appartement de Boulogne. Cette peur qui les a uni. Elle avait connu une première guerre là haut dans le Nord qu’ils avaient dû quitter déjà dans des conditions terribles. Sa belle ville de Calais, son phare à la lumière duquel elle lisait, sa plage, sa famille, sa soeur, tout cela elle l’avait quitté déjà.

Elle voilà que tout recommençait.

Dans ce train qui l’amenait au Mans un groupe de personnes, une famille sans doute, chantait sans s’arrêter ‘Lundi matin, l’ Empereur, sa femme et le p’tit prince heuuuuu….sont venus chez moi pour me serrer la pince heuuuu….. ». Elle les aurait volontiers giflés pour qu’ils cessent.

Elle pensait à son enfant, dans son ventre dont elle ne connaissait pas le sexe mais de toutes façons fille ou garçon, on l’appellerait du prénom de son mari. Où est il ? est il vivant ? s’il a été fait prisonnier, est il bien soigné ?

Elle repense à ce jour de septembre où il est rentré, le regard perdu et lui a dit « c’est la guerre ».

Le train s’immobilise, les bombardements se sont abattus le long de la voie. Les enfants ont cessé de chanter. Les femmes se regardent effrayées. Les hommes regardent le ciel par les fenêtres. Impuissants. « Ils nous canardent ces enfoirés ».

Le train repart. S’arrête. Repart. S’arrête.

Chartres.Tout le monde descend. Dans la panique. Elle est méthodique, prudente, elle a gardé sa valise tout près d’elle. Elle n’a pas voulu que le gentil monsieur qui lui a proposé, la mette sur le porte bagage. On sait jamais. S’il fallait descendre en urgence….

Elle est projetée dans la foule, dans les cris, dans les pleurs. Elle ne connait pas Chartres. Elle suffoque un peu. Elle a mal au ventre. Et puis elle est trempée.

On la transporte comme on peut, à l’hôpital de Chartes où elle accouche. Elle s’endort malgré les bombardements, l’affolement, le nouveau né qui pleure. Une jolie petite fille, un peu brune comme elle. Elle aura peut être les yeux bleus comme elle. On l’appellera Renée comme lui.

Quelques heures plus tard, émergeant un peu, elle se rend compte qu’il n’y aquasiment plus personne à l’hôpital. Elle se lève, prend son bébé, sa valise et la route de….l’exode.

Elle a marché avec tous les gens qui avaient pris la route,se jetant dans les fossés, se relevant, s’assurant que son bébé était en vie et reprenait la marche sous la chaleur, le bruit, les larmes, le manque d’eau, de victuailles. A Chateaudun,elle a pu avec d’autres prendre du repos dans le château, à la cave sur des tréteaux. Elle a pu profiter un peu de son bébé avant de repartir le lendemain dans la chaleur, le bruit, les larmes, le manque d’eau, de victuailles et sous les bombardements allemands et italiens. Une nouvelle journée pour elle identique à la veille. Elle est sale, elle est en chemise, ensanglantée comme toute accouchée, épuisée par la fuite de Paris, le trajet en train, son accouchement. Elle est épuisée. Elle n’en peut plus. Et puis elle a soif, elle a faim, elle a mal et son enfant pleure.

Ils sont arrivés dans le Loir et Cher. Elle avait jamais entendu parler du Loir et Cher avant tout ça. Elle voit une pancarte « Vendôme ». Elle sait pas ce que c’est que Vendôme. Elle sait pas que c’est là, plus tard qu’elle sera enterrée aux côtés de son mari. Elle sait pas que plus tard, son petit-fils, mon cousin Rapha, viendra nettoyer leur tombe, arranger les fleurs, déposer nos bisous, nos je t’aime, vous nous manquez….Elle sait pas tout ça. On est en juin 40.

Au détour d’une route, l’entrée d’une ferme. Elle l’aperçoit au loin. Elle quitte le troupeau de l’exode. Tant pis. Si on la flanque dehors elle repartira mais il faut tenter.

Elle arrive à l’entrée de la ferme, son coeur faiblit, ses jambes se dérobent. Elle tombe. La fermière qui est dans la cour, lâche tout et court vers elle et le bébé, appelle du secours, son mari. Ils la relèvent, la montent dans une chambre. Elle la lave, la soigne, la nourrit. La réconforte. « Restez le temps que vous voudrez, le temps que ça se calme ». Ce sont des taiseux les gens du Loir et Cher mais ce sont des gens bons. Elle y restera plusieurs jours, semaines….Mais elle est sauvée. L’enfant aussi née le 13 juin 1940.

L’absent

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Je l’ai entendue arriver lentement à la porte de l’appartement. Mon cœur battait à toute allure. C’est la première fois que je voyais ma mère sans mon père. Je veux dire, définitivement sans mon père.

Lorsqu’elle a ouvert, il n’y a pas eu d’effusions, nous ne sommes pas habitués à cela chez nous. Sans doute l’héritage des gens du nord. Tout passe par le regard ou, parfois, une pression de la main sur l’épaule comme ça au détour d’un changement d’assiette lors d’un repas.

Soudain ma mère m’est apparue, comme ma grand-mère. Petite, menue, lente.., et j’en ai conçu comme un chagrin.

Je me suis dit que l’histoire recommençait. Je serais donc, de nouveau, la mère de quelqu’un. J’entends par là, qu’après ne plus avoir été la « petite-fille », je ne serais plus la « fille ». Il nous revient de veiller sur les nôtres. De les aider. De les aimer. De les veiller. Nous n’aurons plus le droit d’avoir peur, froid ou faim. D’avoir des craintes enfantines. D’avoir envie d’un « je t’aime »…Ce sont eux qui ont besoin de cela désormais.

Elle marche à petits pas. Ça aussi pour moi c’est nouveau. Ce constat. Avant on ne faisait pas attention. Ils vieillissaient ensemble. Mais là, là…force est de constater…Et puis, ce regard perdu lors du diner ou étonné…

Je me suis demandé si lors de ce diner où elle voyait ses enfants réunis autour de la table, voulant manger dans les assiettes que jadis nous détestions…ces assiettes arcopal qui nous étaient devenues insupportables, sont soudain devenues indispensables, nous rattachant à notre enfance. Je me suis demandé donc si elle reconnaissait ses enfants en nous, ces adultes, entourés de nos propres enfants….

Que se passe t-‘il dans la tête de nos parents lorsqu’ils sont au seuil de l’embarquement ? Que se passera t’-il pour nous ?….

La vie est là pourtant. Le petit frère qui prend la main de sa grande sœur et qui la serre fort, ressemble tant à son père. La petite sœur, qui rit pour ne pas laisser couler ses larmes, lui ressemble aussi. Il y a l’absent. Le benjamin, le slave qui vit à Prague et qu’on n’a plus vu depuis longtemps. Il est quand même à table avec nous, on le fait revivre à travers nos anecdotes enfantines… »tu te souviens quand ? ».

Un regard discret vers le fauteuil du papa, une légère brise, une odeur, un parfum,….

Il n’est pas loin. Il nous regarde et il sourit. Mais surtout il se met à attendre sa femme….

Mon Père

Je la regarde faire. Ou plutôt je l’entends faire. Comme avant. Comme lorsque nous étions enfants. En haut, dans notre chambre, à l’abri du monde extérieur, des vilains qui pourraient nous vouloir du mal. J’ai toujours aimé, préféré, ces moments là. L’hiver qui fait que le jour tombe vite. Qu’il fasse noir vite. Qu’on ferme les volets vite. Et qu’on reste entre nous. Rien qu’entre nous.

Mon père était assis dans son fauteuil parce qu’avant, les papas étaient assis dans les fauteuils pendant que les mamans préparaient le souper avant de crier très fort « aaaaa table ! ». Mais avant que la maman crie très fort, pendant que le papa regarde la télé, nous les enfants nous sommes dans la chambre.

Pause entre les devoirs, la table à mettre, le bain pris avec la petite soeur. Vêtements prêts, posés sur la chaise pour le lendemain. Cahier de texte lu et relu pour moi, je n’ai pas de mémoire déjà et je ne sais plus si j’ai ou pas mis le bon livre dans mon cartable. Mais parce que j’aime le bruit que font les serrures de celui-ci, quand on l’ouvre, je regarde à nouveau….et oui j’ai mis le bon livre. « Tu devrais en parler à Maman de tes problèmes de mémoire » me dit ma soeur. « Non c’est bon. J’ai qu’à me concentrer c’est tout ».


Je suis donc assise, 45 ans plus tard, dans la chambre de mon père et je n’ai pas de problème de mémoire. En tous cas pas cette mémoire là. Je voudrai bien d’ailleurs que quelqu’un m’en débarrasse. J’aurais aimé qu’au détour d’une opération, tiens genre l’appendicite, on me dise « nous sommes désolés, mais nous nous sommes trompés d’anesthésie. Nous avons détruit votre mémoire émotive »…oh quel bonheur ce serait. Ne plus se souvenir de rien.


Je l’entends aller et venir dans cette minuscule cuisine, de leur minuscule appartement.

Ils ont choisi un appartement avec deux chambres. Une pour ma mère. Une pour mon père.


Assise sur le lit de mon père, je me sens étrangère à ce lieu. Je regarde autour de moi. Il y a, accrochée aux murs, des photos de son bateau, de la mer, mais du désert marocain aussi. Il y a aussi des photos de mes frères, de ma soeur, de moi. De nos enfants. Mes parents sont grands-parents, arrière grands-parents même. J’ouvre le tiroir de la table de nuit de mon père. Je pense à ses nuits solitaires durant lesquelles il cherchait le sommeil.

A quoi pensait il ? A quoi pense un homme de 75 ans après un avc mais qui a tout de même, un peu, sa tête ? Je caresse la tranche du livre de Tabarly. Ainsi mon père lisait Tabarly. Tout ramenait mon père à la mer. Partir, sortir en mer. Il y pensait tout le temps.
Mais dans la tiédeur de la nuit, pensait il à nous ? Pensait il à sa vie d’homme passée ? Entendait il, comme moi, les bruits anciens de sa vie ?

Grand frère

A quoi tu penses ? demanda t’il

A Papa, ce jour là à Amsterdam….tu ne t’en souviens pas ? lui répondit elle

Si, bien sur que si…

Et toi à quoi tu penses ?

A Maman, ce jour là à Amsterdam…tu ne t’en souviens pas ? lui répondit il

Si, bien sur que si….

Le frère et la sœur revirent le père et la mère, danser enlacés, heureux. Ils revirent ensemble la jupe de la mère virevoltant sur les jambes nues. Ils revirent ensemble le regard du père, doux, , aimant.

Les deux enfants ce jour là étaient assis seuls à la petite table, sirotant à la paille leur grenadine. Ils regardaient leurs parents qui n’étaient plus leurs parents mais un couple qui dansait, qui s’aimait.

50 ans plus tard ils se souvinrent ensemble des mystères de l’unité du couple.

La jupe de leur mère n’en finirait pas de virevolter sur ses jambes nues.

Florence tourna l’alliance trop grande de son père sur son doigts. Elle réprima un sanglot. François lui prit la main « viens veux tu ? Il commence à faire frais. » Il paya l’addition, posa son gilet sur les épaules de sa soeur et tel un vieux couple ils marchèrent à pas comptés à pas menus agrippés l’un à l’autre. Soudés.

Petite soeur

Il faudrait que je dise à ma sœur de se dépêcher à se préparer. Il faudrait que je lui dise que nous devons rentrer avant la nuit. C’est Maman qui l’a dit. Nous sommes dimanche.

Papa se repose dans son fauteuil. Maman repasse nos vêtements pour demain. La porte fenêtre est entrouverte et laisse entrevoir des trainées d’été dans le jardin qui se prépare à affronter l’hiver.

Il faut vraiment que je dise à ma sœur de faire vite. Nos cousines vont repartir pour Paris. Je veux les voir. Je veux courir encore vers Mottereau avec elles. Il fait si doux. Il fait si frais pourtant.

J’enfile la cape que notre grand mère m’a confectionnée. Le tissu est lourd et léger à la fois. Comme mon cœur. J’enfile ma série de bracelets colorés. Je dépose une touche de Patchouli derrière mon oreille et je ferme les yeux. Va t’il être là ce beau jeune homme rencontré au mois de mai dernier ? Je sais, car je l’ai suivi un jour jusqu’à Mottereau, qu’il va là bas avec ses amis pour jouer de la guitare dans une sorte de grenier aménagé. J’ai couru tant et tant pour ne pas qu’il me voit, que mon père a éclaté de rire en me voyant revenir. « Où étais tu ma fille pour être aussi essoufflée ? » Confusion, balbutiements, gêne. Je cours après mon premier amour. Mon père a relevé mon menton du dos de son index et a planté son regard dans le mien. « On est amoureuse ma fille ? »

Il faudrait que je dise à ma sœur de se dépêcher.

Nous avons cinq kilomètres à faire pour y arriver. Je m’impatiente et pourtant. Elle est si petite cette sœur là. Sept ans d’écart. Sept ans. L’âge de Marie-Christine quand l’accident est arrivé. Sept ans. Ne pas y penser. Ne plus y penser. Je tends la main vers cette petite sœur qui arrive enfin et que j’aime tant. Elle s’est faite belle. Elle se fait toujours belle. Pour me plaire, pour ne pas me décevoir. J’ai mis la barre trop haute. J’ai exigé d’elle qu’elle remplace Marie-Christine. Elle l’a ben compris mais si je ne lui ai jamais dit.
Personne ne remplace personne mais quand même celle là elle aura aussi sept ans toute sa vie.

Au moment où j’ouvre la porte, je sens le regard des mes parents. Celui de mon père est terrible. Lourd de peur. Lourd de tristesse. « Tu fais attention à ta sœur ma fille… ».

Maman profite du prétexte de nouer l’écharpe de Claire pour cacher ses larmes. « Je compte sur toi ma Chérie » murmure t’elle. Je ne peux que murmurer « tout ira bien ».
Nous voici parties, nous voici riantes toutes les deux, heureuses d’être ensemble. Sa petite main tient la mienne, elle lève les yeux vers moi « j’aime bien être avec toi.  » Ses yeux humides demandent de l’amour. Je réponds à son sourire par un baiser. « Viens ma grenouille, faisons vite ».

Un peu plus loin dans le virage, elle me dira « Dis pourquoi tu serres si fort ma main chaque dimanche ».

Chère Marthe

Chère Marthe, me revoici partie sur la route pour rentrer dans mon nouveau chez moi.

Un chez moi qui m’attend, qui se demande qui je suis, ce que je fais, pourquoi je ne finis pas d’y installer les brindilles ramassées cet hiver pour y faire mon nid.

Un chez moi qui me tends les bras, dont les murs bruissent, dont les fenêtres répandent une lumière douce.

Je suis passée à la grande maison faire un bisou à Léa. Je suis restée dans le jardin à l’abri des regards. J’ai vu l’acacia ployer sous le vent d’autan qui vient nous étourdir avant de nous rendre fou. Tout à fait fou.

Marthe, combien de temps encore pour oublier ? Combien de temps pour évacuer la peine, chasser la haine et le remords confondus ? Combien de temps dans la vie d’une femme. Combien ?

Chère Marthe

Chère Marthe, je suis rentrée à la Grande Maison.

J’ai retrouvé mon cahier de lettres là où je l’avais laissé.

Je vais pouvoir vous écrire de nouveau…