Conférence du 5/11/2016 – Archipel des sans-voix

Samedi 5 novembre 2016, au siège du Grand Orient de France à Paris 9e, devant un public de 200 personnes intéressé et désireux de mieux comprendre leurs difficultés et leurs propositions de solutions  des Sans-Voix ont témoigné de leurs parcours et proposé des solutions qui leurs tiennent à coeur.

http://archipel-des-sans-voix.fr/samedi-05112016-reunion-publique-a-paris-des-sans-voix-proposent/

 

 

 

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Je vous souhaite bienvenue sur mon blog

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Je ne suis pas chroniqueuse et encore moins critique. J’aime les gens, l’amitié, la culture sous toutes ses formes. Je réalise simplement des interviews qui permettent à chacun de se raconter.

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Clelia Ventura – « Attends moi mon amour » de Clélia et Léon Ventura

Paris, été 1936. Lino a seize ans et se destine à devenir champion de lutte. Lorsque ce jeune immigré italien aperçoit pour la première fois la belle Odette, fille de la petite bourgeoisie française, c’est le coup de foudre. La famille de la jeune fille voit d’un mauvais oeil cette relation, mais rien ne l’empêchera, pas même la guerre qui les poussera à se marier aux heures sombres de l’Occupation. Malheureusement pour les jeunes époux, Lino, resté italien, est contraint de rejoindre son pays natal pour y effectuer son service obligatoire. La séparation est, pour les deux amoureux, synonyme d’une désespérante absurdité. Romanesque et passionnant, Attends-moi mon amour, roman vrai de la jeunesse de Lino Ventura, nous donne à voir une époque troublée par l’escalade de la guerre, et un homme qui se rend maître de son destin, par amour.

Bonjour Clélia. Quelle émotion de te recevoir sur mon blog. Je te remercie d’avoir pris le temps, en pleine promo de « Attends moi mon Amour », de répondre à mes questions. Nous avons souvent échangé toutes les deux. Quand je t’ai eue au téléphone la dernière fois, j’ai été bouleversée pour tellement de raisons. Pas parce-que tu es la fille de. Tu sais très bien que ce n’est pas ce qui m’attire chez toi. Je vais pas te dire que je m’en fiche, mais quand toi et moi on parle de ton père, on parle de ton père. Pas de Lino Ventura. Nous échangeons comme deux gamines sur nos pères. Ce qui m’attire chez toi c’est la petite fille, la jeune fille, la jeune femme, la femme. Nous avons le même âge. Nous parlons la même langue. Avons connu, toutes les deux, des chagrins d’enfance. Des chagrins étouffés que nous tentons, je dis bien nous tentons, de jeter sur le papier afin qu’ils s’enfuient. Mais ils restent là, bien ancrés au fond de nous, nichés bien au chaud. Clélia, aujourd’hui c’est de toi dont je veux parler. Toi à qui trop souvent on fait la remarque que tu es la fille de. Moi je veux parler de ma copine Clélia. De l’auteure. Alors ce moment ma Clélia : il est pour toi. Raconte nous qui tu es ma Clélia. Plus tard je ferai la chronique de votre livre à toi et Léon. Mais plus tard.

Dis moi un peu Clélia, peux-tu me raconter comment tu es venue à l’écriture et ce que tu as commencé à écrire ?

Petite j’ai été confrontée à un gros problème de dyslexie et l’apprentissage de la lecture et de l’écriture fut pour moi un véritable calvaire. En revanche j’adorais utiliser ma plume pour dessiner. Puis un jour, je suis tombée sur un ouvrage de Vasarely en furetant dans la bibliothèque de mon père. Ce fut comme un électrochoc : je savais désormais ce que je voulais faire : je voulais devenir Artiste-Peintre ! C’est tout naturellement que je me suis prise à rêver des Beaux-Arts…Seulement il y a la réalité et les bonnes sœurs chez qui mes parents m’avait mise, et qui ne voyaient pas d’un très bon œil cette « artiste en herbe » qui passait plus de temps à remplir ses cahiers de dessins plutôt que d’étudier les Evangiles et les Mathématiques. La forte tête que j’étais a donc été envoyée en pension pour y retrouver « le droit chemin ».

Seulement dès que je franchissais les portes du « pénitencier », c’était pour reprendre illico mes pinceaux et me plonger dans l’univers de Vasarely auquel je vouais un véritable culte. Puis un samedi, alors que je revenais du pensionnat pour peindre, tous mes dessins et tout mon matériel avaient disparu ! Tout avait été jeté à la poubelle au prétexte que ce n’était que  « des gribouillages ». Je venais tout juste d’avoir douze ans. Privée de pinceau, j’ai pris la plume et je me suis mise à écrire.  Il fallait bien que toute la tempête intérieure sorte d’une manière ou d’une autre !

Mais du coup tu faisais lire à quelqu’un ce que tu écrivais ?

J’ai rempli un nombre incalculable de cahiers que je n’ai jamais fait lire à qui que ce soit ! J’en ai même brulé beaucoup ! Trop de désespoir et de chagrins sans doute pour oser le faire…

Tu lisais quand vous tu étais gamine et adolescents ? Tu avais des auteurs préférés ?

Enfant, j’étais fan du Club des Cinq ! Après l’épisode de mes peintures à la poubelle, lire est devenu ma sauvegarde, mon refuge, mon essentiel. René Barjavel est l’Auteur qui m’a fait aimé la lecture. Le premier roman que j’ai lu était « La Nuit des Temps ». Du coup j’ai dévoré tous ces autres ouvrages. Après j’allais me servir dans la bibliothèque de mon père : une mine d’or ! De Kessel à Cavanna en passant par Mauriac…Sans oublier les « quelques » scénarios que je lisais en cachette.

La lecture occupait une grande place chez tes parents ?

J’ai toujours vu mon père lire énormément. Comme je le disais plus haut, sa bibliothèque était une vraie mine d’or ! Et il faut savoir que mon père, qui n’a jamais eu ni Agent, ni Impresario, avait tellement peur de passer à côté d’une bonne histoire qu’il lisait tout. Parfois il recevait jusqu’à cinquante scénarios par semaine !

Clélia tu as écris autre chose que des romans ?

« Attends-moi mon Amour » est mon premier roman et je crois que je n’aurais jamais osé franchir le pas si mon fils Léon ne m’y avait pas poussée, et tant mieux car ce fut une formidable expérience ce travail à quatre mains. À six mains devrais-je dire puisque nous sommes partis des lettres que le jeune Lino envoyait à sa femme durant la seconde guerre mondiale.

Avant ce premier roman, je me suis principalement consacrée à entretenir la Mémoire de mon Lino de père. À ce sujet, j’ai « quelques » ouvrages à mon actif ainsi que des documentaires dont un qui a reçu le Premier Prix de L’Audiovisuel décerné par le Sénat.  En fait tous ces ouvrages sont pour moi comme une quête et une façon de continuer à faire vivre ce père trop tôt disparu qui me manque toujours autant et que je pleure chaque jour depuis ce jeudi d’octobre 1987…

L’idée de publier elle t’est venue comment ?

C’est un ami qui m’a poussée à le faire et qui m’a présentée à Nicole Latesse à l’époque. Je n’aurais jamais osé le faire de moi-même ! J’ai bien trop peu confiance en moi pour cela !

C’est toi qui conçoit les couvertures de livres ?

On va dire que j’y participe. J’ai des idées bien précises. Maintenant cela dépend de la Maison d’Éditions. Pour « Attends-moi mon Amour » le choix s’est fait en parfaite communion.

Il y a des moments précis où tu écris ?

J’ai une préférence pour écrire très tôt le matin. J’aime le calme de l’aube. L’écriture demande beaucoup de rigueur et en ce qui me concerne, comme je suis quelqu’un de très « distrayable » je deviens un ours (remarque je crois que je le suis en toutes circonstances !) et je m’enchaine à ma table de travail. Je bois des litres de Capuccino et ,soit je souffre horriblement en me disant que je n’y arriverai jamais, soit c’est du bonheur en barre quand la plume est fluide. Le plus dur c’est de savoir s’arrêter. C’est comme un tableau ou même un plat cuisiné : trouver le juste équilibre. Je suis d’une nature perfectionniste, ce qui est très pénible pour les autres et surtout pour moi car je pense qu’il est toujours possible de faire mieux. Mon père répétait à ses Auteurs : « Cent fois sur le métier les gars ! Cent fois sur le métier ! ». C’est une phrase qui tourne en boucle chez moi. Merci papa ! Je n’ai aucune prétention d’écrivain, tout ce que je revendique c’est ma sincérité, mon authenticité et faire du mieux que je peux !

Comment écris-tu ?

Clélia : Eclats de rire !

Assise Margaux ! J’écris assise !

Margaux : j’demande hein parce que notre amie Virginie Jouannet écrit assise sur un ballon:).

Comment te vient l’idée d’un roman ? 

Je parlerais plutôt de traiter d’un sujet qui tient à cœur. Personnellement je tourne toujours autour de l’enfance, de l’adolescence, ces périodes cruciales durant lesquelles se forge l’adulte. La trahison et « le seul contre tous » sont aussi des sujets qui me sont chers. Après ce ne sont pas les idées qui manquent, c’est d’oser s’y attaquer ! Il y a de tant de merveilleux écrivains que j’ai le syndrome de l’imposteur. Remarque… C’est pareil pour la peinture ! Et pour reprendre une parole de mon père, il y a « la bêtise crasse » des gens, leur méchanceté… que je fuis le plus possible. Être « la fille de » est une étiquette bien collante et peu enviable car il y a une chose que je ne m’explique toujours pas et qui est très blessante : sous prétexte que vous êtes « la fille de », vous avez le droit à tout un tas de préjugés absurdes et infondés ! Le plus dur et de se faire reconnaître pour ce que l’on est véritablement en fait. Il m’a toujours fallu en faire dix fois plus que les autres pour obtenir dix fois moins que ces mêmes autres. Et aujourd’hui encore je n’arrive pas à m’y faire !

De qui tu t’inspires pour tes personnages ?

En ce qui concerne « Attends-moi mon Amour », nous sommes partis de personnes existantes dont mon père parlait dans ses lettres à ma mère et avec Léon, nous leur avons créé toute une histoire de vie à chacun pour les « habiller » en quelque sorte. Pour d’autres histoires, pour mes personnages, parfois il m’arrive de penser à des personnes de la vraie vie. Il faut dire aussi que cela dépend de ce que l’on écrit. Par exemple j’ai écrit un court-métrage de fiction qui s’appelle « Les Pigeons » dont le sujet est la journée de travail de deux anges gardiens, et bien pour cela la personnalité deux acteurs principaux ont été une source d’inspiration.

Une dernière question, tu penses que l’écrivain a un rôle particulier à jouer dans la société ?

Je dirais qu’il est « Essentiel » !!!  Comme tout « Auteur » d’ailleurs qu’il soit écrivain, scénariste, réalisateur, comédien, peintre, artisan. Sans la petite pierre précieuse que tous apportent à leur manière à ce monde, la société ne serait plus qu’une machine monstrueuse dépourvue d’humanité et de sentiments. 

Nathalie et Patrice Bastouil, mes complices du Coin Culturel, on trois questions complémentaires à propos de « Attends moi mon Amour »


Comment avez vous vécu cette histoire épistolaire entre votre père et votre mère, cela ? Cela doit être extrêmement émouvant. Il faut, nous supposons, beaucoup de pudeur et en même temps faire découvrir le maximum de leurs vies amoureuses
.

J‘ai mis beaucoup de temps avant de me permettre de plonger dans les lettres de mon père. Puis, au fur et à mesure, plus je les lisais plus mon cœur s’emballait. Je les ai faites lire à mon fils Léon – qui était à l’époque apprenti comédien au Laboratoire de l’Acteur- car je trouvais qu’il y avait matière à en faire une pièce de théâtre autour du thème « le journal d’un jeune homme amoureux ». Après les avoir lues, Léon est revenu vers moi avec l’idée d’en faire un roman. Nous nous sommes donc mis au travail. Le plus dur a été de trouver l’équilibre entre les lettres et la narration, justement par pudeur avec respect. Il était hors de question pour nous du moindre « voyeurisme », mais au contraire de faire un hymne à l’amour, à leur Amour!

Avez vous eu besoin de retravailler l’écriture de ces lettres qui ne sont pas faites au départ pour s’inscrire dans un roman mais plus dans le cours des émotions d’un couple qui vit son amour séparé ?

Il y a plus de trois cents lettres qui ont été notre base de travail pour la narration et celles que nous avons choisies l’ont été avec beaucoup de pudeur et de soin, justement pour respecter le cours des émotions dont vous parlez.  Et tout comme nous l’avons annoncé en préambule de notre ouvrage, certaines ont dû parfois être très légèrement corrigées pour une meilleure compréhension car mon père étant autodidacte, il utilisait parfois des italianismes qui auraient pu troubler la lecture. 

Lino Ventura est une icone du cinéma, un homme éminemment respecté pour ses engagements personnels mais aussi pour ses engagements cinématographiques, il a toujours joué des rôles respectables ne se laissant jamais aller à la facilité du sexe ou du scabreux. Comment vivez-vous les critiques qui disent ne pas ressentir la force de l’homme et de l’acteur dans ce roman ?

Je répondrais que je suis sincèrement désolée que ce roman vérité parlant d’amour n’ait pas su répondre à leurs attentes. Je pense aussi qu’ils se sont mépris sur nos intentions, et il n’a jamais été en rien question de traiter de l’acteur ici ! Et effectivement s’ils pensaient retrouver l’Inspecteur Vergeat ou même Fernand Naudin, il est sûr que cette histoire de jeune homme amoureux ne pouvait que les laisser sur leur faim. Je me permettrais une petite chose tout de même : ceux qui disent ne pas ressentir la force de l’homme me laissent quelque peu perplexe… La force de l’homme ne trouve-t-elle pas son chemin à travers les failles de la fragilité ? Quant à la persévérance dont le jeune Lino fait preuve, le seul contre tous qu’il subit durant cette période – et qui le caractérisera plus tard dans ses choix de rôles puisque pour certains il faille absolument relier le jeune Lino à Lino Ventura-, risquer le peloton par amour, si cela ce n’est pas là de « la force », alors je ne sais comment cela peut s’appeler ? Que ces personnes me le disent, parce que, en tant que femme, je ne vois pas !

Clélia je te remercie pour ta gentillesse, ton authenticité et le temps que tu as passé pour les lecteurs du blog. Merci mille fois. Je vais clore par un ultime exercice : le questionnaire façon Amélie Poulain.

Tu aimes

Le Cappuccino (ha bon ? lol…je n’avais pas remarqué !)

Dire bonjour aux  fleurs le matin (oui aussi)

Plonger dans rouleaux de l’Atlantique (pas moi j’ai peur des méduses)

Regarder les étoiles (ça m’arrive aussi)

Les nounours en chocolat (itou…d’ailleurs il faut prévoir un gros paquet pour quand on va se voir)

Les marches en forêt (aussi…avec le silence qui s’y accompagne. Et puis faire des bisous aux arbres)

Tu n’aimes pas

Les faux-culs et les faux-semblants (soupir…tout pareil)

La mauvaise foi et le mensonge (hélas…)

Le manquement à la parole donnée (Oui alors là on est pareilles. Ca peut se finir à coups de pelle ça)

L’injustice (hélas)

Les pellicules sur un costume et l’odeur de poireau (l’odeur du poireau l’hiver dans un cuisine aux vitres embuées…pouark heuuuu)

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Lino & Clélia Ventura

Archives personnelles de Clélia Ventura

Jean-Michel LEBOULANGER – Auteur

Jean-Michel a écrit plusieurs romans et j’ai eu envie de le connaître davantage. Il nous fait la gentillesse de nous livrer un portrait sympa comme tout ! Je vous laisse le découvrir et prendre plaisir à le lire.

Pouvez-vous me raconter comment vous êtes venu à l’écriture et ce que vous avez commencé à écrire ?

Étant donné que j’adorais lire quand j’étais petit (j’en parle plus loin), l’idée d’écrire, et surtout de raconter des histoires est venue avec les années, surtout à partir de l’adolescence. J’ai fait beaucoup de débuts de romans, qui s’arrêtaient au bout de quelques pages quand l’enthousiasme des premières lignes s’évanouissait et surtout quand je relisais le lendemain. Il y a eu quelques nouvelles sans grand intérêt, mais qui m’ont appris à structurer une histoire de façon assez classique : un début, un milieu, une fin. J’aime surtout raconter des histoires originales qui retiennent l’attention et donnent au lecteur l’envie de tourner la page. Il faut être inventif, imaginer des situations, friser l’absurde quelquefois. Et puis, j’essaye toujours de trouver une situation inattendue vers la fin du livre, comme un switch, de façon à surprendre le lecteur qui pensait avoir trouvé le dénouement de l’histoire.  Ce n’est pas toujours évident d’y parvenir…

Faisiez-vous lire à quelqu’un ce que vous écriviez ou écriviez-vous des choses que vous ne montriez à personne ?

Pendant longtemps, tout restait secret. Je doutais trop de moi pour montrer à qui que ce soit ce que j’écrivais. Par contre, mon tout premier roman de jeunesse, écrit à la main, (pas d’ordinateur ou de machine à écrire à l’époque) je l’avais fait lire à ma copine. Nous nous sommes séparés peu après… Depuis quelques années, j’ai des bêta lecteurs, des amis de longue date, des personnes dont je sais qu’elles vont me rentrer dedans, critiquer, me dire qu’ici ou là, ce n’est pas bien. Et c’est ce que je leur demande. Je ne veux pas d’indulgence ou de félicitations, mais un vrai avis extérieur, constructif. Par contre bien sûr, j’apprécie quand ils me disent que c’est super, qu’il y a des trouvailles et qu’ils se sont fait avoir à la fin.

Lisiez-vous quand vous étiez enfant et adolescent ? Aviez-vous des auteurs préférés ?

 

Je lisais et relisais énormément quand j’étais enfant. La lecture ne m’a jamais quitté depuis. J’ai appris à lire très tôt en fait et à partir de ce moment, j’ai eu une sorte de boulimie de lecture. J’aimais aussi l’objet livre parce qu’il recelait le fait de me faire voyager, d’aller vers d’autres ailleurs, d’autres époques, de vivre d’autres vies. Mes premiers bouquins étaient des livres de la bibliothèque verte que je piquais à ma sœur. La série des Alice, les six compagnons de Paul-Jacques Bonzon. Dans la bibliothèque, il y avait beaucoup de classiques : Alexandre Dumas et ses trois mousquetaires, les polars de mon père, et puis surtout Jules Verne. Au fil des années, j’ai acquis toute la collection en livres de poche. Ils sont toujours en bonne place sur mes étagères. Il m’arrive d’en relire de temps en temps, pour le plaisir toujours renouvelé des aventures et des situations. Sinon, des auteurs préférés, nous en avons tous. Pas seulement dans le polar : Patrick Cauvin, j’en parle souvent parce qu’il a été le déclencheur quand j’ai eu la chance de le rencontrer, John Irving que je relis actuellement. Je suis assez éclectique en littérature avec des tas d’auteurs français et étrangers, tellement que j’en oublie les noms. Quelque part, ils m’ont tous influencé.

Quelle place la lecture occupait-elle chez vos parents ? Y avait-il des livres, des journaux, des revues ?

Mes parents lisaient. Ils n’étaient pas non plus des fanatiques de lecture, mais c’était une chose normale pour eux de prendre un bouquin et de lire. Surtout des polars pour mon père, des livres d’histoire, des biographies. Ma mère, plutôt des livres d’amour, et des romans d’Hervé Bazin, Mauriac. Ils étaient abonnés au quotidien local qui arrivait aux aurores dans la boite aux lettres. Je revois encore mon père et ma mère se partager le journal au petit déjeuner pour le parcourir en prenant leur café. Vivre dans une famille de lecteurs ne peut qu’encourager à la lecture. On ne m’a jamais empêché de lire quoi que ce soit, même si ce n’était pas pour moi. Quelquefois, ma mère disait à mon père « tu ne vas pas le laisser lire ça ? Ce n’est pas de son âge. » Et mon père de répondre, « si ce n’est pas de son âge, il ne comprendra pas et passera à autre chose ». En général, c’était le cas. Le livre me tombait des mains.

Avez-vous écrit autre chose que des romans ?

Une pièce de théâtre quand j’avais une vingtaine d’années. Très courte, qui n’a jamais été jouée. Je l’avais lue une seule fois devant des amis qui étaient morts de rire en m’écoutant. J’avais été inspiré par la course du rhum à St Malo, une course en solitaire où tout à coup un des participants découvre qu’il y a un passager clandestin, une jeune femme journaliste débutante qui veut faire un reportage sur l’intérieur de la course, sans penser qu’elle disqualifierait le marin. Sinon, quelques nouvelles, mais ce n’est pas ce que je préfère.

Comment vous est venue l’idée de publier ?

J’avais un blog au milieu des années 2000 et j’avais commencé à écrire par épisode un roman inspiré par un séjour (on va dire ça) à Beyrouth dans les années 80 en pleine guerre du Liban. Sans aucune prétention, sans vraiment songer qu’on pourrait lire ce que j’écrivais. Jusqu’au jour où les vues et les commentaires sont arrivés, nombreux, avec des habitués qui me réclamaient la suite, la suite, la suite. Et semaine après semaine est né « six jours à Beyrouth », mon premier vrai roman lu par d’autres personnes qu’un entourage bienveillant. Entre-temps, un éditeur m’avait contacté parce qu’il était intéressé par ce récit. Finalement, le projet n’a pas abouti, mais l’idée de me faire éditer était désormais présente. Par contre, je n’avais pas envie d’envoyer ce manuscrit à tous les éditeurs. Sans être radin, c’est un investissement de faire les manuscrits, et de les poster. Je l’ai fait en ciblant uniquement ceux qui pouvaient être intéressés. Depuis, j’ai une très belle collection de lettres de refus de grands éditeurs. À l’époque, les premières plateformes d’autoédition apparaissaient aussi. J’ai donc tenté le coup en m’éditant. On apprend beaucoup en créant son propre livre. On touche à la mise en page, à la création de couverture. Mes trois premiers romans étaient directement autoédités, sans faire la démarche auprès d’un éditeur. J’avais un lectorat fidèle, notamment des gens de Facebook qui me suivaient et me suivent encore. En 2015, un de mes amis auteur venait de signer un contrat avec un tout nouvel éditeur et il m’a encouragé à le contacter. J’ai édité trois livres avec lui, notamment « Un kimono pour linceul », « Salverney », et « Entre les pages ». Suite à des désaccords, j’ai arrêté ma collaboration avec cette maison d’édition. Trouver un éditeur pour un romancier, c’est très compliqué. Certains n’en trouvent jamais et c’est un peu la quête du Graal. En ce qui me concerne, j’ai eu la chance d’en trouver un second, les Éditions du Loir, chez qui est sorti en février 2021 « Le prix du silence », premier tome d’une trilogie policière. Et je suis particulièrement heureux de notre collaboration.

Est-ce vous qui concevez vos couvertures de livres ?

Lorsque j’étais autoédité, je concevais absolument tout, notamment en apprenant à me servir de logiciels photo. Il faut aussi être créatif pour faire une couverture, recommencer plusieurs fois, en suivant plusieurs idées et la toute première n’est pas forcément la bonne. Avec mon premier éditeur, je n’avais pas trop le droit à la parole. On me proposait des choses que je devais valider. Avec les Éditions du Loir, il y a un vrai travail d’équipe, et pas seulement pour les couvertures. Si j’ai une idée, je me sens écouté et je sais qu’on tiendra compte de mes remarques. Par exemple, le travail effectué sur la couverture du tome 2 du prix du silence était un vrai travail d’équipe, avec des propositions graphiques. On a beaucoup communiqué, échangé. C’est agréable comme façon de travailler, et le résultat est très positif, car la couverture est magnifique. Vous verrez fin août quand le livre sortira.

Y a-t-il des moments précis où vous écrivez ?

Pendant longtemps, j’écrivais en fin de journée, et même le soir très tard. Depuis quelques temps, c’est tôt le matin. Voire même très tôt. Les idées arrivent plus facilement, alors qu’écrire le soir après une journée de travail peut être délassant, mais l’énergie n’est pas la même que le matin. Et puis, j’aime les petits matins, avant que se lève le soleil. Enfin, le soleil, quand il y en a…

Comment écrivez vous ?

J’écris à l’ordinateur. J’ai la chance d’avoir appris à écrire à la machine quand j’avais quinze ans. En seconde, il y avait des tas d’options, dont dactylographie. Je crois qu’on était trois garçons au milieu d’une classe de filles. Car à l’époque, la dactylographie était surtout réservée aux femmes. Pourquoi j’ai voulu apprendre à taper à la machine ? Est-ce que j’avais déjà cette intuition que ça me servirait plus tard pour écrire des romans ? Toujours est-il que j’ai quelque part dans un tiroir un diplôme où il est mentionné que je tape à plus de 25 mots/minute. Donc, j’écris vite, au fil de ma pensée et avec tous mes doigts. J’écris plus rapidement qu’avec un crayon. Dans ce monde de claviers omniprésents désormais, je pense qu’on devrait apprendre systématiquement la dactylographie aux enfants.

Sinon, j’ai quelques rituels quand je me mets à l’écriture. Musique en fond sonore, du café ou du thé, un carnet pour noter des choses (je continue beaucoup à écrire à la main malgré tout) et ensuite, je laisse défiler le film du récit devant mes yeux. J’ai remarqué que je pouvais écrire n’importe où et pas seulement dans ma petite maison. Le brouhaha d’un bistro, les promeneurs dans un parc, le train, ne me gênent pas. Non seulement je peux m’abstraire d’un environnement pas forcément propice à la concentration, mais il m’est arrivé d’être inspiré par les lieux. Notamment quand j’étais à Tokyo et que j’écrivais « Un kimono pour linceul », j’avais l’habitude de prendre un petit déjeuner dans le même établissement et l’atmosphère du lieu, les gens, l’ambiance, me portaient littéralement.

Comment vous vient l’idée d’un roman ?

Ah, grande question. L’idée vient souvent d’un petit rien. D’une image, d’un son quelquefois, d’une parole, d’un échange. Je ne me souviens plus trop comment sont nés certains romans. L’idée de départ est souvent comme un rêve qu’on vit pleinement pendant son sommeil, mais qui disparaît sans pouvoir le garder dès qu’on se réveille. Je me souviens malgré tout de ce gars dans le métro parisien qui portait un chat sphinx en bandoulière et qui a été l’idée de départ de « Entre les pages ». Et aussi d’un membre de la famille de ma compagne autrichienne, qui a inspiré « Les aigles de Vienne », ou encore des yakuza quand j’étais au Japon, pour « un kimono pour linceul ». Par contre, il faut savoir reconnaître la bonne idée. Avoir l’intuition que ça pourrait donner une histoire. J’ai eu beaucoup d’idées, mais qui n’ont rien donné au final.

De qui vous inspirez vous pour vos personnages ?

Comme je le disais plus haut, ce peut être un homme dans le métro, un oncle autrichien. Par contre, mes personnages ont un physique bien précis dans chacun de mes romans, inspirés par des gens que je connais, des amis, des acteurs, quelqu’un que j’ai croisé avec un physique particulier. Ce peut être aussi un patchwork de personnes. Quand j’écris, j’ai besoin de me représenter physiquement mes personnages, et psychologiquement aussi. En fait, ils doivent être réels. Ils doivent exister et ne pas être seulement des êtres de fiction. C’est pour ça qu’à la fin d’un roman, il m’est difficile de quitter des personnages qui m’ont accompagné pendant des mois. J’ai l’impression de quitter définitivement des amis. Quelquefois, ces physiques s’imposent à moi. Ian dans « Salverney », a le physique de St Exupéry. Ne me demandez pas pourquoi, il s’est imposé comme ça. Hadija dans « le prix du silence » ressemble à l’actrice Reem Kherici. (Je crois que c’est la première fois que j’en parle… ) Cela m’aide de m’appuyer sur un physique. Et je n’ai pas parlé de la voix. Car chacun a aussi une voix. Qui lui est propre, avec son timbre et son phrasé. J’entends ces voix dans ma tête… Être écrivain, c’est être un peu schizophrène 😀

Une dernière question, est ce que selon vous l’écrivain a un rôle particulier à jouer dans la société ?

Oui, s’il le souhaite. L’écriture est un bon vecteur pour faire passer des idées, des concepts, de parler de sujets sensibles et donc les partager avec les lecteurs. Les écrivains sont des passeurs de toute façon. On n’écrit pas seulement pour écrire, mais pour transmettre la plupart du temps. Certains ne le font pas parce que ce sont uniquement des conteurs, qui sont dans une histoire. Mais c’est très bien aussi. Le thriller ou le polar sont d’excellents supports pour évoquer des sujets de société, peut-être davantage encore que la littérature dite blanche. Dans le polar, on y trouvera les meurtres, des personnages décalés, une histoire, un suspens, mais souvent on trouvera aussi un contexte social, ou bien des sujets tels que le nucléaire, les migrants, les politiciens véreux, par exemple. Un peu comme une note de fond dans un parfum. Georges Simenon était un maitre dans ce domaine, et pas mal d’auteurs français de thrillers ou de polars sont très doués pour ce surplus d’atmosphère. Donc oui, l’écrivain a un rôle social certain.

Le questionnaire façon Amélie Poulain

Jean-Michel aime 

la musique,

tous les arts en général,

le chocolat,

l’amitié,

la vie.

Jean-Michel n’aime pas 

La bêtise humaine,

l’égoïsme,

la mauvaise foi,

le hareng,

la mort.

Vous trouverez ses livres en librairie, à la Fnac, chez Cultura, etc.

Sa page FB : Jean-Michel Leboulanger | Facebook

Deux femmes sont retrouvées égorgées. L’une à Deauville, l’autre à Saint-Étienne. Leur logement est à chaque fois mis à sac par un mystérieux inconnu qui s’enfuit à moto, mais l’argent ne semble pas être le mobile du crime.

Éditeur(s) : Editions du Loir

Chronique – Le bonheur se cache parfois derrière les nuages de Sonia Dagotor, paru chez Robert Laffont

Francine et Michel fêtent leurs noces de crêpe mais ce trente-neuvième anniversaire de mariage n’a, en réalité, rien de joyeux. À soixante-deux ans, Francine n’est pas heureuse. Michel et elle n’ont plus rien à se dire.
Tandis qu’ils dînent dans leur restaurant préféré, et que l’ambiance se tend crescendo, Francine se laisse porter par ses souvenirs : ses premiers émois, sa rencontre avec Michel, son diplôme d’avocate, les enfants, quelques épreuves aussi…
Que retenir de toutes ces années ensemble ? Quand l’amour a-t-il commencé à s’effriter ? Et si Francine se révoltait contre le temps qui passe ? Et s’il n’était pas trop tard pour choisir le bonheur ?

La quatrième de couverture pour ceux qui lisent cette chronique, vous l’avez sous les yeux donc je ne vous fais pas le débrief du nouveau roman de Sonia. En revanche, pour celles et ceux qui ne sont pas « Dagotorisés », je vous mets le lien du portrait que nous avions fait de Sonia il y a quelques…années de cela. Je suis en effet Dagotorisée depuis…très longtemps. Depuis le début de la carrière d’auteure de Sonia.

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ENTREE

Parlons du livre « Le bonheur se cache parfois derrière les nuages » parce-que le but de mon papier n’est pas de vous raconter notre vie à Sonia et moi mais de vous faire un petit retour de lecture.

PLAT

Vous vous demandez pourquoi je vous présente mon retour de lecture comme on présenterait un menu ? Tout simplement parce-que c’est au restaurant que Francine prend conscience de sa vie. Elle a 62 ans (mon âge) donc fatalement l’histoire me parle. Elle fête ses 39 ans de mariage avec son mari. Un mari très épris. Surtout de son téléphone sur lequel il joue en attendant que le premier plat arrive, laissant ainsi Francine seule face à des souvenirs qui s’invitent à leur table tels des témoins invisibles de leur vie.

DESSERT

Le repas sera ponctué de silences, de larmes, de reproches, de sourires, d’une rencontre avec une jeune femme prête à se marier (croisée aux toilettes du restaurant), dans laquelle Francine se reconnaît au même âge prête à commettre l’irréparable.

Etait-ce joué d’avance ? Le mariage de Francine et Michel est-il voué à l’échec ou est-il « encore » possible de lutter pour le préserver ?

C’est dans ce huit clos prenant que Sonia nous entraîne avec des mots simples, aiguisés, percutants. Francine va revivre les quarante années de sa vie commune avec Michel durant tout ce dîner…

Comme je vous l’ai dit j’ai l’âge de Francine. C’est donc avec plaisir, voire émotion que j’ai lu son livre. Comment les autres ont elles fait ?

Sonia a fait un gros travail d’investigation pour restituer l’atmosphère de l’époque, l’ambiance, les mentalités, sa singularité, la place de la femme dans les années 70 et son émancipation grâce au travail dans les années 80/90. Sonia établit joliment, je dirais « finement », des parallèles entre les femmes de la génération de ses parents et celle de Francine. Elle pose la question du « droit au questionnement et au choix. S’accrocher à la vie de couple oui mais à quel prix ? »

« A t’on droit au bonheur ? » « A t’on doit d’être heureux ? » Parce-que toute la question du livre est posée dans ces deux interrogations.

Il y a aussi la notion de l’honnêteté. « Suis-je honnête en avouant, en m’avouant, que je ne suis pas heureuse ? » Tout en déroulant le film de sa vie, Francine pointe du doigt tous les signes qui auraient dû, au delà de l’alerter, lui donner le ressort de « vivre sa vie ».

L’honnêteté disais-je. C’est ce que j’ai ressenti dans l’écriture de Sonia. Une honnêteté. Une simplicité. Deux choses fondées sur un seul souci « être Francine » et aller droit au but parce-que le temps est compté. Un dîner c’est court et c’est long à la fois. Et c’est brillamment réussi par Sonia !

Au-delà de cette analyse, j’ai envie de vous parler des personnages qui sont, vraiment, tous très attachants parce-que vrais. Toutes ces personnes, famille, amis, collègues qui surgissent au fur et à mesure des souvenirs de Francine et qui nous accompagnent avec elle durant ces 40 ans de vie commune avec Michel.

Sonia, je n’ai qu’une chose à te dire « Bravo ! Vraiment Bravo ! » Je suis très fière de toi, de ton parcours, de ton évolution, de l’évolution de ton écriture et de la maîtrise des personnages et des situations !

Portrait de Sonia

Aujourd’hui c’est vendredi et j’ai reçu Sonia Dagotor – Auteure | Balades & Portraits par Margaux Gilquin (wordpress.com)

Le Dagotor tour

👉 Mercredi 26 mai, de midi à 15h, France Loisirs des Arcades à Noisy-le-Grand (93)

👉 Vendredi 28 mai 2021 de 16h à 18h30, librairie Richer, 6 rue chaperonnières à Angers (49)

👉 Samedi 29 mai 2021, Super U à Mazé (49) de 9h30 à 12h30 et de 14h à 17h à l’Hyper U Murs Erigné (49)

👉 Samedi 5 juin (à confirmer)

👉 Mercredi 9 juin, de 14h à 18h, France Loisirs Centre commercial Claye Souilly (77)

👉 Week-end du 12 et 13 juin 2021, salon du livre Compiègne (60)

👉 Mercredi 16 juin, de 14h à 16h, France Loisirs Cergy (95)

👉 Samedi 19 juin 2021, Cultura Carré Sénart (77)

Mercredi 23 juin, France Loisirs Centre commercial Évry

👉 Dimanche 4 juillet 2021, salon du livre et des gourmandises, Pampelonne -Tarn (81)

👉 Samedi 4 septembre 2021, Espace culturel Auchan Le Mans, La Chapelle Saint Aubin (72)

Week-end du 15 septembre 2021, salon du livre Cosne sur Loire (58)

*Chez France Loisirs, c’est Ceux qui s’aiment finissent toujours par se retrouver

La page FB de Sonia

Sonia Dagotor | Facebook

Vous la trouverez aussi sur Amstragram heu non Instagram (clin d’oeil au livre de Sonia), sur Amazon, Babélio, etc…elle est partout !

Rencontre avec Elsa ROCH – Auteure

Paris, veille de Noël, de nos jours. Comme tous les soirs ou presque, le commissaire Amaury Marsac va s’asseoir sur un banc dans le square du Vert-Galant, sa soupape pour chasser les horreurs du métier avant de rentrer chez lui. Mais cette nuit-là, son refuge a été gagné par le Mal : dans une poubelle du jardin public gît un cadavre au ventre ouvert, rempli de mort-aux-rats.

Paris, mars 1995. Alex a 15 ans, il a fui l’appartement familial et est à la rue. Mais il résiste au désespoir, car dès que possible il va partir, il va la retrouver, il n’y a qu’Elle qui compte désormais dans sa vie. Et ensemble, ils surmonteront tout.

Lorsque les chemins de Marsac et d’Alex convergent, chacun se méprend en pensant avoir connu le pire…

Une bouleversante variation sur les enfances brisées, mais aussi la puissance de la fraternité et la beauté cruelle de la vengeance.

Il est des auteures dont on se dit que décidément elles sont merveilleuses. Elsa en est. Quelques échanges brefs mais très sympathiques, une envie de se connaître mutuellement (elle mon blog et moi ses livres) et nous voici à faire l’interview rituelle. Je la remercie…comment dit on déjà ? Mille fois ? Des centaines de milliers de fois ? Allez, faisons simple je la remercie du fond du cœur pour ce portrait et pour le plaisir qu’elle fait aux lecteurs du blog.

Elsa, je te souhaite une belle continuation et un joli succès pour ce livre que j’ai vraiment beaucoup aimé !

ITW D’ELSA

Pouvez-vous me raconter comment vous êtes venue à l’écriture et ce que vous avez commencé à écrire ?

Je suis venue très tôt à l’écriture, encore enfant, par le biais de petits poèmes que j’écrivais, dans un journal intime… Comme beaucoup de petites filles ! Et cette passion ne m’a jamais quittée.

Faisiez-vous lire à quelqu’un ce que vous écriviez ou écriviez-vous des choses que vous ne montriez à personne ?

Cette poésie n’était destinée à personne, mais je me souviens toutefois, un jour, en primaire, avoir osé demander l’avis d’un professeur de français, que j’aimais beaucoup, sur l’un de mes poèmes. Je me souviens aussi de l’attente de sa réaction, le cœur battant ! C’était le début de l’inquiétude liée à mes textes, qui ne me quittera jamais non plus.

Lisiez-vous quand vous étiez enfant et adolescente ? Aviez-vous des auteurs préférés ?

Oui, je passais beaucoup de temps à lire, avec une prédilection pour la bibliothèque rose, puis la verte, avant de passer aux classiques, avec l’ogre Hugo que j’ai dévoré, et nombre d’auteurs du XIXe. Et mon cercle n’a cessé de s’agrandir.

Quelle place la lecture occupait-elle chez vos parents ? Y avait-il des livres, des journaux, des revues ?

Les deux lisaient beaucoup, les bibliothèques de la maison étaient pleines, de livres, de revues, de journaux. Je n’avais qu’à piocher, et j’ai bien conscience maintenant que ma situation était privilégiée puisque tout était à disposition.

Avez-vous écrit autre chose que des romans ?

Hormis ces poèmes dont nous parlions, et une nouvelle, non.

Comment vous est venue l’idée de publier ?

Lorsque j’ai eu envie de partager ce que j’écrivais, lorsqu’écrire ne fut plus un acte destiné à moi-même, mais aux autres. Cette idée m’est venue tard : j’étais très réservée, et encore davantage concernant mes écrits. Il a fallu beaucoup de courage pour franchir le pas et envoyer mon premier manuscrit !

Est-ce vous qui concevez vos couvertures de livres ?

Non, je me contente de faire part à mon éditrice des grandes lignes dont j’ai envie, comme l’ambiance ou les couleurs, et des graphistes, dont c’est le métier, entrent alors en piste.

Y a-t-il des moments précis où vous écrivez ?

Depuis quelques temps, j’ai cette chance-là, je travaille sur mes romans huit heures par jour.

Comment écrivez-vous ?

Je m’installe de préférence à mon bureau, dans le calme. Mais je peux écrire partout, tout dépend de ce que les circonstances exigent.

Comment vous vient l’idée d’un roman ?

Elle s’impose, à chaque fois, comme une nécessité. C’est très étrange. Pour « Ce qui se dit la nuit« , j’avais envie d’explorer le malheur qui peut être engendré par les rumeurs, au sein d’un petit village perdu. Pour « Oublier nos promesses« , c’est la question du traumatisme et des violences faites aux femmes qui m’a guidée. Pour « Le Baiser de l’ogre« , tout est parti d’une enfant autiste dont je me suis longtemps occupée : je m’étais promis de lui rendre hommage, un jour, dans un roman ; à elle et à la « différence ». Quant à « La fureur des mal-aimés« , j’avais depuis toujours le projet de m’intéresser à l’enfance bousculée. Et Raphaël et Nastassja sont nés. Finalement, je ne peux écrire sans être emportée par mon sujet et mes personnages, ce qui nous ramène à la notion, viscérale, de « nécessité ».  

De qui vous inspirez vous pour vos personnages ?

De personne en particulier, sauf pour la petite, Liv, du « Baiser de l’ogre« , fortement inspirée par la fillette autiste dont je m’occupais, adolescente. Les autres personnages sont issus de ma seule imagination, nourrie de mon vécu, notamment de psy, personne ne saurait le nier. 

Une dernière question, est ce que selon vous l’écrivain a un rôle particulier à jouer dans la société ?

Le premier est peut-être celui de donner envie de lire. Et lire, lorsque cet acte s’accompagne de plaisir, ouvre toutes les portes, dont celles qui mènent à autrui, aux différences. Si l’écrivain a un rôle, c’est sans doute celui-ci : pousser les murs, et ouvrir des fenêtres sur le monde.

Le questionnaire façon Amélie Poulain

Elsa aime

J’aime être emportée par une lecture, écrire, partager de bons moments en famille ou entre amis, apprendre, découvrir et voyager, cuisiner pour ceux que j’aime… Les choses simples de la vie.

Elsa n’aime pas

Comme chacun, je n’aime pas l’injustice, la mauvaise foi, la duplicité, la manipulation, etc. Et on peut y ajouter les destins joués d’avance.

LE BAISER DE L’OGRE, Elsa Roch – Calmann-Lévy, sortie le 9 octobre 2019

OUBLIER NOS PROMESSES, Elsa Roch – Calmann-Lévy, sortie le 7 février 2018

Mon amie Aude Lagandré a fait une chronique remarquable de La Fureur des Mal-Aimés et avec son accord, je la partage ici. Ce sera une belle occasion pour vous de vous donner envie de lire ce dernier roman d’Elsa et de découvrir Aude et son blog

LA FUREUR DES MAL-AIMÉS, Elsa Roch – Calmann-Lévy, sortie le 12 mai 2021. | Aude Bouquine (aude-bouquine.com)

Rencontre avec Fanny CROUY – Auteure

« Pourquoi Fanny « ? allez-vous me demander. Et bien parce qu’avant de découvrir l’Auteure j’ai découvert la Femme à travers ses « Chroniques du temps qui passe ».

Elles sont simples, authentiques, dénuées de souhait d’accroche tapageuse et de mots racoleurs. C’est vraiment un partage. Et c’est ce qui m’a plu….Du coup, j’ai souhaité en savoir davantage sur Fanny. Elle est Auteure, Infirmière, Voyageuse, Femme, Epouse, Maman, Humaine…Voilà. Ca c’est un mot qui me plaît beaucoup. Humaine. Et puis tout comme moi, elle ne mange ni veau, ni agneau alors forcément ça rapproche:). Plus sérieusement, j’ai vraiment découvert une Femme Formidable que je vous laisse, vous aussi, découvrir à travers un joli portrait.

« Après des études à Sciences Po Lyon et un court passage en Angleterre, Fanny CROUY émigre avec son mari à Montréal en 2000. Là-bas, elle découvre le yoga puis reprend ses études pour devenir infirmière, tout en élevant ses 3 enfants. Dès 2007, elle apprend la voile sur les grands lacs canadiens et se lance dans un tour de l’Atlantique en famille sur un catamaran qui durera 18 mois. De cette expérience naît un guide de voyage à l’usage des femmes qui osent le grand défi de la voile : Femme(s) à la mer. De retour en France en 2013, elle devient infirmière en entreprise puis se forme au shiatsu et à l’hypnose pour ouvrir son cabinet. Du côté de St Étienne, dans la Loire où elle réside désormais, Fanny Crouy continue avec bonheur ses activités artistiques autour de l’écriture, de la photographie et de la peinture ».

Pouvez-vous me raconter comment vous êtes venue à l’écriture et ce que vous avez commencé à écrire ?

J’écris depuis l’âge de 10 ans. J’ai toujours adoré lire et raconter des histoires.

J’ai écrit une nouvelle à l’âge de 15 ans qui retrace un voyage vers les camps de la mort, à une époque où je me passionnais pour cette période sombre de l’histoire.

J’ai toujours trouvé dans l’écriture une liberté incroyable que je n’ai pas retrouvé dans d’autres domaines.

J’ai réellement pris au sérieux mon besoin d’écrire en arrivant au Québec : je suis tombée sur le bouquin de Julia Cameron qui m’a permis de démarrer un projet de roman. J’ai écrit durant plusieurs mois, et j’ai décidé de boucler l’histoire en louant un chalet près du lac Memphrémagog (au Québec) durant 2 semaines. Et finalement, j’ai réécrit tout le roman pendant ce laps de temps !

Ensuite, j’ai commencé à écrire sur la mort, car je me destinais à devenir infirmière. Pour moi, il n’était pas possible d’avoir ce projet si j’avais peur de la mort. J’ai donc fait du bénévolat en soins palliatifs, et j’ai commencé à écrire sur ma vision de la mort. Quelques semaines plus tard, j’ai appris que ma belle-sœur allait décéder rapidement d’une maladie grave : le livre m’a permis de passer au travers de ce deuil…

Lors de notre voyage en bateau, j’ai eu aussi envie de partager mon expérience, en tant que femme de marin. Il s’agit d’un monde presque exclusivement masculin, et toutes les familles rencontrées lors de notre voyage étaient constituées de ces hommes volontaires avec un projet de voile et qui avaient finalement convaincu leur moitié de se joindre au projet. Mais la chose n’est pas simple, surtout quand on ne sait pas à quoi s’attendre : mon livre, Femmes à la mer (2016, éd Ancre de Marine) était donc un peu un guide pour répondre à leurs questions et aider à préparer le projet.

Faisiez-vous lire à quelqu’un ce que vous écriviez ou écriviez-vous des choses que vous ne montriez à personne ?

J’ai tenté de montrer mes écrits à mon mari, mais les retours me laissaient frustrée et avec un sentiment d’inadéquation avec ce que j’attendais : j’ai donc arrêté. J’ai longtemps écrit sans lecteurs, puis j’ai débuté l’écriture de mon blog en 2009, et j’ai commencé à être lue davantage. Depuis mon retour en France, en 2013, j’ai une lectrice attitrée J Ma tante se charge de lire ce que j’écris et me fait toujours des retours constructifs et riches. Je peux aussi à l’occasion montrer mes écrits à des amis ou des personnes qui font partie de ma cible de lecteurs. Exemple tout frais : je vais sortir à la fin de l’année un livre de développement personnel sur les rêves à réaliser pour soi, et je pioche à l’occasion quelques rêveurs novices pour tester mes idées !

Lisiez-vous quand vous étiez enfant et adolescente ? Aviez-vous des auteurs préférés ?

Je me souviens surtout de l’impatience que j’avais à apprendre à lire, la veille de ma rentrée au CP… Et puis très vite, les livres ont fait partie de mon paysage. Ado, je dévorais tout ce que je trouvais… Je suis une fan inconditionnelle de Jane Austen, qui a brossé des portraits intemporels du genre humain dans ses livres, avec un humour subtil qui m’épate chaque fois que je relis ses livres. Les bouquins de John Irving, pas toujours faciles à commencer, sont aussi très profonds et puissants, notamment Une prière pour Owen, qui m’a beaucoup marquée sur le thème du destin. J’adore Pennac, et ses personnages, son humour, sa plume intelligente et poétique… Et puis les livres d’Ito Ogawa, au rythme lent et si rafraichissant…

Quelle place la lecture occupait-elle chez vos parents ? Y avait-il des livres, des journaux, des revues ?

J’ai un père qui lit plusieurs livres par semaines (parfois par jour…) alors les bouquins, c’est un peu un membre de la famille à part entière dans notre maison ! Il y a donc toujours eu chez mes parents journaux, revues, livres d’art, de poésie, intellectuels, BD, romans, etc…

Avez-vous écrit autre chose que des romans ?

J’ai en effet écrit (mais pas encore publié) un récit sur la mort, un guide de voyage pour les femmes dont les maris veulent partir faire un tour du monde en bateau, et un livre de développement personnel.

Comment vous est venue l’idée de publier ?

Ecrire pour soi, je le fais avec mon journal depuis 20 ans. C’est un exercice thérapeutique épatant, mais il est pour moi très important de partager l’écriture : pour les idées, les émotions, les ressentis… J’aime l’idée qu’on peut toucher quelqu’un à l’autre bout du monde avec ses écrits. Donc la publication s’est imposée d’elle-même après la rédaction de mon premier roman. Mais j’avoue que les démarches en vue de la publication ne sont pas mon fort…

Est-ce vous qui concevez vos couvertures de livres ?

Nope ! C’est l’avantage d’avoir une maison d’édition : ils gèrent ce genre de chose beaucoup mieux que je ne le ferais moi même ! Ceci dit, j’ai publié en auto-édition chez Librinova, et à deux reprises, j’ai des amies artistes qui ont eu la gentillesse de me faire des couvertures magnifiques !

Y a-t-il des moments précis où vous écrivez ?

Hors confinement ? Mon trip total, ce sont les cafés ! De préférence bruyants, avec beaucoup de mouvement autour et de l’activité… Un bon café latte par-dessus, mes écouteurs avec la musique adaptée à ce que j’écris, et c’est parti !

En période de confinement, j’ai dû adapter ma routine. Je me lève tous les matins à 6h pour écrire mon journal, et j’écris un ou deux paragraphes après dans mon manuscrit avant d’embrayer sur la méditation.

Comment écrivez vous ?

Avec bonheur  !

Sinon, c’est l’ordi pour le manuscrit, je tape au kilomètre 😉 Et sinon, j’adore écrire à la main mes idées pour le plan, les personnages, avoir toujours un calepin prêt pour noter mes inspirations subites…

Comment vous vient l’idée d’un roman ?

C’est la partie la plus rigolote ! J’ai à chaque fois une image qui s’impose à moi. Je pars de là pour essayer de trouver l’histoire que l’image raconte. J’ai essayé de faire des plans, mais cela ne me semble pas cohérent avec mon fonctionnement. Je pars en effet du principe que les personnages doivent être libres d’agir et d’évoluer, et que mon travail consiste à les écouter. Je ne peux donc pas anticiper comment ils vont s’adapter aux situations que je propose. Je suis donc le fil de l’histoire et me laisse porter. Quitte à me retrouver dans des situations impossibles parfois, où je ne sais plus comment me dépatouiller de la scène que j’ai créée ! Il m’arrive alors de demander de l’aide à mes enfants ou à ma tante (qui est ma lectrice préférée) pour donner un coup de main à mes personnages.

Donc l’intuition est mon guide, et je pars du principe que, moins je réalise un plan strict, meilleure sera l’histoire.

De qui vous inspirez vous pour vos personnages ?

Mon imagination ! Je sais que certains auteurs aiment bien utiliser des personnes réelles dans leurs histoires, mais ce n’est pas ainsi que je fonctionne. En réalité, j’imagine que je suis dans un peu tous mes personnages. J’ai fait une exception dans un de mes romans, où j’ai taillé un costard à quelqu’un en lui collant un personnage de méchant, et il est très crédible dans le rôle j’avoue.

Une dernière question, est ce que selon vous l’écrivain a un rôle particulier à jouer dans la société ?

L’écrivain, c’est une voix qui s’élève, c’est un point de vue personnel, un imaginaire en marche, une façon de voir la vie qui se partage… Le rôle qu’il peut jouer est celui de réveilleur, d’attiseur d’idées, de concepteur de rêves…

Le questionnaire façon Amélie Poulain

Fanny aime

Les gens

Écrire mon journal avec une tasse de thé vert du Japon le matin quand tout le monde dort

Marcher tous les jours de l’année par tous les temps

Mes enfants

Les arbres

L’auteur n’aime pas

Manger du veau et de l’agneau

Marcher sur un râteau (ça fait mal !)

Les démarches administratives

La télévision

L’odeur du diesel

Si vous souhaitez suivre les chroniques de Fanny c’est par ici :

La philosophie du non agir | Fanny Crouy

Le livre de Fanny est paru aux Editions du Loir

Les Éditions du Loir | Facebook

Vous pourrez également lire la jolie interview de nos amis de La Petite Bulle Littéraire

https://www.facebook.com/hashtag/interviews/

Jean FAILLER – Auteur et homme passionné et passionnant

Alors là mes enfants si on m’avait dit que j’échangerai avec Jean FAILLER, j’en aurais très probablement recraché le café que j’aurais été en train de boire tellement je n’y aurais pas cru. Jean FAILLER le père de Mary LESTER, l’homme qui a créé sa propre maison d’édition « Les Editions du Palémon » c’est pas n’importe qui tout de même. Mon Oncle aime m’offrir des Mary LESTER, comme on l’appelle, alors forcément j’ai eu envie de connaître Jean. D’en savoir plus. Surtout au moment où son 58 ème Mary LESTER sort. J’espère que ce portrait vous plaira et vous en apprendra un peu plus sur Jean. Je remercie les amis de la page FB « Les Fans de Mary Lester » qui furent de merveilleux complices dans cette aventure.

Bonjour Jean, je vous remercie du fond du coeur pour le temps que vous avez passé à répondre à mes questions et pour le plus grand plaisir de vos lecteurs.

Jean, pouvez-vous me raconter comment vous êtes venu à l’écriture et ce que vous avez commencé à écrire ?

J’ai toujours eu une passion pour la lecture, ce qui m’a amené à l’écriture. Des poèmes d’abord, comme tout adolescent qui se respecte, puis du théâtre (qui reste ma forme d’expression préférée – 15 pièces), du roman historique (6 opus), des nouvelles (2 opus), des chroniques et enfin du roman policier (58 titres).

Faisiez-vous lire à quelqu’un ce que vous écriviez ou écriviez-vous des choses que vous ne montriez à personne ?

Je suis assez secret et j’ai fait lire mes écrits à ceux qui pouvaient être intéressés (éditeurs, metteurs en scène).

Jean étiez-vous un grand lecteur, aviez-vous des auteurs préférés ?

Effectivement, j’ai toujours passé mon temps à lire (Dumas, Hugo dès l’enfance) et je connais bon nombre de fables de la Fontaine par cœur.

Quelle place la lecture occupait-elle chez vos parents ? Y avait-il des livres, des journaux, des revues ?

Je suis d’un milieu modeste, mon père était menuisier et ma mère repasseuse. Cependant mes parents et mes grands parents adoraient aussi la lecture.

Comment vous est venue l’idée de publier ?

À force de lire, on ne tombe pas toujours sur le bon livre. Vient un jour où on se dit, « je pourrai carrément faire mieux » (en toute modestie).  On se jette à l’eau et on s’aperçoit vite que, finalement, écrire un bouquin qui se tient n’est pas si facile que ça. Enfin, on arrive au bout et le bouquin étant écrit, on se dit « pourquoi ne pas le publier » et on cherche un éditeur (ce qui n’est pas le plus facile de l’affaire). Et quand il est publié, pourquoi ne pas le vendre ? Ça non plus n’est pas facile quand on n’est pas connu. On se heurte à la quadrature du cercle : pour avoir de chances de toucher son public il faut être connu et, évidemment passer à la télé, c’est le meilleur des tremplins, sauf que pour passer à la télé, il faut être connu. Voyez le problème ! 

Dites-moi Jean, est-ce vous qui concevez vos couvertures de livres ?

Oui, avec ma directrice d’édition. Car, lassé de n’être jamais – ou mal payé par mes premiers éditeurs, j’ai créé ma maison d’Edition pour être sûr de toucher au moins mes droits d’auteur et d’autres écrivains que j’aimais bien m’ont rejoint depuis. Les Editions du Palémon occupent actuellement dix personnes car nous maîtrisons toute la chaîne de production de nos livres, de leur choix et leur fabrication à la commercialisation et la mise en place dans le bac du libraire.

Y a-t-il des moments précis où vous écrivez ?

Il est très difficile, voire impossible, de me faire faire ce que je n’ai pas envie de faire. J’écris quand j’ai envie d’écrire. Quand je n’en ai pas l’envie, je fais autre chose. Je ne suis jamais oisif, ma maison d’édition m’occupe assez bien !

Comment écrivez vous, Jean ?

J’écris tout bêtement sur un ordinateur. J’ai eu la chance d’apprendre à taper à la machine dans ma jeunesse, ce qui fait qu’elle tape aussi vite que je parle. Quelquefois plus vite même !

Comment vous vient l’idée d’un roman ? 

Un fait divers, un lieu : criminogène, esthétique  ou bien les deux. Des personnages pittoresques ou une idée qui vient comme ça, avec le vent de la mer.

De qui vous inspirez vous pour vos personnages ?

De la vie, de la fréquentation des marchés, des halles, des bistrots, des chantiers. De la vie quoi.

Une dernière question, est ce que selon vous l’écrivain a un rôle particulier à jouer dans la société ?

De quel écrivain parle-t-on ? De l’intellectuel, du philosophe, du journaliste qui soulèvent des questions existentielles ou du romancier qui raconte des histoires ? Il va de soi que je n’appartiens pas aux premières catégories. Donc je n’aurais jamais de prix littéraire (ce dont je me fiche bien d’ailleurs). Mais quand une petite dame vient me voir toute timide au cours d’un salon littéraire et  me dit « Merci Monsieur Failler, vous m’avez fait passer un bon moment « alors là, j’ai mon Goncourt. Bien sûr les écrivains ont un rôle important à jouer dans la société. La littérature est multiforme. Tel lecteur aime l’histoire, l’autre la philosophie, la politique, le roman policier. L’éventail est large et tous les lecteurs y trouvent leur compte et la meilleurs publicité d’une petite maison comme la nôtre est faite par les lecteurs satisfaits. Le bouche à oreille, comme on dit, fonctionne très bien.


Quant au rôle du romancier dans la société, je me permettrai de vous narrer une expérience personnelle. J’avais écrit un roman policier qui se passait à Saint Malo « La cité des dogues », dans lequel je décrivais cette superbe cité, en déplorant que derrière la place la plus touristique de Saint-Malo, il y eut une ruelle sordide dans laquelle les restaurateurs entassaient leurs poubelles et les ivrognes allaient vider leur trop plein de bière. En été l’odeur était insoutenable. Le jour de l’inauguration du salon « Etonnants Voyageurs », passe le maire entouré de son aréopage de courtisans. Quand il me voit il perd subitement son beau sourire de notable visitant son fief et fait demi-tour pour éviter mon stand. Mais le lendemain…Le lendemain cette rue qui s’appelle « la venelle aux chiens » était vidée, nettoyée, récurée et désinfectée par les services municipaux. On peut passer la voir, 23 ans après « la venelle chiens » est toujours la rue la plus propre de Saint-Malo. Ce sont les riverains qui furent contents. Voyez, la littérature agit même parfois sur l’hygiène et la santé publique. Je n’en suis pas peu fier.

Jean aime

Mozart, Brassens, Victor Hugo, la Fontaine

Jean n’aime pas

Le Grand Meaulne, Le petit Prince, Proust, le rap, les mobylettes en échappement libre

Editions du Palémon (palemon.fr)

Rencontre avec Olivier BAL – Auteur

 

Tout le monde a en mémoire son magnifique « L’Affaire Clara Miller » et le succès que ce polar a connu. Olivier BAL revient avec un nouveau polar « La Forêt des Disparus » paru aux Editions XO. C’est un auteur que je suis un peu, beaucoup, à la folie, passionnément pour plusieurs raisons. Son écriture, sa modestie, sa discrétion et son talent.

Olivier me fait l’immense plaisir de se livrer non pas sur son prochain ouvrage mais sur lui, sur son rapport à l’écriture et à la lecture.

Merci Olivier pour le joli moment partagé. Je vous souhaite un immense succès avec La Forêt des Disparus.

Pouvez-vous me raconter comment vous êtes venu à l’écriture et ce que vous avez commencé à écrire ?

J’écris depuis que j’ai une petite vingtaine d’années. J’ai mis du temps avant de me trouver dans l’écriture. Passionné de cinéma, je me suis d’abord essayé aux scénarios, puis à une pièce de théâtre… Je pense, au fond, que ça me faisait un peu peur de me lancer dans l’écriture de roman. Quand on commence un livre, on sait qu’on se lance dans quelque chose de long, complexe. Surtout, il vous faut un projet qui vous porte et vous habite. De mon côté, mon premier roman a été Les Limbes, un thriller fantastique, pensé comme un hommage à tous les auteurs et cinéastes qui m’avaient construit : Jules Verne, H.P. Lovecraft, Stephen King, John Carpenter, Steven Spielberg… Plus largement, avec le sujet des Limbes, en gros, l’histoire suit des personnages qui se découvrent la faculté de visiter et prendre le contrôle des rêves des autres, j’avais un canevas vierge, une opportunité de laisser libre cours à mon imagination. C’était à la fois très stimulant et jouissif. Aucune limite, aucune œillère. Bref, de quoi bien me mettre le pied à l’étrier !

Faisiez-vous lire à quelqu’un ce que vous écriviez ou écriviez-vous des choses que vous ne montriez à personne ?

En général, oui, je faisais lire mes projets à mes proches. Je me rappelle, à l’époque de ma pièce de théâtre, je la lisais moi-même à mes amis et ma famille… et leur imposais, du coup, de devoir m’écouter pendant quasiment une heure trente. Les pauvres, quelle torture leur faisais-je subir ! Depuis, ça a pas mal changé. Aujourd’hui, seule ma femme lit mes projets en cours. C’est un regard essentiel pour moi. D’abord parce qu’elle m’a toujours accompagné dans ce voyage vers l’écriture et qu’elle connaît, finalement, mon style mieux que personne. Plus largement, ce qui m’intéresse dans son regard, c’est qu’elle n’est pas très portée sur le polar et le thriller. Du coup, elle aborde mes romans avec un certain recul. À part elle, je n’ai pas de beta lecteurs. Au sein des éditions XO, j’ai une super équipe éditoriale qui m’accompagne dans le travail du manuscrit. C’est un peu comme l’étape essentielle du montage au cinéma. C’est là que la matière prend sa forme définitive, que le roman s’affine, se perfectionne. C’est parfois exigeant mais toujours stimulant.

Lisiez-vous quand vous étiez enfant et adolescent ? Aviez-vous des auteurs préférés ?

Oui, je lisais beaucoup. Mes premiers amours de littérature ont été les romans d’aventure et d’exploration : Jack London, Robert Louis Stevenson et, évidemment, Jules Verne.  Jeune ado, j’ai adoré aussi les livres dont vous êtes le héros. Je m’amusais ainsi à imaginer moi-même des aventures avec mes camarades quand nous faisions des trajets en bus… Plus tard, j’ai glissé vers le fantastique avec H.G. Wells, Ray Bradbury, Edgar Allan Poe, Stephen King mais aussi Barjavel. Étonnamment, j’avais également des coups de foudre pour des œuvres plus scolaires. Molière, Andromaque de Racine, Candide de Voltaire… Et j’ai toujours gardé depuis, je l’espère, cette ouverture d’esprit. J’aime autant lire des thrillers, du fantastique, que de la littérature générale.

Quelle place la lecture occupait-elle chez vos parents ? Y avait-il des livres, des journaux, des revues ?

Mes parents sont des grands lecteurs, mais plutôt amateurs de romans historiques. Gamin, je me souviens, nous avions cette tradition de lire le soir « Alain Decaux raconte l’Histoire de France », blottis avec mes deux sœurs autour de mon père. Du coup, il y avait souvent des livres assez anciens chez moi. Avec des reliures travaillées, des illustrations. Pour moi, les livres, ça a toujours été une promesse d’évasion, d’ailleurs. Du coup, mes premiers Jules Verne par exemple étaient des éditions Hetzel avec les magnifiques gravures d’Edouard Riou sur Vingt mille lieues sous les mers ou Voyage au centre de la Terre.

Avez-vous écrit autre chose que des romans ?

Oui, comme je l’expliquais plus haut, je me suis essayé au scénario et à la pièce de théâtre. Mais c’est vraiment dans le roman que j’ai trouvé ma voix… et ma voie ! Cependant, depuis quelques temps, je réfléchis à développer des projets de séries ou films. Le métier d’écrivain est très solitaire et j’aimerais pouvoir travailler sur des projets à plusieurs. J’ai envie d’émulation, de confrontation d’idées…

Comment vous est venue l’idée de publier ?

Quand j’ai lancé les Limbes en 2015, je suis d’abord passé par l’auto-édition. C’était avant tout pour moi l’occasion de me confronter aux lectrices et lecteurs, savoir si mon univers trouvait un quelconque écho chez eux. À ma grande surprise, le roman a rencontré un joli succès et a, du coup, commencé à réveiller l’intérêt des éditeurs traditionnels. J’ai pris le temps de choisir celui avec lequel je voudrais me lancer.

Est-ce vous qui concevez vos couvertures de livres ?

Chez mon ancien éditeur, oui. Mais aujourd’hui avec XO, je laisse travailler les équipes autour de Bruno, leur directeur artistique. Ensuite, ils me font des propositions et nous échangeons à ce sujet. Avec le temps, j’ai découvert que le regard d’un auteur n’était peut-être pas toujours le plus pertinent pour son roman. En fait, à chacun son métier. Moi, j’écris les livres et je fais entièrement confiance en mon éditeur pour les défendre et donner envie aux lecteurs de les découvrir.

Y a-t-il des moments précis où vous écrivez ?

Vu que je me consacre à l’écriture à 100% depuis maintenant quatre ans, j’écris tous les jours ! Je m’impose depuis le début de cette aventure un rythme très routinier. Je dépose mes enfants à l’école, fais du sport, puis me mets à écrire jusqu’en fin d’après-midi, avec une courte pause déjeuner. J’ai remarqué, avec le temps, que je suis souvent plus productif le matin. Du coup, je consacre souvent mes après-midis à la relecture, la documentation…

Comment écrivez vous ?

J’écris directement sur ordinateur, mais j’ai toujours un carnet à mes côtés sur lequel je prends des notes. Il m’arrive aussi de faire des croquis, des dessins. Sur La Forêt des disparus, notamment, j’ai réalisé une carte complète sur quatre feuilles A4 de la forêt de Redwoods et du village. J’y détaille les lieux les plus emblématiques mais aussi le moindre nom de rue, le moindre sentier de randonnée. Vu que cette ville est totalement fictive, ça m’a permis de lui donner corps.

Comment vous vient l’idée d’un roman ?

Ahah… question difficile ! C’est un long processus de maturation. Une idée émerge, souvent, qui pourrait tenir en une phrase. Ca peut être une thématique, une scène, un personnage… Je la laisse grandir, mûrir, évoluer. J’y reviens de temps en temps, la développe. L’inspiration pour moi, c’est un peu comme un potager. On plante une petite graine, une idée, en terre. Et on s’efforce ensuite de la faire pousser. J’ai, en parallèle, plusieurs projets qui murissent, qui poussent. Et, à un moment, je me décide à me consacrer à l’un plutôt qu’à l’autre. À cette étape, c’est l’envie qui me porte.

De qui vous inspirez vous pour vos personnages ?

Je me revendique comme un auteur de fiction. Plus je m’éloigne de mon quotidien, de ma vie personnelle, plus je m’épanouis. C’est en partie pour cela que je place mes romans aux États-Unis. Plus largement, j’ai besoin de me remettre sans cesse en question, et d’être un peu chamboulé quand j’écris. Du coup, j’aime construire des personnages qui sont éloignés de moi. Une ado solitaire et torturée, comme Charlie dans La Forêt des disparus, une jeune femme qui se noie dans les drogues et l’excès à Los Angeles, comme Eva dans Clara Miller… des personnages qui sont à mon opposé et qui, pourtant me touchent, me bouleversent. En tentant de me mettre dans leur peau, de leur donner vie, de les comprendre, je pense qu’à mon échelle, je grandis un peu, j’apprends aussi sur la nature humaine.

Une dernière question, est ce que selon vous l’écrivain a un rôle particulier à jouer dans la société ?

Encore une question piège !!! Chacun appréhende sa « mission » de manière différente. Certains auteurs revendiquent le rôle social du livre. Moi, je n’ai pas la prétention de vouloir changer le monde. Je me méfie des romans donneurs de leçon. Je préfère instiller dans l’esprit du lecteur une réflexion qu’il fera ensuite évoluer. Ce que je veux offrir avec mes livres, c’est avant tout de l’évasion, une fenêtre ouverte sur un ailleurs mais aussi sur un autre. Ce qui m’intéresse avec le polar, c’est que c’est un genre littéraire qui permet de montrer combien nous naviguons, tous, dans des zones de gris. Il n’y a pas de bien ou de mal, nous pouvons tous pencher d’un côté ou d’un autre. Et c’est ça qui m’intéresse. Explorer les failles, les fêlures. Et en ramener un peu de lumière.  

Son cadavre est remonté, comme celui d’autres femmes, à la surface de l’eau. Six au total… Là-bas, dans les forêts du New Hampshire, le lieu maudit porte un nom : le lac aux suicidées.
Clara Miller était journaliste. Comme Paul Green, le reporter du Globe qui débarque sur l’affaire. Il avait connu Clara étudiante, et ne croit pas un instant à la thèse du suicide.
Un homme l’intrigue : Mike Stilth, l’immense rock star retranchée à quelques kilomètres de là, à Lost Lakes, dans un manoir transformé en forteresse.
L’artiste y vit entouré d’une poignée de fidèles, dont Joan Harlow, redoutable attachée de presse qui veille sur son intimité et se bat comme une lionne dès que l’empire Stilth est attaqué.
Mais Paul, lui, a tout son temps. Dans sa vieille Ford déglinguée, il tourne inlassablement autour du domaine. Avec cette question : et si, du manoir, la route menait directement au lac ?

Jean-Luc AUBARBIER – Un auteur aussi généreux que le terroir dont il est issu.

Un homme est retrouvé assassiné dans sa chambre d’hôtel en Inde. Peu de temps auparavant, il avait envoyé une mystérieuse et inquiétante lettre à Pierre Cavaignac et Marjolaine Karadec, ses amis archéologues  : «  D’effroyables choses se préparent… C’est une question de vie ou de mort.  »

Jean-Luc Aubarbier, libraire, chroniqueur dans un journal Sarladais est un homme de lettres, passionné des mots et des livres. Il met son expérience spirituelle et ésotérique au service de la littérature et en nourrit ses romans. C’est un vrai plaisir que d’avoir échangé avec lui durant ces quelques jours. J’espère que vous apprécierez son portrait tout autant que nous.

Article réalisé avec la complicité de Martial Maury – Auteur

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Bonjour Jean-Luc, pouvez-vous me raconter comment vous êtes venu à l’écriture et ce que vous avez commencé à écrire ?

Comme tout auteur, je suis d’abord un lecteur. Depuis que j’ai 4 ans, je n’ai jamais cessé de lire. J’étais passionné par les mots, les histoires, puis par l’Histoire et les idées, la philosophie. Mais je n’ai réellement pensé à écrire que pendant mes études (une école de commerce et non la fac de lettres). Je me souviens d’une conversation où j’ai pris conscience qu’écrire pouvait être un métier. Puis je suis devenu libraire, à 28 ans. Je n’osais pas attaquer un roman, alors j’ai écrit des guides touristiques.

Faisiez-vous lire à quelqu’un ce que vous écriviez ou écriviez-vous des choses que vous ne montriez à personne ?

Ma sœur Geneviève, avec laquelle je travaillais en librairie, a toujours été ma première lectrice et correctrice. Elle a fait des études de lettres. Pour mon premier roman, écrit en 2000 (à 45 ans), avant de l’envoyer par la poste à 14 éditeurs nationaux, je l’ai fait lire à 30 personnes. Et ça a marché.

Lisiez-vous quand vous étiez enfant et adolescent ? Aviez-vous des auteurs préférés ?

Je dévorais les livres, je lisais tout ce qui me tombait sous la main, et je relisais (je pouvais lire deux romans en une après-midi). J’ai commencé par les Père Castor, puis les Club des Cinq. Si je ne devais citer qu’un seul auteur, ce serait Henri Vernes, le créateur de Bob Morane, 120 romans lus et relus entre 10 et 16 ans. A 102 ans, Henri Vernes est toujours de ce monde, et je le salue bien bas. Il m’a donné le goût des voyages. 

Quelle place la lecture occupait –elle chez vos parents ? Y avait-il des livres, des journaux, des revues ?

Mes parents étaient de grands lecteurs. Ma mère m’a appris à lire quand j’avais 4 ans. Elle veillait à ce que je ne manque jamais de livres et de journaux (je suis un enfant de Pilote, lu entre 9 et 18 ans). Mes parents discutaient entre eux pour savoir ce que je pourrais lire : Pagnol à 10 ans, Proust à 18. A 10 ans, mon père m’a offert Le Grand Cirque, de Pierre Clostermann. J’y ai pris le goût de l’aviation (je suis devenu pilote privé beaucoup plus tard) et de Saint-Exupéry (je n’ai pas commencé par Le Petit Prince, mais par Pilote de guerre, un peu dur à 12 ans).

Avez-vous écrit autre chose que des romans ?

En 1983, libraire débutant, j’ai rencontré le directeur des éditions Ouest-France qui cherchait des ouvrages à publier sur le Périgord. Je lui ai suggéré de faire un guide sur les sites préhistoriques et, au bluff, je me suis proposé pour l’écrire. Il a accepté. Jusqu’en l’an 2000, j’ai écrit pour eux une bonne quinzaine de livres, et je continue, en plus des romans, à rédiger pour eux des ouvrages historiques, car c’est une bonne maison.

Comment  vous est venue l’idée de publier ?

J’étais toujours taraudé par l’idée d’écrire un roman. J’avais un bon sujet, un épisode tout à fait étonnant de la résistance en Périgord, mais je n’étais pas prêt. A 45 ans, j’ai profité du changement de siècle et de millénaire pour me lancer. Il n’y a pas d’école pour apprendre à écrire. Je savais seulement qu’il était très très difficile d’être édité. Alors j’ai pris mon temps pour proposer mon roman, pour le corriger, le retravailler. Sur les 14 éditeurs nationaux qui l’on reçu, 4 m’ont donné une réponse favorable. Les démons de sœur Philomène est sorti en 2003 aux éditions Jean-Claude Lattès.

Est-ce vous qui concevez vos couvertures de livres ?

Non, c’est le rôle de la maison d’édition, tout comme le titre et la 4° de couverture.

Y a-t-il des moments précis où vous écrivez ? Comment écrivez-vous ?

J’écris tous les matins, pendant 3 ou 4 heures. L’après-midi, souvent, je corrige. Mes romans sont écrits plusieurs fois. La première écriture est faite au stylo plume et dans mon lit. J’ai besoin d’un brouillon abominablement raturé. Puis la deuxième écriture est faite sur ordinateur. En général, j’imprime pour corriger (j’ai horreur de lire sur écran). Je vais publier, en septembre 2021, mon quatorzième roman : il s’agit toujours de romans historiques ou de thrillers ésotériques, qui demandent énormément de recherches. Avant de commencer à écrire, je passe plusieurs mois à préparer le travail (plan et recherches). Il me faut entre 9 et 12 mois pour écrire un roman.

Comment vous vient l’idée d’un roman ?

Je pars toujours du réel, d’un fait divers, d’un épisode historique. Je crois que la réalité a plus d’imagination que nous. Depuis mon premier roman, je cherche toujours le fait, le personnage, atypique, qui va surprendre le lecteur. J’aime qu’il trouve incroyable ce qui est vrai, et vrai ce que j’ai inventé. 

De qui vous inspirez-vous pour vos personnages ?

Pour mon premier roman, j’ai eu un problème d’identification. Je connaissais tout de mes personnages, sauf leurs physiques. Alors je me suis servi d’acteurs. Sœur Philomène, c’est Sandrine Bonnaire, son amant prêtre, c’est Depardieu (en soutane dans Sous le soleil de Satan). Je continue à utiliser des acteurs, parfois des amis, de gens que je connais (sans le leur dire, la plupart du temps).

Une dernière question, est-ce que selon vous, l’écrivain a un rôle particulier à jouer dans la société ?

Sûrement pas celui de donneur de leçons ! Je déteste le dogmatisme. Je pense que le romancier, comme le boulanger ou le coiffeur, doit bien faire son métier, donner le meilleur de lui-même. Les métiers artistiques sont à la frontière entre les domaines du sensible et de l’intelligible, l’écrivain est un passeur. Le romancier a tous les droits, sauf d’ennuyer son lecteur. C’est un métier de démiurge (j’adore ça).

Merci Jean-Luc pour ce moment agréable. Nous attendons avec impatience la sortie de votre prochain ouvrage le 23 septembre aux Presses de la Cité !

Mes livres | Jean-Luc Aubarbier | Ecrivain, historien des religions, conférencier, chroniqueur littéraire, libraire.

Jean-Luc Aubarbier (auteur de Le talisman cathare) – Babelio

Jean-luc Aubarbier | Facebook

Julie de Lestrange, Auteure

Bonjour Julie ! Quelle joie de vous accueillir sur le blog ! Vous allez faire des heureux j’en suis plus que certaine. Nous attendons avec impatience votre prochain roman dont la sortie est programmée le 21 avril 2021

Résumé :
Ensemble, envers et contre tout.
Alexandre a réussi.
Il partage son temps entre son métier, sa famille, et des projets qui fourmillent.
Dans cette course effrénée, il ne voit pas que son monde se délite, petit à petit.
C’est l’histoire d’un homme qui pensait tout connaître de l’existence.
C’est aussi l’histoire de Marco, Claude, Anouk, et Sophie.
De ces amis que l’on garde pour la vie,
Et de nos défaites, dont jaillissent les plus grandes espérances.

 Julie, nous avons beaucoup discuté toutes les deux, en peu de temps, de choses qui nous tiennent à coeur, de passions communes. J’en viens à vous. Racontez moi, racontez nous qui vous êtes Julie.

Pouvez-vous me raconter comment vous êtes venue à l’écriture et ce que vous avez commencé à écrire ?

Je ne me souviens pas du moment précis où je suis venue à l’écriture. Enfant, je tenais un journal intime. Avec le recul, il comporte quelques grands moments de narration, tant dans le contenu que dans la forme. Ensuite, à l’adolescence, comme beaucoup, j’ai versé dans les poèmes. Plutôt sombres et révoltés. Je me teignais les cheveux en violet avec des cartouches d’encre Waterman (un signe ? ),  je portais des bijoux que je volais aux puces, j’avais les ongles noirs et des Dr. Martens aux pieds. Mes écrits étaient dans la même mouvance. L’un d’eux s’intitulait « le vampire ». Quand j’y pense…

Faisiez-vous lire à quelqu’un ce que vous écriviez ou écriviez-vous des choses que vous ne montriez à personne ?

Jeune, je ne montrais rien. J’ai commencé à me « dévoiler » derrière un écran, à travers un blog, quand j’avais 27 ans. Désormais, je montre tout, mais uniquement une fois que c’est fini. Hors de question de faire lire quoi que ce soit, à qui que ce soit, tant que je n’estime pas être parvenue au bout du processus. Du moins, le premier jet. Cela peut prendre beaucoup de temps. Généralement, la première lectrice est ma mère. Non seulement, je lui fais confiance, je sais qu’elle me lira avec bienveillance, mais aussi, comme elle était éditrice pendant des années, elle a un œil particulièrement aiguisé.

Lisiez-vous quand vous étiez enfant et adolescente ? Aviez-vous des auteurs préférés ?

Je lisais beaucoup. Internet n’existait pas, la télévision avait un cadenas (que j’arrivais à ouvrir avec un couteau, mais seulement quand mes parents étaient absents, ce qui était rare), donc la lecture s’est imposée comme une distraction facile, et à ma portée. D’autant qu’avec une mère éditrice, j’avais accès, peu ou prou, à tous les livres que je voulais. Pour les gadgets, les fringues à la mode, et les bonbons, je pouvais toujours attendre, mais pour les livres, c’était budget illimité.

Quelle place la lecture occupait-elle chez vos parents ? Y avait-il des livres, des journaux, des revues ?

J’ai toujours grandi au milieu des livres. Il y en avait partout. Sur les tables de nuit, dans le salon, dans les bibliothèques, et même aux toilettes !

Avez-vous écrit autre chose que des romans ?

J’ai écrit quantité de poèmes, des pièces de théâtre, des spectacles, des articles de presse, et des scripts pour la télévision. Mais aussi, plus récemment, des récits que j’ai regroupés sous le titre de « La petite histoire du lundi », ou « Le fond de nos pensées », et que je publierai un jour, lorsque j’aurai eu le temps de les retravailler

Comment vous est venue l’idée de publier ?

Vers l’âge de 25 ans, j’ai eu un grave accident au cours duquel j’aurais pu perdre la vie. Le genre d’événement qui a le don de vous réveiller ! Mon rêve était d’écrire, et d’ailleurs j’écrivais, mais pas à plein temps. Pas suffisamment pour espérer publier. J’ai donc tout plaqué, démissionné, monté ma petite entreprise pour survivre, et rattrapé mon rêve. Après des années de travail et de patience, ça a marché !

Est-ce vous qui concevez vos couvertures de livres ?

Certaines, oui. D’autres, non. Il y a de toute façon toujours de nombreux échanges avec mon éditrice.

Y a-t-il des moments précis où vous écrivez ?

Je suis très productive le matin. Je me lève avec le jour. En mai-juin, je peux travailler dès cinq heures. J’adore ça. Je prends mon thé, et j’écris sans personne pour me déranger. Je continue dans la matinée, mais ensuite, après le déjeuner, il ne faut plus rien me demander. Je profite de mon jardin, je lis, je fais une sieste. Souvent, je retravaille le soir, quand mes enfants sont couchés. Jusqu’à 23h-minuit.

Comment écrivez-vous ?

À mon bureau, à la table du salon, dans les cafés. L’endroit importe peu pourvu que le cadre soit beau, serein, et qu’on ne me parle pas. Que mon téléphone ne sonne pas. Je dois être dans ma bulle.

Comment vous vient l’idée d’un roman ?

Alors là… C’est le grand mystère. Je pense très sincèrement que les idées viennent d’ailleurs. Je ne sais pas comment elles arrivent ni pourquoi, mais elles arrivent. Ce n’est pas quelque chose auquel je réfléchis. Je ne peux que constater ce « miracle », et m’en réjouir. En vérité, j’ai plutôt trop d’idées que pas assez.

De qui vous inspirez-vous pour vos personnages ?

De tout un chacun, j’imagine. Difficile de déterminer précisément ce que le cerveau enregistre, ce que je retiens des situations ou des rencontres. Là aussi, un mystère.

Une dernière question, est-ce que selon vous l’écrivain a un rôle particulier à jouer dans la société ?

Je pense que nous avons TOUS un rôle à jouer dans la société. Écrivain, peintre en bâtiment, pâtissier, ingénieur ou cosmonaute. Je n’y vois aucune hiérarchie. Je suis infiniment heureuse d’exercer ce métier, non parce que je le trouve supérieur aux autres, mais parce c’est là qu’est ma place. Je fais ce que je sais faire, et, surtout, ce que j’aime faire. C’est une grance chance.

Le questionnaire façon Amélie Poulain

Julie aime

La bonne cuisine (À défaut une plaque de chocolat 70% ou un cageot de pèches)

Les grands espaces vierges

La B.O. du film Out of Africa, signée John Barry

Mes enfants, mon mari, mes parents, et mes amis

Faire la sieste

Julie n’aime pas

Le bruit

Les gens instables et trop anxieux.

Les paysages bétonnés

Parler pour parler. Les conversations mondaines m’ennuient.

La malbouffe. Je fuis les Mc Do et les bistrots qui vendent à prix d’or une assiette reconstituée avec des produits industriels achetés chez Métro.

Melissa Da Costa, Auteure

A l’occasion de la sortie de son troisième roman, j’ai le plaisir de vous présenter Melissa Da Costa que je remercie d’avoir pris le temps, en pleine promotion, de répondre à mon invitation.

 

Pouvez-vous me raconter comment vous êtes venue à l’écriture et ce que vous avez commencé à écrire ?

J’écris depuis le CP . Au départ j’inventais des phrases, puis mes écrits se sont transformés en  poésies, contes, débuts de romans, etc… Le premier roman dont je  suis venu à bout, c’était à mes 25 ans… Je l’ai autoédité sur Amazon et il va sortir « pour de vrai » d’ici quelques semaines. Son titre est « Je revenais des autres ».

Faisiez-vous lire à quelqu’un ce que vous écriviez ou écriviez-vous des choses que vous ne montriez à personne ?

Mon conjoint suit l’intégralité du processus d’écriture, je lui envoie mes romans au fil de l’eau, toutes les 10 pages environ. Son avis et ses impressions comptent beaucoup. Ensuite, quand le roman est terminé, je le fais découvrir à ma mère et une de mes sœurs. Et ensuite seulement à mon éditrice 😉

Lisiez-vous quand vous étiez enfant et adolescente ? Aviez-vous des auteurs préférés ? 

Oui, j’adorais la lecture toute petite. Mes livres préférés : les livres de la Comtesse de Ségur, les Harry Potter, les Katherine Pancol.

Quelle place la lecture occupait-elle chez vos parents ? Y avait-il des livres, des journaux, des revues ?

Mes parents n’étaient pas de grands lecteurs. Entre temps, ma mère est devenue une addicte de la lecture mais à l’époque elle ne lisait pas beaucoup et mon père pas du tout. En revanche on m’a toujours fait la lecture, quotidiennement. J’imagine que ça a beaucoup compté.

Avez-vous écrit autre chose que des romans ?

Petite : des poésies, des contes pour enfants mais désormais je n’écris que des romans.

Comment vous est venue l’idée de publier ?

Elle ne m’est pas venue du tout. J’étais persuadée de n’avoir aucune chance d’être éditée. J’ai donc simplement déposé mes romans sur Amazon… Sans résultat. .. Lorsque j’ai terminé mon 3eme roman « Tout le bleu du ciel », j’ai déposé mon manuscrit sur « monbestseller.com » qui m’a offert une plus grande visibilité et d’être approchée par un éditeur.

Est-ce vous qui concevez vos couvertures de livres ?

Non, c’est la maison d’édition et son équipe de graphistes qui gère 😉

Y a-t-il des moments précis où vous écrivez ? Comment écrivez vous ?

Je vais grouper ma réponse aux 2 précédentes questions : Pas de rituel d’écritures précis. Pas de « technique » d’écriture non. Je fais avec les moyens du bord surtout depuis l’arrivée de bébé. Quand je peux lors d’une sieste, pendant mes soirées quand il est couché…  Comme j’ai peu de temps devant moi, je ne tergiverse pas, je me lance la tête la première et je me laisse emporter par l’intrigue, par mes personnages.

Ce sont eux qui m’embarquent, me guident, m’imposent un rythme, me soufflent des rebondissements, des actions. Une improvisation totale. C’est ce qui fait que je m’amuse !

Comment vous vient l’idée d’un roman ?

Franchement je n’en sais rien. Parfois les paroles d’une chanson, parfois un paysage, une discussion avec quelqu’un… je puise des idées partout, tout le temps et j’ abandonne 99% des idées de romans que j’ai. De temps en temps une idée parvient à s’imposer er, à me hanter suffisamment pour que je me décide à lui faire prendre vie.

De qui vous inspirez vous pour vos personnages ?

Je m’inspire peu de mes proches, davantage de personnes croisées lors de rencontres éphémères  (soirées entre amis, voyages…) pour quelques traits de caractère que je vole par ci par là mais l’essentiel vient quand même de mon imagination.

Une dernière question, est ce que selon vous l’écrivain a un rôle particulier à jouer dans la société ?

J’imagine que oui mais je n’ai jamais pensé que ça me concernait : que mes écrits ou moi-même pouvaient jouer un rôle. Or, je reçois des messages extrêmement forts de lecteurs me confiant que j’ai changé leur vision du monde, leur ai redonné espoir en la vie, les ai aidé à surmonter un deuil… J’en suis toujours incrédule. Incrédule et émerveillée.

Le questionnaire façon Amélie Poulain

Melissa aime

L’odeur d’une bougie soufflée

Le petit déjeuner : meilleur moment de la journée, douceur, lenteur, effluves de café…

Les chatouilles sous les pieds

L’odeur de mon bébé

Les plaids bien chauds (je suis une grande frileuse)

Melissa n’aime pas

L’odeur de l’essence

La couleur rouge

Le hard rock

Les manèges (je suis une froussarde !)

L’acrobranche ou l’escalade (vertige à 1000%)